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FOUR INDUSTRIEL PUIS THÉÂTRE DE SOCIÉTÉ DU CHÂTEAU DE LA VERRERIE OU PETIT THÉÂTRE

71 - Le Creusot

rue Jules Guesde

  • Dossier IA71000004 réalisé en 1996 revu en 2025
  • Auteur(s) : Claudine Hugonnet-Berger, Laurent Poupard
four industriel théâtre © Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Présentation


La Manufacture des Cristaux de la Reine, bâtie en 1786 par l’architecte Barthélemy Jeanson pour MM. Lambert et Boyer, est dotée de deux bâtiments tronconiques abritant ses batteries de fours. Ces bâtiments sont qualifiés de "Verrerie anglaise" par L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Le docteur Claude Bernard Edme Guyton les décrit en cette fin du 18e siècle dans un mémoire cité par Félix Courtois en 1894 : "on remarque deux cônes, de figure parallèle, qui s'élèvent à la hauteur de quatre-vingts pieds sur trente-cinq pieds de diamètre à leur base. Leur maçonnerie très solide est construite en briques rouges, à la manière des Romains. La base de ces pyramides forme deux halles superbes dans chacune desquelles sont les fourneaux destinés pour la fonte des matières vitrifiables [...] Quatre voûtes, d'un travail hardi, placées à l’extrémité inférieure des cônes, sont disposées de manière à fournir un libre espace aux ouvriers destinés à ces travaux." La cristallerie ferme en 1832 et elle est acquise en 1837 par les frères Schneider, Adolphe et Eugène, maîtres de forges qui en font leur résidence : le Château de la Verrerie. Un théâtre est aménagé à l’extrémité de l’aile orientale avant 1860 puis en 1865, le bâtiment des fours situé à proximité est converti en château d’eau, muni d’un réservoir en tôle de 350 m3.
Eugène II Schneider décide en 1903 de modifier le site afin qu’il puisse accueillir clients prestigieux et grands de ce monde. Il en confie à l’architecte Ernest Sanson le projet, que tous deux inscrivent résolument dans un pastiche d’inspiration néo-classique, s’inspirant du Petit Trianon et de l’opéra royal de Versailles, et Schneider dédie le lieu à la reine Marie-Antoinette. Les deux bâtiments tronconiques sont conservés et renommés : celui à l’est deviendra la tour de la Marine du fait de sa proximité avec l’aile orientale du château - dite pavillon de la Marine dans la terminologie adoptée le 18 décembre 1905 -, celui à l’ouest (devenu temple protestant) la tour de la Guerre. La tour de la Marine doit accueillir une salle de conférences conçue comme un vrai théâtre, l’autre tour une chapelle. Pour ces deux bâtiments, Schneider valide en août 1906 la proposition de Sanson, mais avec le parti suivant : "Alléger le haut en revenant aux formes anciennes de la gravure historique. Couvrir les bâtiments dans le style de l'époque : tuile plate maçonnée. Eclairer les intérieurs en se servant, autant que possible, des anciennes baies dont les trous existent intérieurement."
Les travaux ont déjà commencé, sous le contrôle du chef du service d’architecture de la société Schneider et Cie Landrevault : la couverture en ardoises de la tour de la Marine a été enlevée avant le 23 juin 1906, la démolition de la cheminée de couronnement commence le 30, le percement des lucarnes le 5 juillet. Le nouveau couronnement est achevé avant le 11 août, le percement des deux portes est en cours le 25, les lucarnes sont posées début septembre. A l’intérieur, les excavations débutées le 20 août (et accompagnées de la démolition des maçonneries de l’ancien bassin) se poursuivent en septembre "pour obtenir un sous-sol d’un diamètre intérieur de 17 mètres avec 2,50 m de hauteur sous plafond". La jardinière en béton armé entourant la base de la tour et le bâtiment de jonction avec l’aile de la Marine sont réalisés en octobre et novembre. La conception de l’intérieur tardant un peu, Landrevault dessine dans les premiers jours de septembre 1906 deux projets pour le sous-sol : le premier à usage de dépôt pour le matériel de la salle et de la scène, le deuxième pour vestiaire et toilette, les deux pouvant d’ailleurs être conjugués. Les travaux s’arrêtent finalement faute de directives de la part de l’architecte et Landrevault ne reçoit le plan définitif du sous-sol que le 6 mai 1907. Il écrit le 21 juin de cette année : "tous nos efforts ont porté sur les tours dont les travaux intérieurs avancent péniblement" ; le 27 juin : "Avez-vous obtenu une bonne réponse du bureau Sanson. Nous ne pouvons terminer les planchers des 2 tours et je crains que monsieur Schneider soit mécontent." ; le 1er juillet : "Les modifications apportées aux dessins précédemment remis nous obligent à démolir et refaire le mur fermant la salle de l’orchestre et à recharger les murettes portant le plancher des stalles."
La construction progresse cependant et il est possible en 1907 de passer à la réalisation du décor, qui est une affaire de Parisiens : elle associe des peintures d’Alphonse Felz (25 Villa d’Alésia et 111 ter rue d’Alésia) à des éléments en staff et du mobilier fournis par l’entreprise Cruchet (20 rue Pétrelle), tous deux présents sur le chantier du château. La coupole est montée en septembre, avec une ossature métallique étudiée sur la base du "détail grandeur du couronnement de la salle de conférences" envoyé fin avril par Sanson. Les décors scéniques, réalisés par la maison Jambon (73 rue Secrétan) fondée par Marcel Jambon, sont expédiés au Creusot en juin 1908. Le 25 juillet 1908, Landrevault rend compte à Schneider de l’achèvement de la salle de conférence, qui sera fermée à partir du lundi 27. Il reste quelque travaux et fournitures : le jeu d’orgue par exemple mais aussi les lustres (les luminaires doivent être fournis par Armand Saint-Vel, demeurant 16 rue de la Ville-l’Evêque à Paris).  
Le théâtre, qui deviendra propriété de la Ville en décembre 1969 (comme l’ensemble du site), est protégé au titre des Monuments historiques par l’arrêté d’inscription du 12 octobre 1948, prenant en compte les façades et toitures du Château de la Verrerie ainsi que les deux fours. Cette protection est remplacée par le classement du 10 décembre 1983 concernant les façades et toitures du château, de la maison du gardien et du bâtiment du Jeu de Paume, ainsi que "les anciens fours aménagés en théâtre et en chapelle, en totalité". L’édifice, aujourd'hui connu sous le nom de "Petit Théâtre", subit une première restauration en 2002, limitée aux banquettes puis une deuxième campagne de travaux en 2020, sous la direction de l’architecte Frédéric Didier et de l’agence 2BDM Architectes (60-62 rue d’Hauteville, à Paris), créée en janvier 2010 de la fusion des cabinets de quatre architectes en chef des Monuments historiques : Christophe Batard, Christophe Bottineau, Frédéric Didier et Jacques Moulin. Cette campagne concerne l’intérieur (menuiseries et décors) et l’assainissement.

Historique


L'architecte Barthélemy Jeanson, qui construit en 1786 la Manufacture des Cristaux de la Reine pour Lambert et Boyer, la dote de deux bâtiments tronconiques abritant des batteries de fours. La cristallerie ferme en 1832 et elle est acquise en 1837 par les frères Schneider, Adolphe et Eugène, maîtres de forges qui en font leur résidence : le Château de la Verrerie. Un théâtre est aménagé avant 1860 à l'extrémité de l'aile orientale puis en 1865, le bâtiment des fours situé à proximité (à l'est) est converti en château d'eau. Eugène II Schneider (1868-1942) décide en 1903 de reprendre entièrement le site afin qu'il puisse accueillir clients prestigieux et grands de ce monde. Il confie à l'architecte Ernest Sanson (1836-1918) la conception et la réalisation d'un projet dédié à la mémoire de la reine Marie-Antoinette et qui pastiche l'architecture néo-classique, s'inspirant du Petit Trianon et de l'opéra royal de Versailles. Baptisé tour de la Marine, le bâtiment tronconique oriental doit être transformé en salle de conférence mais il est en fait conçu dès l'origine comme un vrai théâtre (la deuxième tour à l'ouest, dite de la Guerre, devient une chapelle catholique après avoir été un temple protestant). Le gros oeuvre de la tour de la Marine est modifié en 1906 et 1907 ; le décor et l'ameublement sont réalisés en 1907 et 1908 par des Parisiens (notamment Felz pour les peintures et Cruchet pour les staffs et le mobilier). Le théâtre est achevé en juillet 1908. Devenu propriété de la Ville en décembre 1969, il est classé Monument historique le 10 décembre 1984 (cette protection remplace une inscription datant du 12 octobre 1948). En 2020, le "Petit Théâtre" fait l'objet d'une campagne de restauration (intérieur et assainissement) sous la direction de l'architecte Frédéric Didier et de l'agence 2BDM Architectes.
Période(s)
Principale :
  • 1er quart 20e siècle
Auteur(s) & personnalité(s)

Date de naissance : 1760 - date de décès : 28/09/1828

Jeanson, Barthélemy (1760-1828). Architecte et ingénieur.

Date de naissance : 12/05/1836 - date de décès : 15/01/1918

Sanson, Ernest Paul (1836-1918). Architecte. Père des architectes Maurice Pierre Sanson (1864-1917) et Louis Charles Sanson (1866-1913). Elève de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris de 1855 à 1861. Elève de Gilbert (1854), Arthur Stanislas Diet, Denis Louis Destors puis Charles Questel. Collaborateur puis successeur d'Antoine Nicolas Bailly (1810-1892) en 1863. Architecte à Paris 8e entre 1876 et 1898 puis Paris 16e (25 rue de Lübeck) entre 1898 et 1918. (Source : https://agorha.inha.fr/ark:/54721/478443c3-390d-444f-9d39-c55eca4800ec)

Date de naissance : 29/10/1868 - date de décès : 17/11/1942

Schneider, Charles Prosper Eugène dit Eugène II (1868-1942). Fils d'Henri Schneider et petit-fils d'Eugène Schneider (Eugène I). Maître de forges et industriel à la tête des usines du Creusot. Maire du Creusot de 1896 à 1900, conseiller général de 1898 à 1904, député de 1898 à 1910.

Description


Le théâtre est une tour tronconique ayant 21 m de diamètre à sa base pour une hauteur de 23 m. Ses murs en briques sont protégés par des tuiles plates mécaniques. Le sous-sol est desservi par deux escaliers, dont le tracé suit la courbure du mur, et un couloir souterrain reliant les différents bâtiments du site. Il est organisé autour d'une salle circulaire (foyer du public) donnant accès à quatre loges d'acteur et un débarras d'une part, et d'autre part à une pièce abritant le jeu d'orgues et un treuil en bois actionnant le rideau de scène (ouverte sur la salle, cette pièce sert également de fosse d'orchestre : le chef d'orchestre prend place sur une estrade communiquant avec la scène par le trou de souffleur). Accolé au petit corps de jonction avec l'aile de la Marine (aile orientale), le rez-de-chaussée est accessible par deux portes. Il est occupé par une salle circulaire couverte d'une coupole à ouverture zénithale portée par 14 colonnes corinthiennes (en métal recouvert de bois pour l'acoustique). Au centre et en contrebas, l'orchestre est borné par la scène (à l'est) et entouré par une galerie couverte d'un demi-berceau plein-cintre. La galerie est interrompue par une vaste loge de fond (à l'ouest) ; les loges latérales, peu profondes, sont établies en avant de la colonnade et d'un promenoir. Le comble est percé de quatre lucarnes, fournissant un éclairage naturel à la salle via l'ouverture de la coupole, et en partie occupé par une calotte ornée d'une peinture.
Murs :
  • brique
  • essentage de tuile
Toit :
  • tuile plate
Plan :
  • plan centré
Etages :
  • sous-sol
  • en rez-de-chaussée
  • étage de comble
Couvrement :
  • coupole
  • voûte en berceau plein-cintre
Couvertures :
  • toit conique
Escalier :
  • escalier dans-oeuvre, escalier tournant, en maçonnerie

Source(s) documentaire(s)

  • Archives historiques - Académie François Bourdon : SS0062 Famille Schneider : Château de la Verrerie. Aménagement et transformations. 1900-1907.
    Archives historiques - Académie François Bourdon : SS0062 Famille Schneider : Château de la Verrerie. Aménagement et transformations. 1900-1907.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0062
  • Archives historiques - Académie François Bourdon : SS0063 Famille Schneider : Château de la Verrerie. Aménagement et transformations. 1900-1907.
    Archives historiques - Académie François Bourdon : SS0063 Famille Schneider : Château de la Verrerie. Aménagement et transformations. 1900-1907.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0063
  • Archives historiques - Académie François Bourdon : SS0064 Famille Schneider : Château de la Verrerie. Etat d'avancement des travaux d'amélioration et notes de l'architecte. 1900-1909.
    Archives historiques - Académie François Bourdon : SS0064 Famille Schneider : Château de la Verrerie. Etat d'avancement des travaux d'amélioration et notes de l'architecte. 1900-1909.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0064
  • Archives historiques - Académie François Bourdon : SS0065 Famille Schneider : Château de la Verrerie. Etat d'avancement des travaux d'amélioration et correspondance des différents corps de métier. 1904-1907.
    Archives historiques - Académie François Bourdon : SS0065 Famille Schneider : Château de la Verrerie. Etat d'avancement des travaux d'amélioration et correspondance des différents corps de métier. 1904-1907.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0065
  • Archives historiques - Académie François Bourdon : SS0066 [Famille Schneider : Château de la Verrerie. Plan des étages, bénédiction de la chapelle, état d'avancement des travaux d'aménagement et notes des différents corps de métier]. 1899-1912.
    Archives historiques - Académie François Bourdon : SS0066 [Famille Schneider : Château de la Verrerie. Plan des étages, bénédiction de la chapelle, état d'avancement des travaux d'aménagement et notes des différents corps de métier]. 1899-1912.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0066
  • Manufacture de cristaux de Montcenis (Saône et Loire). Tarif général. S.d. [entre 1815 et 1830 environ].
    Manufacture de cristaux de Montcenis (Saône et Loire). Tarif général. S.d. [entre 1815 et 1830 environ]. 52 x 40,5 cm (sans la marie-louise, 62 x 49,5 cm avec). Comporte en en-tête une vue cavalière de la verrerie et de ses deux fours.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : 0064ZH29-000025
  • Habitation de la Verrerie. Projet de transformation des abords. N° I. 21 janvier 1904.
    Habitation de la Verrerie. Projet de transformation des abords. N° I. Dessin sur calque (plume, lavis), s.n. 21 janvier 1904. 37 x 76,5 cm, sans éch.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0063
  • La Verrerie [plan-masse et de situation]. S.d. [1905].
    La Verrerie [plan-masse et de situation]. Dessin (tirage bleu, crayon gras), s.n. S.d. [1905]. 44 x 55,5 cm, 1/500.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0062
  • Château de la Verrerie [3 plans : rez-de-chaussée, 1er et 2e étages]. Avril 1905.
    Château de la Verrerie [3 plans : rez-de-chaussée, 1er et 2e étages]. Dessin (tirage, lavis), s.n. [par Landrevault ?]. Avril 1905. 26 x 26,5 cm, 1/500.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0064
  • La Verrerie. Chapelle et Théâtre. Lucarnes et jardinières. 29 mars 1906.
    La Verrerie. Chapelle et Théâtre. Lucarnes et jardinières. Dessin (tirage bleu), s.n. 29 mars 1906. 37 x 52 cm, 1/100 et 1/20 (détails).
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0062
  • Château de la Verrerie. Couverture des tours. S.d. [1906 ?].
    Château de la Verrerie. Couverture des tours. Dessin sur calque (crayon de papier), par E. Sanson. S.d. [1906 ?]. 66 x 52,5 cm, 1/50.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0062
  • Théâtre [détail des accès]. 31 juillet 1906.
    Théâtre [détail des accès]. Dessin sur calque (crayon de papier, crayon gras), par E. Sanson. Double le 31 juillet 1906. 1/50.- [Plan]. 52 x 37,5 cm. - [Elévation du corps de liaison avec l'aile de la Marine]. 37,5 x 52 cm.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0062
  • Château de la Verrerie. Tour Marine. Sous-sol. 3 septembre 1906.
    Château de la Verrerie. Tour Marine. Sous-sol. Tirage (lavis), par Landrevault. Le Creusot 3 septembre 1906. 1/50. - Projet de débarras. 69,5 x 49 cm. Inscription : Projet n° 1. - Projet de Vestiaire et de W-C. 69,5 x 49 cm. Inscription : Projet n° 2.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0062
  • Salle des conférences. S.d. [1907 ?].
    Salle des conférences. Dessin (tirage bleu), s.n. S.d. [1907 ?]. - Rez-de-chaussée. 48 x 59 cm, 1/50. - Balustrade de l'orchestre. Développement. 30,5 x 47,5 cm, 1/20. - Détail des banquettes. 29,5 x 40,5 cm, sans éch. - Boiseries du fond de la scène. Portes à glaces claires. 38 x 80,5 cm, 1/20. Avec console et cheminée. - Banquette circulaire. Devantures des loges. Cloisons avec portes (loge princip[a]le). 37,5 x 70,5 cm, 1/20. - Dôme de la scène. 51,5 x 50 cm, 1/10.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : SS0062
  • Guinot, Elisabeth. Le Petit théâtre a retrouvé son lustre d'antan. 25 avril 2021 (mise à jour le 17 mai 2021).
    Guinot, Elisabeth. Le Petit théâtre a retrouvé son lustre d'antan. Le Journal de Saône-et-Loire [en ligne]. 25 avril 2021 (mise à jour le 17 mai 2021) [consultation du 16 juin 2025]. Accès internet : https://www.lejsl.com/culture-loisirs/2021/04/24/le-petit-theatre-a-retrouve-son-lustre-d-antan
  • Cabaton, Roger. Le Creusot d'hier à aujourd'hui : invitation à une promenade historique, architecturale, industrielle, sociale, culturelle et urbaine au Creusot. 2023.
    Cabaton, Roger. Le Creusot d'hier à aujourd'hui : invitation à une promenade historique, architecturale, industrielle, sociale, culturelle et urbaine au Creusot. Le Creusot : Académie François Bourdon, 2023. [208 p.] : ill. ; 27 cm.
  • Clément, Bernard. Le château de la Verrerie, Le Creusot : album. 1999.
    Clément, Bernard. Le château de la Verrerie, Le Creusot : album. Le Creusot : Écomusée de la Communauté Le Creusot-Montceau-les-Mines, 1999. 64 p. : ill. ; 24 cm.
  • Courtois, Félix. Notice sur la cristallerie du Creusot 1787-1833. 1894.
    Courtois, Félix. Notice sur la cristallerie du Creusot 1787-1833. Mémoires de la Société Eduenne, nouvelle série, t. 22, 1894, p. 243-293.
  • Didier, Frédéric. Petit théâtre. Restauration. Etude de diagnostic. Février 2018.
    Didier, Frédéric. Petit théâtre. Restauration. Etude de diagnostic. Février 2018. Paris : 2BDM Architectes, 2018. [41 p.] : ill. ; 30 cm.
  • Didier, Frédéric. Château de la Verrerie. Petit théâtre. Restauration intérieure et assainissement. Dossier documentaire et des ouvrages exécutés. Septembre 2021.
    Didier, Frédéric. Château de la Verrerie. Petit théâtre. Restauration intérieure et assainissement. Dossier documentaire et des ouvrages exécutés. Septembre 2021. Paris : 2BDM Architectes, 2021. Pagination multiple : ill., pl. dépl. ; 30 cm.
  • Hugonnet-Berger, Claudine ; Maulmin, Pascale de ; Sonnet, Bernard. Théâtres en Bourgogne : architectures du spectacle 1800-1940. 1996.
    Hugonnet-Berger, Claudine ; Maulmin, Pascale de ; Sonnet, Bernard. Théâtres en Bourgogne : architectures du spectacle 1800-1940 / Service régional de l'Inventaire général, Direction régionale des Affaires culturelles de Bourgogne ; photogr. Michel Rosso ; carte Alain Morelière. Dijon : Direction régionale des Affaires culturelles, 1996. 28 p. : ill. ; 23 cm. (Itinéraires du Patrimoine ; 124).
  • Menard, Thomas. Les façons d'habiter des Schneider. Histoire du château de la Verrerie à l'époque des Maîtres de Forges. 2001.
    Menard, Thomas. Les façons d'habiter des Schneider. Histoire du château de la Verrerie à l'époque des Maîtres de Forges. S.l. : T. Menard, 2001. 194 p. : ill. - [18] p. de pl. ; 30 cm. Mém. Maît. : Histoire : Dijon : 2001.
    Lieu de conservation : Archives historiques - Académie François Bourdon, Le Creusot - Cote du document : 728.8 MEN
  • Pougnaud, Pierre. Théâtres de châteaux - Théâtres de société. 1979.
    Pougnaud, Pierre. Théâtres de châteaux - Théâtres de société. La Demeure historique, n° 53, 1979, p. 21-24 : ill.

Informations complémentaires


Texte publié dans la collection des Itinéraires du Patrimoine : Hugonnet-Berger, Claudine ; Maulmin, Pascale de ; Sonnet, Bernard. Théâtres en Bourgogne : architectures du spectacle 1800-1940. Dijon : Direction régionale des Affaires culturelles, 1996, p. 16-18 : ill. (itinéraires du patrimoine ; 124).

Créée à Sèvres en 1784, sous le patronage de Marie-Antoinette, la Manufacture des Cristaux de la Reine fut transférée trois ans plus tard au Creusot. L'architecte et ingénieur Barthélemi Jeanson avait construit la nouvelle cristallerie qui fonctionna jusqu'en 1832, année de son rachat par ses concurrentes de Baccarat et de Saint-Louis qui mirent aussitôt fin à son existence. En 1837, E. et A. Schneider, nouveaux propriétaires des forges du Creusot, acquirent l'ancienne cristallerie pour en faire leur demeure. Devenue château de La Verrerie, elle sera entièrement rénovée en 1905-1909, à l'initiative d'Eugène II Schneider, par l'architecte parisien Paul-Ernest Sanson qui, tout au long de sa carrière, œuvra pour les familles françaises les plus prestigieuses.
De l'ancienne verrerie subsistaient les deux fours coniques en brique, édifiés par Jeanson de part et d'autre de l'entrée. Dans le four est, dit de la Marine, Sanson créa, en collaboration avec le décorateur Fels, un somptueux théâtre de style néo-classique, digne des hôtes illustres que recevaient les Schneider. Utilisant au maximum le volume de l'ancien four, la salle, de 21 m de diamètre, est couverte d'une élégante coupole reposant sur un entablement à ressauts, porté par quatorze colonnes à cannelures rudentées et chapiteaux corinthiens. Etablie à l'arrière de la colonnade, une galerie surélevée de quelques marches, couverte d'un demi-berceau en plein-cintre, règne autour de la salle. Une vaste loge de fond, sans cloison, accessible par des portillons latéraux, interrompt la galerie et avance, sous la coupole, son garde-corps légèrement concave, identique à celui des deux loges qui flanquent le parterre. Ces loges latérales sont peu profondes car établies à l'avant de la colonnade, tandis qu'à l'arrière règne un promenoir. Placées entre les colonnes, d'étonnantes suspensions, réalisées en fleurs séchées savamment entrelacées, éclairent élégamment le pourtour de la salle. Un épais rideau de velours rouge, sommé d'un dais à lambrequin, ferme la scène. Deux portes, en pendant de part et d'autre de l'avant-scène, ouvrent sur un passage donnant accès, entre autres, à l'escalier du sous-sol où se situent les loges des acteurs. Un local technique, situé sous la scène, abritait le souffleur, le rouleau en bois actionnant le rideau de scène, et l'imposant jeu d'orgue installé par l'entreprise parisienne Ch. Mildé.
Le parti décoratif de la salle séduit par la délicate harmonie de ses tons doux et raffinés jouant sur des camaïeux ocre, gris, vert pâle, bruns que réchauffent l'or des moulures et le rouge des tissus. Le décor de la coupole reprend le thème des Saisons, cher à la peinture et à la sculpture ornementale, évoqué par des allégories peintes en camaïeu, imitant des bas-reliefs comme ce fut la mode dans le dernier quart du XVIIIe siècle. Quatre bustes de femme, placés dans la galerie, évoquent le même thème à l'aide de symboles identiques : voile (hiver), fleurs (printemps), épis de blé (été), grappes de raisin (automne). Le plafond que l'architecte a substitué à la calotte de la coupole s'agrémente d'une peinture à la gloire de Marie-Antoinette : des angelots arborant des fleurs de lys et la dédicace « A la Reine », sur un phylactère, volent dans des nuées rayonnantes en compagnie de l'aigle bicéphale, symbole de la Maison d'Autriche.
Le château de La Verrerie, propriété communale depuis 1969, abrite désormais l'Ecomusée du Creusot.
Observations :
inscription : 1948/10/12 (arrêté) annulée
Protection
inscrit MH partiellement : 1948/10/12
classé MH partiellement : 1984/12/10


Les façades et les toitures du château, de la maison du gardien et du bâtiment du Jeu de Paume ; anciens fours aménagés en théâtre et en chapelle (cad. AH 133) : classement par arrêté du 10 décembre 1984.

Thématiques :
  • théâtres de Bourgogne
  • salles de spectacle de Bourgogne-Franche-Comté
Aire d’étude et canton : Bourgogne
Dénomination : four industriel, théâtre
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