Patrimoine en Franche-Comté - Maison, ferme et atelier d'horlogerie Pétolat Frères puis des Ets Virgile Seguin

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
Hôtel de Région - 4, square Castan CS51857 - 25031 Besançon cedex

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Maison, ferme et atelier d'horlogerie Pétolat Frères puis des Ets Virgile Seguin

18-22 Grande Rue
25 - Morteau
Dossier IA25001826 réalisé en 2018

Illustrations

Historique

En 1816, le négociant Jean François Remonnay (1778-1832) est propriétaire des deux bâtiments dessinés sur le plan cadastral (maison E 42 en bordure de la rue et "aisance" E 44 en retrait), ainsi que du jardin au nord-est (E 43). La maison ("à un étage, en bon état") est en 1841 aux mains de son gendre, le marchand de vin Philippe Joseph Bobillier (1810-?), à qui appartiendra en 1876 la maison Rith rue de la Louhière. Elle disparaît dans l'incendie du 5 mai 1865 et est reconstruite l'année suivante par Uldéric Lajeanne, aussi propriétaire des autres parcelles : il s'agit vraisemblablement de Pierre Joseph Uldéric Lajeanne (1840-?), petit-fils de Remonnay et neveu de Bobillier, dont un oncle homonyme (né en 1815) est dit "monteur de boîtes" à Saint-Pétersbourg (Russie). Le bâtiment en retrait est peut-être remplacé en 1888 par un autre à usage de "remise et magasin", édifié pour le négociant Ulysse Maillet-Guy (1841-1890), fils de voiturier originaire de Saint-Laurent-en-Grandvaux (Jura).

Les deux constructions sont acquises dans les deux ou trois dernières années du 19e siècle ou au tout début du 20e par le quincailler Francis Pétolat (François Jules dit Francis, 1846-1908), fils d'un forgeron de Morteau. Pétolat semble modifier la maison vers 1902 (construction d'une boutique en rez-de-chaussée sur la moitié gauche de la façade antérieure ?) puis agrandit l'autre bâtiment vers 1907 ("atelier, remise et écurie"). La propriété est reprise, après son décès en 1908, par ses enfants : Georges (1884-?), Henri (1887-1956) et Marie-Hélène (1888-1966), mariée en 1910 avec André Anguenot (1885-1936). Ce dernier est l'un des fils d'Ulysse Anguenot, dont les autres fils dirigent des entreprises horlogères à Villers : Marius (fabrique de La Perrière ou Manufacture Marius Anguenot, 1 et 3 bis rue de la Perrière), Alfred et Gaston (société Anguenot Frères au 5 de la même rue, puis Herma, au 5 rue Pierre Berçot). Les frères Pétolat semblent associés jusqu'en 1908 avec Henri Deleule (qui s'établira au 22 rue de la Louhière en 1925) au sein de la "Manufacture de montres soignées Henri Deleule et Pétolat" puis, cette même année 1908, sont signalés d'un côté Deleule seul, de l'autre la "manufacture de montres soignées en tous genres Pétolat Frères" au 12 Grande Rue (dans le bâtiment sur rue ou dans celui en retrait ?), avec comme précision : "Spécialité de remontoirs 11 lignes Crettiez nouveau. Seuls concessionnaires du calibre sur la place de Morteau". Ces derniers fondent en 1919 à Besançon, avec leur beau-frère Anguenot, la société en nom collectif Pétolat Frères et Anguenot, à laquelle André apporte la propriété du graveur Louis Bernardin (au 7 avenue Denfert-Rochereau), acquise vers 1918 et qui devient son siège social, et Georges en 1922 celle du fabricant d'horlogerie Paul Edouard Benoît (au 19 rue Nicolas Bruand).

Les Pétolat cèdent vers 1919 leurs biens mortuaciens au maquignon Auguste Louvet (1881-1950), qui modifie vers 1931 le bâtiment en retrait ("maison, écurie, remise") : sa transformation en ferme date peut-être de cette époque. En ce premier tiers du 20e siècle, cette bâtisse abrite l'atelier d'horlogerie de Virgile Seguin (1882-1947), fils d'Emile Eugène Seguin (1844-?), agriculteur à Saint-Julien-lès-Russey et horloger l'hiver dans sa ferme. Virgile y fabrique jusqu'en 1933 des montres à bon marché, sous la marque Angil. A cette date, il se fait construire par l'entreprise Martignoni une maison (cadastrée aux Fins : 2018 AK 5) en face de la fonderie Obertino, à la limite de la commune des Fins (au 1 route de Morteau) et de celle de Morteau, et développe sa fabrication de montres dans un atelier situé juste à côté (qui, au milieu du siècle, aura pour adresse le 27 rue de la Louhière). Il avait jusqu'en 1934 une participation dans la société des Ets Frankowski et Pierre Seguin, dont l'atelier est au 36 avenue Carnot à Besançon, entreprise fondée en 1929 par son fils Pierre (1904-1968) associé avec Charles Frankowski (1879-?), alors établi à Morteau (au 8 rue Victor Hugo).

A la mort d'Auguste Louvet, la propriété est dispersée. La ferme (actuel 18 Grande Rue) est reprise par son fils, également prénommé Auguste. Elle cesse vraisemblablement ses activités au cours des années 1960 (plusieurs garages sont construits au nord et à l'ouest d'elle entre 1965 et 1969) et est convertie en restaurant, ce qu'elle est toujours en 2018. Le bâtiment sur rue est partagé en deux : la partie gauche (actuel n° 22) à la pâtisserie Brixner, tenue par la veuve d'André Brixner née Jeanne David, et la partie droite (n° 20) à Alfred Dornier (le mécanicien Jules Alfred Dornier, père de l'horloger Louis Dornier établi au 7 Grande Rue puis au milieu du 20e siècle au 3 rue Jean Jaurès). Ces deux propriétaires semblent apporter des modifications à cette époque. Divers commerces se sont succédé dans ce bâtiment au fil du temps.

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Périodes

  • Principale3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle
  • Principale1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle

Dates

  • 1866daté par source
  • 1888daté par source

Description

Le site comprend une maison sur la Grande Rue (n° 20 et 22) et une ancienne ferme en retrait (n° 18). Ces constructions ont des murs en moellons calcaires enduits, la première présentant cependant une façade antérieure en pierres de taille (avec corniche). Elle comporte un sous-sol, un étage carré, un étage en surcroît et un étage de comble, desservis par un escalier dans-oeuvre. Les baies de sa façade antérieure sont en arc segmentaire à l'étage ; trois baies en arc plein cintre sont visibles sur sa façade postérieure. L'ancienne ferme a un étage carré et deux étages de comble (ou un étage en surcroît et un étage de comble), avec escalier dans-oeuvre. Sa façade antérieure est percée de baies horlogères aux deux niveaux intermédiaires. Ces deux bâtiments sont chacun coiffés d'un toit à longs pans, pignon couvert (demi-croupe sur la façade latérale droite de la maison) et tuiles mécaniques. Les deux boutique en rez-de-chaussée donnant directement sur la Grande Rue sont en béton enduit, avec toit terrasse en béton.

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  • Typologiesbaie horlogère
  • Toittuile mécanique / béton en couverture
  • Étagessous-sol / 1 étage carré / étage en surcroît / étage de comble
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / demi-croupe / pignon couvert / terrasse
  • Escaliersescalier dans-oeuvre

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 412 Cadastre de la commune de Morteau, 1816-1978- 3 P 412 : Atlas parcellaire (11 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Girardier et Mestre, 1816-1817- 3 P 412/1 : Registre des états de sections, 1818- 3 P 412/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1823-1875. Le 1er volume manque.- 3 P 412/2-3 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1876-1914- 3 P 412/6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 412/7-9 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1911-1965- 3 P 412/10-13 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1978
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 412
  • 50 J 42 Syndicat de fabricants d'horlogerie de Besançon. Correspondance avec les fabricants, 1948-1965
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 50 J 42
  • Papier à en-tête des Ets Virgile Seguin, 2e quart 20e siècle [après 1933]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans
  • Papier à en-tête des Ets Virgile Seguin, milieu 20e siècle
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans

Documents figurés

  • Dép[artemen]t du Doubs. Plans d'alignements de la Ville de Morteau, chef-lieu de canton, dessin (plume, lavis), par le géomètre Courvoisier, terminé le 24 novembre 1841 et modifié le 19 juin 1842, 6 feuilles, 70 x 103 cm, échelles 1/2 000 (tableau d'assemblage) et 1/500
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : OPA 140
  • Route départementale n° 2 de Besançon à Morteau. Plan des alignements de la traverse de Morteau [rue de la Louhière, Grande Rue et rue de l'Helvétie], photocopie d'un dessin (plume, lavis), par l'ingénieur ordinaire Berquet, Pontarlier le 29 novembre 1873, validé en 1876 et annexé au décret ministériel du 5 juillet, échelle 1/200, 34 x 348 cm
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Leiser, Morteau
  • Ponts et Chaussées. Route nationale n° 437 de Saint-Claude à Belfort. Plan d'alignements de la traverse de Morteau [rue de la Louhière, Grande Rue et rue de l'Helvétie], photocopie d'un dessin (lavis), par l'agent voyer d'arrondissement Chirouze, 28 [septembre 1907], 30 x 278 cm, 1/50
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Leiser, Morteau
  • 7. Morteau. - Grande Rue [au niveau de la place de l'Hôtel de Ville], carte postale, s.n., [limite 19e siècle 20e siècle, avant 1905], Sabardin éd. à Morteau. Porte la date août 1905 (tampon) au recto et au verso.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • 48 - Morteau - Grande Rue sous la neige (février 1907), carte postale, s.n., Cochois éd. à MorteauDate 21 mai 1907 (tampon) portée au verso.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • [Publicité pour une montre de gousset Roskopf brevetée à heure tournante], dessin imprimé, s.n., s.d. [milieu 20e siècle]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans
  • Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr)

Bibliographie

  • Briselance, Claude-Gilbert. L'horlogerie dans le val de Morteau au XIXe siècle (1789-1914). - 1993. 2 vol., XXXII-398 - III-420 f. : ill. ; 30 cm. Mém. maîtrise : histoire contemporaine : Besançon : 1993
  • Centre d'Etudes économiques régionales de Franche-Comté. Répertoire des établissements industriels de Franche-Comté classés dans la section "précision, horlogerie, optique" de la nomenclature des activités économiques de l'I.N.S.E.E. - S.l. [Besançon] : s.n. [Centre d'Etudes économiques régionales de Franche-Comté], juin 1969. III-65 p. ; 21 x 30 cm.
  • Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1978. 294 p. : cartes postales ; 31 cm.

Documents multimédias

  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
  • Jeanningros, Patrick. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
  • Prost, André. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org

Témoignages oraux

  • Seguin Jean, descendant d'horlogers (petit-fils de Virgile Seguin et fils d'André). Morteau
  •  

Annexe(s)

  • L'atelier d'horlogerie de Virgile Seguin puis de ses fils Gilbert et André, à Morteau [+]

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)maison, ferme, atelier
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, logement, boutique, garage, cour

Localisation

  • CommuneMorteau
  • Adresse 18-22 Grande Rue
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau

Étude

  • Copyright© Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2013