COUVENT D'URSULINES, PUIS ÉCOLE PRIMAIRE ET PENSIONNAT, ET IMMEUBLE
39 - Salins-les-Bains
3 rue Charles Magnin
- Dossier IA39002148 réalisé en 2024 revu en 2025
- Auteur(s) : Raphaël Favereaux
Présentation
Le couvent des ursulines
La compagnie de Sainte-Ursule est une congrégation féminine fondée en 1606 par Anne de Xainctonge, originaire de Dijon. Également appelées ursulines, mais distinctes de l'ordre de Sainte-Ursule créé en Italie en 1535, les religieuses ont pour vocation l’éducation des jeunes filles de la noblesse et de la haute bourgeoisie. La première maison est fondée à Dole en 1606, la seconde à Poligny en 1616. En 1627, une veuve, Jeanne Coquelin, lègue 25 000 livres à la maison des ursulines de Poligny afin d’acheter une maison à Salins et d’y fonder un couvent. La même année, les religieuses acquièrent " ung meix et maison […] avec les jardins, cour, fontaine et autres dépendances y adjacentes, scituées à Salins en la rue dite de Faverney " (rue aujourd'hui occupée par la partie nord de la place Emile Zola). Cinq sœurs du couvent de Poligny s’y installent. En 1629, elles obtiennent l’autorisation d’instruire gratuitement les jeunes filles et ouvrent une école qui connaît un grand succès. Une chapelle et une maison d'enseignement sont construites dans la seconde moitié du 17e siècle. En 1687, un dénombrement des habitants de la ville précise que l’établissement accueille " 49 mères ursules ". En 1724, le total des rentes du couvent atteint 23 180 livres. L’établissement est touché par un incendie vers 1775, et sa reconstruction est financée par Charles Joseph Quirot, prévôt et chanoine de Saint-Anatoile. Ce dernier fait peindre en 1781 par Johann Melchior Wyrsch un tableau intitulé Charles-Joseph Quirot soutenant le mur du couvent des ursulines de Salins, qu’il offre à la communauté. Vendu comme bien national, l'établissement est cédé en sept lots à des particuliers le 13 janvier 1793. La chapelle est démolie, vraisemblablement suite à l'incendie de la ville en 1825, pour permettre le prolongement sud de la rue du Pavillon (aujourd'hui Charles Magnin). Les murs du chevet polygonal ont été conservés, aujourd’hui insérés dans l’immeuble donnant sur les actuelles rues Charles David (n°7) et Charles Magnin (n°3).L'école des Frères de Marie
En 1835, la société des Frères de Marie (ou marianistes), congrégation catholique, installe dans les bâtiments une école libre de garçons, aussitôt reconnue " école communale ". Les bâtiments sont progressivement achetés par la société des Frères de Marie entre 1835 et 1840, certains par les directeurs de l'institution (M. Troffer, puis M. Boby). En 1836, l’école Normale du département est transférée dans le collège voisin, si bien que l’école primaire supérieure qu’il abritait est déménagée dans l’établissement des Frères de Marie. En 1846, les deux écoles communales primaires de garçons étant insuffisantes, la ville décide de créer une troisième école, toutes dirigées par les Frères de Marie : une école au faubourg Champtave (actuellement Pasteur) dans une maison louée, une école au centre de la ville dans l’établissement des Frères de Marie, et une troisième située dans la Grande Rue du Bourg-Dessous près de l’église Saint-Maurice, dans le bâtiment communal abritant le magasin des pompes. Ces trois écoles sont tenues par six instituteurs, pour un coût annuel de 3 600 francs.Construits autour d’une cour carrée formant cloître, les bâtiments sont surélevés de deux étages dans les années 1850. Suite à l’agrandissement de l’école Normale en 1849, diverses parties de maisons de l’ancien couvent des Ursulines sont expropriées. En 1860, le directeur des Frères de Marie, frère André, déclare l’ouverture d’un pensionnat primaire et d’externat libre. L'institution est tenue par 13 frères et accueille 350 externes et 50 pensionnaires. La ville donne son accord mais retire à la société la direction des écoles primaires communales, qui seront confiés à partir du 1er janvier 1862 à des instituteurs laïcs. En 1879, l’architecte Alexandre Clerget fournit les plans pour rehausser les bâtiments sur cour de deux étages supplémentaires (dont un sur comble avec brisis), travaux qui sont exécutés peu après.
La loi du 1er janvier 1901 sur les associations soumet l'existence des congrégations à autorisation pour exercer l’enseignement. La congrégation des Frères de Marie renouvelle sa demande pour l’établissement salinois, demande qui lui est refusée. A cette date, l’enseignement était assuré par quatre frères et trois aspirants (non sociétaires). Il semble que les locaux restent vacants jusqu’à ce que la ville les achète en 1905. Elle y fait faire des travaux pour accueillir ses écoles primaires de garçons et de filles, et rebaptise le groupe scolaire " école Voltaire ". Proposés en 1906 par l’architecte Schacre, les travaux prévoient le réaménagement de salles, l’installation de l’éclairage au gaz, la construction de WC et d’une passerelle d’accès à la cour est, etc. En 1920, les cours de l’école Wilson, dispensés dans l’ancien établissement des sœurs de Saint-Charles (place Saint-Anatoile) sont transférés dans les locaux, qui prennent désormais le nom d’école Wilson. En 1921, un projet réalisé par l'agence A. Rouch-Blondel (Besançon), propose l'aménagement d'une école primaire supérieure, qui ne semble pas avoir été réalisé. En 1929 et 1931, l'architecte René Tournier fournit des plans " d’agrandissement et de transformation de l’école supérieure de filles ". Là encore, le projet reste sans suite. Dans les années 1930 (ou après la Seconde guerre mondiale ?), le bâtiment devient une annexe du collège Considerant, jusqu’au transfert de l’établissement d’enseignement secondaire sur un nouveau site en 1966. Les bâtiments de l’école sont dits en très mauvais état en 1968 ; ils sont démolis en 1973-1974, laissant place à un parking et des terrasses en terre-plein (la plus importante servait de cour d'école).
Historique
En 1627, les ursulines de Poligny profitent d’un legs pour implanter un couvent à Salins. Elles acquièrent une maison et ses dépendances situées dans la partie est de l’entre-deux-bourgs, non loin de l’église Saint-Jean-Baptiste. En 1629, les cinq sœurs obtiennent l’autorisation d’instruire gratuitement les jeunes filles et ouvrent une école qui connaît un grand succès. Une chapelle et une maison d'enseignement sont construites dans la seconde moitié du 17e siècle. L'établissement est vendu comme Bien national à la Révolution. La chapelle disparaît au début du 19e siècle mais les bâtiments du couvent sont occupés à partir de 1835 par la congrégation des Frères de Marie (ou marianistes), qui ouvrent et tiennent des écoles dans la ville. Les locaux sont agrandis, surélevés de deux étages dans les années 1850, puis de nouveau vers 1880. Les Frères de Marie quittent les lieux en 1901. Les bâtiments sont acquis en 1905 par la ville qui y établit le groupe scolaire Voltaire. Ils ont servi après la seconde Guerre d’annexe du collège Considérant, jusqu’à son transfert en 1966 sur un nouveau site. En très mauvais état, les bâtiments ont été démolis en 1973-1974, laissant place à un parking. Il subsiste la terrasse en terre-plein, qui servait de cour d'école.
- 2e quart 17e siècle
- 2e moitié 19e siècle
Description
Il subsiste trois murs du chevet polygonal de l'ancienne chapelle, insérés dans les immeubles (n°3 rue Charles Magnin et n°7 rue Charles David) reconstruits après l'incendie de 1825. Le versant ouest de la toiture (n°7 rue Charles David) laisse apparaître un cordon mouluré.
- calcaire
- calcaire
- moellon
- pierre de taille
- enduit
- tuile mécanique
- tuile plate
- toit à deux pans
- vestiges
Source(s) documentaire(s)
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Archives départementales du Jura. Cadastre de la commune de Salins-les-Bains. [1831-1954].
Archives départementales du Jura. Cadastre de la commune de Salins-les-Bains. [1831-1954].- Atlas parcellaire (1831) : 3 P plan 6599 (tableau d'assemblage), 3 P plan 5566-5610 (feuilles)- État de section (1832) : 3 P 3604- Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties (à partir de 1832) : 3 P 3605 (récapitulatif), 3 P 3606 (folio 1 à 600), 3 P 3607 (folio 601 à 1338), 3 P 3608 (folio 1341 à 2019), 3 P 3609 (folio 2020-2679)- Matrices cadastrales des propriétés bâties (à partir de 1882) : 3 P 3610, 3 P 3611- Matrices cadastrales des propriétés bâties (à partir de 1911) : 3 P 3912 (folio 1 à 920), 3 P 3913 (folio 921 à 1285)- Matrices cadastrales des propriétés non bâties (fin du 19e siècle-milieu du 20e siècle) : 3 P 3614-3622Lieu de conservation : Archives départementales du Jura, Montmorot -
Abbayes et autres corporations de femmes : Jura, Landes, Haute-Loire, Loir-et-Cher, 18e siècle.
Archives nationales, Paris : S//3307/A. Abbayes et autres corporations de femmes : Jura, Landes, Haute-Loire, Loir-et-Cher, 18e siècle.Lieu de conservation : Archives nationales, Paris - Cote du document : S//3307/A -
Couvent des ursulines (17e-18e siècles).
Archives départementales du Jura, Montmorot. 59H : couvent des ursulines (17e-18e siècles).Lieu de conservation : Archives départementales du Jura, Montmorot - Cote du document : 59H -
Histoire chronologique de Salins, d’après Babey, l’abbé Robin, complétée par le capitaine Pinault.
Fonds ancien, Salins-les-Bains. Ms 414. Histoire chronologique de Salins, d’après Babey, l’abbé Robin, complétée par le capitaine Pinault, s.d. [début 20e siècle], 568 f.Lieu de conservation : Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains - Cote du document : Ms 414 -
Inventaire des biens ecclésiastiques dans la commune de Salins (1790-an II).
Archives départementales du Jura. 1 Qp 81. Inventaire des biens ecclésiastiques dans la commune de Salins (1790-an II).Lieu de conservation : Archives départementales du Jura, Montmorot - Cote du document : 1 Qp 81 -
Les Annales de la Ville de Salins, ancienne Capitale du Comté de Bourgogne, depuis son origine jusqu'en 1800 par l'Abbé Robin, 6 tomes.
Les Annales de la Ville de Salins, ancienne Capitale du Comté de Bourgogne, depuis son origine jusqu'en 1800 par l'Abbé Robin, 6 tomes.Lieu de conservation : Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains - Cote du document : MS 380 I-VII -
Les églises de Salins
Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains. Ms 388 : Les églises de Salins.Lieu de conservation : Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains - Cote du document : Ms 388 -
Ursulines de Salins (1709-1710)
Archives départementales du Doubs, Besançon : 154 H 1 (1709-1710). Ursulines de Salins.Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon - Cote du document : 154 H 1 -
Ecole Voltaire (1906-1971)
Archives municipales, Salins-les-Bains : 1353. Ecole Voltaire (1906-1971)Lieu de conservation : Archives municipales, Salins-les-Bains - Cote du document : 1353 -
Ecole des Frères de Marie, puis Wilson (1879-1978)
Archives municipales, Salins-les-Bains : 1362. Ecole des Frères de Marie, puis Wilson (1879-1978)Lieu de conservation : Archives municipales, Salins-les-Bains - Cote du document : 1362 -
Registres des délibérations du conseil municipal
Archives municipales, Salins-les-Bains. Registres des délibérations du conseil municipal 18-61 (1790-1982)Lieu de conservation : Archives municipales, Salins-les-Bains - Cote du document : ACS 18-61 -
Histoire de Salins de 1801-1899, extraits des délibérations des Conseils municipaux et à partir de 1840 extraits du Salinois. Salins-les-Bains, 1er avril 1939, Chambellan.
Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains. Ms 400F : Histoire de Salins de 1801-1899, extraits des délibérations des Conseils municipaux et à partir de 1840 extraits du Salinois. Salins-les-Bains, 1er avril 1939, Chambellan.Lieu de conservation : Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains - Cote du document : Ms 400 -
Communautés religieuses (1821-1931)
Archives municipales, Salins-les-Bains : 1590. Communautés religieuses (1821-1931).Lieu de conservation : Archives municipales, Salins-les-Bains - Cote du document : 1590
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Fonds René Tournier
Archives départementales du Doubs, Besançon : 120 J 41. Fonds René TournierLieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon - Cote du document : 120 J 41
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Annaert Philippe. Les origines des Ursulines dans les possessions des Habsbourg d’Espagne : une question controversée, 2010.
Annaert Philippe. Les origines des Ursulines dans les possessions des Habsbourg d’Espagne : une question controversée. Dans : La Franche-Comté et les anciens Pays-Bas, XIIIe-XVIIIe siècles. Tome 1 : aspects politiques, diplomatiques, religieux et artistiques. - Besançon : Presses universitaires de Franche-Comté, 210, 500 p. -
Blondeau Georges. Ch. J. Quirot bienfaiteur de la ville de Salins et ses portraits peints par Wyrsch, [1917].
Blondeau Georges. Ch. J. Quirot bienfaiteur de la ville de Salins et ses portraits peints par Wyrsch. - Lons-le-Saunier : [Declume], [1917], 18 p. -
Morey Joseph. L'enseignement chez les Ursulines en Franche-Comté (1595-1882), 1882.
Morey Joseph. L'enseignement chez les Ursulines en Franche-Comté (1595-1882). - Lons-le-Saunier : J. Mayet et Cie, 1882, 95 p. -
Rousset, Alphonse. Dictionnaire [...] des communes [...]. Tome VI, Département du Jura : [Salins-Saint-Ylie], 1858.
Rousset, Alphonse. Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté et des hameaux qui en dépendent : département du Jura. Tome VI : [Salins-Saint-Ylie]. - Paris : F.E.R.N., Guénégaud, 1969. 594 p. ; 20 cm. Fac-similé de l'édition de Besançon : Bintot, 1858. -
Trevillers, J. de. Sequania monastica. S.d. [1950].
Trevillers, J. de. Sequania monastica. S.d. [1950].
Informations complémentaires
- terrasse en terre-plein
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