CHAPELLE NOTRE-DAME LIBÉRATRICE
39 - Salins-les-Bains
- Dossier IA39002167 réalisé en 2023 revu en 2025
- Auteur(s) : Raphaël Favereaux
Présentation
Le contexte
Lors de la Guerre de Dix Ans, la ville est menacée au début de l’années 1639 par les troupes de Bernard de Saxe-Weimar, chargées de conquérir le comté de Bourgogne pour le compte du royaume de France. Originaire de Salins mais alors au service de l’abbaye de Mont-Sainte-Marie (25), Pierre Marmet propose au mayeur de prononcer un vœu solennel et perpétuel et organise en février 1639 une procession à l’église Saint-Anatoile en l’honneur de Notre-Dame Libératrice. La ville est épargnée et échappe peu après aux fléaux qui accompagnent la guerre : les épidémies et la famine. Le premier juillet 1639, un nouveau vœu est prononcé pour la construction d’une chapelle dans un jardin appartenant à la ville. Une chapelle provisoire en bois et plâtre est aussitôt bâtie.La construction
Le 3 août 1639, l’archevêque de Besançon donne l’autorisation d’ériger une chapelle dédiée à Notre-Dame Libératrice. En avril 1641, un architecte est envoyé à Salins et propose de construire la chapelle pour la somme de 10 000 francs (?) mais son nom n’est pas cité. L’auteur pourrait être l’architecte-sculpteur suisse Jean-François Reyff, dont la présence est attestée à Salins en 1659. Les travaux débutent en 1642 et la sacristie est achevée en septembre 1646. La maçonnerie est élevée jusqu’au départ du voûtement en 1651 (ou 1654 ?) mais des fissures apparaissent dans les murs, laissant craindre la ruine de l’édifice. Les commanditaires cherchent un architecte capable de couvrir le bâtiment de plan ovale : il semble que ce soit Jean-Baptiste Pariset (ou Parisot ?), de Besançon, qui remporte le marché, pour la somme de 4000 francs (livres ?). Il semble que la charpente soit achevée en 1656, mais la construction du dôme et des campaniles dure jusqu’en 1658. La chapelle est consacrée le 23 juin 1662 par Joseph Saulnier, évêque d’Andreville et abbé de l’abbaye de Saint-Vincent (Besançon). Cependant, les travaux sont toujours en cours en mai 1665. Ouverte sur la place d’Armes, la chapelle est également dédiée à Saint Claude, Saint Anatoile et Saint Georges.Le programme décoratif
Avant que la façade antérieure ne soit modifiée, au début du 18e siècle, par la construction de l’hôtel de ville, elle portait l’inscription gravée : Salinae burgundiae caput (une telle inscription, peinte sur le haut du mur fermant la sacristie à l’ouest, apparaît sur une photo du début du 20e siècle). De même, une statue de Notre-Dame Libératrice avait été placée en 1664 dans une niche de la façade est. Commandée en 1663 à Jacques Vuillaume, natif d'Arbois mais installé à Bruxelles, cette statue en plomb doré " excédant la grandeur naturelle " aura coûté la somme de 590 francs (livres ?). Elle est transférée au début du 18e siècle dans un retable édifié dans la partie sud de la chapelle. En 1664, les orgues sont installées par le facteur Bridard.En mai 1665, le mayeur conclut un marché avec le sculpteur et menuisier Alexandre de la Motte, de Salins, pour la réalisation d’un retable et de la chaire à prêcher. Cette dernière est mise en place l’année suivante mais l’artiste meurt en 1668 avant d’avoir achevé le programme. Le sculpteur flamand François Gillis intervient sur le retable du maître-autel, ainsi que Claude Galezot et Michel Devosge. Le retable paraît achevé en janvier 1670. En 1676, les ornements de l’ermitage salinois de Saint-Jean, alors en ruine, sont transférés dans la chapelle. Le retable situé au nord aurait été mis en place par François Gillis en 1709, et doré par Galezot (aujourd’hui consacré à Saint François de Paule).
La chapelle du 18e au 20e siècle
En 1726, la maçonnerie de la chapelle nécessite d’"urgentes réparations ". Vers 1760, la couverture en fer-blanc du dôme fait l’objet de travaux d’entretien et de réparation, alors que de nouveaux vitraux sont mis en place. Dès 1677, les tuiles plombées avaient été remplacées par des tuiles de bronze (ou de cuivre rouge) par le fondeur Toussaint Simon. Les sculpteurs-menuisiers Claude François et François Ignace Besand, reçus " habitants " de Salins en 1779, seraient intervenus sur les parties latérales du retable principal. Occupé par une halle au blé pendant la période révolutionnaire puis rendu au culte, l’édifice est érigé en chapelle vicariale en 1822 (" l’Etat concourt au payement du desservant "). Une campagne de travaux de restauration est menée en 1859-1861, pour lesquels une souscription est lancée en mai 1860, et qui produira la somme de 11 145 francs. Une facture de décembre 1860 précise que les vitraux ont été " récemment exécutés " par Mrs Maréchal et Cie, de Metz, pour un coût de 2143, 95 francs.La chapelle a été inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1927 avec l’hôtel de ville, puis classée avec celui-ci en 1931. La couverture du dôme et de la sacristie a été entièrement restaurée en 2006-2007 par l’entreprise Pateu et Robert (Besançon).
Historique
Lors de la Guerre de Dix Ans, la ville est menacée par les troupes de Bernard de Saxe-Weimar, chargées de conquérir le comté de Bourgogne pour le compte du royaume de France. L’abbé Pierre Marmet propose au mayeur de prononcer un vœu solennel et perpétuel et organise en février 1639 une procession à l’église Saint-Anatoile en l’honneur de Notre-Dame Libératrice. La ville est épargnée, et un nouveau vœu est prononcé pour la construction d’une chapelle dédiée à Notre-Dame Libératrice. Elle est construite entre 1642 en 1658, vraisemblablement d’après un projet de l’architecte-sculpteur suisse Jean-François Reyff. La charpente et le dôme sont peut-être réalisés par Jean-Baptiste Pariset (ou Parisot ?), de Besançon. La chapelle est consacrée en 1662. Avant qu’elle ne soit modifiée par la construction de l’hôtel de ville, la façade antérieure était ornée d’une statue en plomb doré de Notre-Dame Libératrice. La réalisation du retable et de la chaire à prêcher est confiée en 1665 au sculpteur-menuisier salinois Alexandre de la Motte, secondé à partir de 1668 par le sculpteur flamand François Gillis, Claude Galezot et Michel Devosge. Le retable paraît achevé en janvier 1670. La chapelle a été inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1927 avec l’hôtel de ville, puis classée avec celui-ci en 1931. La couverture du dôme et de la sacristie a été entièrement restaurée en 2006-2007 par l’entreprise bisontine Pateu et Robert.
- 2e quart 17e siècle
- 3e quart 17e siècle
Date de naissance : 1614 - date de décès : 1673
Sculpteur, architecte et ingénieur, il est né à Fribourg en 1614. Il fait son apprentissage dans l'atelier familial et auprès de Wenceslaus, constructeur d'autel à Fribourg. En sa qualité de maisonneur, il reconstruit une partie des remparts de la ville et améliore les fortifications. Il dirige l'atelier familial de 1646 à 1660 et répond surtout aux commandes religieuses : autels de Notre-Dame-de-la-Consolation et de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs dans l'église des augustins, de la chapelle de Lorette, des églises du couvent des ursulines et de visitandines, autels de la collégiale d'Estavayer, des chapelles Saint-Jacques à Tavel et Saint-Sébastien à Marly, etc.
Pariset (ou Parisot), de Besançon..
Description
Bâtie sur un plan ovale, la chapelle est flanquée à l'ouest d'un bâtiment de plan rectangulaire abritant la sacristie au rez-de-chaussée. Les murs sont en pierre de taille calcaire. L'élévation extérieure de la chapelle est scandée de contreforts, séparés par de hautes fenêtres couvertes en plein-cintre. Le dôme ovale est couvert de tuiles vernissées, couronné d'un belvédère, lui-même couvert d'une coupole à tôle nervurée. Il abrite une charpente en bois en carène de bateau. La construction occidentale est couverte d'un toit en pavillon brisé, également en tuiles vernissées, coiffé d'un lanternon polygonal couvert en zinc. Les espaces intérieurs de la sacristie et de la chapelle sont couverts d'une voûte complexe, sur croisée d'ogives, avec clefs pendantes, dont les nervures sont en bois.
- calcaire
- calcaire
- moellon
- pierre de taille
- tuile plate plombifère
- tôle galvanisée
- zinc en couverture
- voûte à nervures multiples
- toit brisé en pavillon
- dôme ovale
- dôme polygonal
- escalier demi-hors-oeuvre, escalier en vis sans jour, en maçonnerie
Source(s) documentaire(s)
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Dossier de protection Monuments historiques : chapelle Notre-Dame Libératrice (1929-1931)
Direction régionale des affaires culturelles de Franche-Comté, Besançon. Dossier de protection Monuments historiques : chapelle Notre-Dame Libératrice (1929-1931)Lieu de conservation : Direction régionale des affaires culturelles de Franche-Comté, Besançon -
Fabriques des églises (19e siècle)
Archives départementales du Jura, Montmorot. Fabriques des églises (19e siècle) : 9V3/348 2Lieu de conservation : Archives départementales du Jura, Montmorot - Cote du document : 9V3/348 2 -
Histoire de Salins de 1801-1899, extraits des délibérations des Conseils municipaux et à partir de 1840 extraits du Salinois. Salins-les-Bains, 1er avril 1939, Chambellan.
Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains. Ms 400F : Histoire de Salins de 1801-1899, extraits des délibérations des Conseils municipaux et à partir de 1840 extraits du Salinois. Salins-les-Bains, 1er avril 1939, Chambellan.Lieu de conservation : Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains - Cote du document : Ms 400 -
Inventaire du mobilier des églises (1793)
Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains : MS 395 Inventaire du mobilier des églises (1793). Copie de C. Pinault, s.d. [début 20e siècle]Lieu de conservation : Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains - Cote du document : MS 395 -
Les églises de Salins
Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains. Ms 388 : Les églises de Salins.Lieu de conservation : Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains - Cote du document : Ms 388 -
Les Annales de la Ville de Salins, ancienne Capitale du Comté de Bourgogne, depuis son origine jusqu'en 1800 par l'Abbé Robin, 6 tomes.
Les Annales de la Ville de Salins, ancienne Capitale du Comté de Bourgogne, depuis son origine jusqu'en 1800 par l'Abbé Robin, 6 tomes.Lieu de conservation : Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains - Cote du document : MS 380 I-VII -
Notes sur Salins extraites des Archives du Jura et de celles de la ville de Salins, par Edouard Toubin
Fonds ancien, Salins-les-Bains. Ms 383. Notes sur Salins extraites des Archives du Jura et de celles de la ville de Salins, par Edouard Toubin, s.d. [fin 19e ou début 20e siècle], 359 p.Lieu de conservation : Fonds ancien, Bibliothèque municipale, Salins-les-Bains - Cote du document : Ms 383 -
Paroisses – Correspondance de la ville avec le clergé (an XIV-1939)
Archives municipales, Salins-les-Bains. 1588. Paroisses – Correspondance de la ville avec le clergé (an XIV-1939)Lieu de conservation : Archives municipales, Salins-les-Bains - Cote du document : 1588 -
Registres des délibérations du conseil municipal
Archives municipales, Salins-les-Bains. Registres des délibérations du conseil municipal 18-61 (1790-1982)Lieu de conservation : Archives municipales, Salins-les-Bains - Cote du document : ACS 18-61
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Clot, Daniel. Notre-Dame Libératrice du Pays de Salins, 2013.
Clot, Daniel. Notre-Dame Libératrice du Pays de Salins. - Salins-les-Bains : Salins-les-Bains, pays du livre, 2013, 191 p. -
Pidoux de la Maduère, Pierre André. Notre-Dame-Libératrice. Patronne de Salins et de Franche-Comté, 1939.
Pidoux de la Maduère, Pierre-André. Notre-Dame-Libératrice. Patronne de Salins et de Franche-Comté. – Dole : Presse jurassienne, 1939, 2e édition, 96 p. -
Renaud, Marie-Paule. Le mobilier religieux néoclassique dans le Jura, 2023.
Renaud, Marie-Paule. Le mobilier religieux néoclassique dans le Jura. In : Histoire et patrimoine de Franche-Comté. L’art religieux du Moyen Age au 19e siècle, p. 253-261. -
Rousset, Alphonse. Dictionnaire [...] des communes [...]. Tome VI, Département du Jura : [Salins-Saint-Ylie], 1858.
Rousset, Alphonse. Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté et des hameaux qui en dépendent : département du Jura. Tome VI : [Salins-Saint-Ylie]. - Paris : F.E.R.N., Guénégaud, 1969. 594 p. ; 20 cm. Fac-similé de l'édition de Besançon : Bintot, 1858. -
Ryon, Jean-François. Les représentations de Notre-Dame Libératrice, 2008.
Ryon, Jean-François. Les représentations de Notre-Dame Libératrice. In : Travaux de la Société d'Emulation du Jura, 2007, p. 15-44.
Informations complémentaires
Chapelle Notre-Dame Libératrice : classement par arrêté du 28 février 1931
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