Patrimoine en Franche-Comté - Usine de taille de pierre pour la joaillerie et l'industrie (usine de pierres pour l'horlogerie), de décolletage et de polissage Rubis-Précis

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Usine de taille de pierre pour la joaillerie et l'industrie (usine de pierres pour l'horlogerie), de décolletage et de polissage Rubis-Précis

18 rue de Besançon
25 - Charquemont
Dossier IA25001185 réalisé en 2014

Illustrations

Historique

L'usine est bâtie en 1950 et 1951 pour la société Rubis-Précis selon les plans de l'agence d'architecture Oesch et Rossier, fondée en 1905 au Locle (Suisse) par le Bernois Werner Oesch et le Vaudois Constant Rossier (ce dernier étant peut-être l'auteur du projet).

Cette société a été créée par Louis Prétot (22 août 1898-1er janvier 1974), fils de Julie Girardin et de Paul-Albin Prétot, paysan et fabricant de boîtes de montre pour la maison Aurèle Racine, de Damprichard. Premier du canton au certificat d'études, Louis a tout d'abord été berger avant d'entrer en 1914 chez l'industriel horloger Joseph Guillaume, dont l'usine est située aux 13 et 15 Grande Rue. Il apprend le pivotage avec Paul Poupeney, le mari de sa sœur Hortense, qui s'installera par la suite à Maîche, puis s'établit à son compte comme pivoteur en chambre, dans la maison dite du Moine (23 Grande Rue).

Il rachète vers 1929 la maison Wasner-Ruffier et monte dans son atelier une fabrique d'assortiments cylindre (échappements), qui occupera une dizaine d'ouvriers (René Fury, Lucien Baumann, Albert Ponçot, etc.) sans compter les travailleurs à domicile (à peu près autant). Ces derniers font les roues, les "écorces" (paroi du cylindre) et les tampons tandis que le justifiage des roues, le pivotage et le montage s'effectuent à l'atelier. Les assortiments sont vendus aux fabricants de montres locaux : Auguste Châtelain, les Monnin, Maillot, etc. En 1941, Prétot (qui sera maire en 1947) élargit ses activités au travail du rubis, sollicité par les établissements Brunner (du Locle), qui souhaitent qu'il réalise le sertissage de ces pierres, et par le Comontre (Comité de la Montre), futur Cetehor. Pour cette production, il installe en 1942-1943 dans les locaux de l'ancienne fromagerie Thurler (15 rue de la Gare) un atelier de mécanique (réalisant outillage et machines), confié à Pierre Jeanneret, auparavant employé dans les établissements Maire et Perrier de Maîche. La fabrication des pierres pour l'horlogerie prenant de l'importance au fur et à mesure que décline celle des assortiments à cylindre (qu'il arrêtera à la fin des années 1950), il la transporte dans l'usine Frésard Frères et Bessot de la rue des Lilas, qu'il achète en 1940, avant de faire construire l'usine de la rue de Besançon.

La Sarl Rubis-Précis (au capital de 10 000 F), créée le 24 mai 1947, emploie à la fabrication de rubis pour l'horlogerie un maximum de 180 personnes durant les années 1950 (ce chiffre diminuera au cours de la décennie suivante avec l'automatisation). Elle est transformée en SA le 3 janvier 1955 alors que cette même année est créée, le 20 décembre, la Sarl Louis Prétot et Cie, transformée en SA Prétot le 15 octobre 1957 (capital 50 000 F). Rubis-Précis produit 6 à 8 millions de rubis par mois dans les années 1980 et lorsque cette production cessera vers 1995 (faute de marché), elle en aura fabriqué trois milliards.

La société est reprise en 1974 par le gendre de Louis Prétot, André Chapuis (né en 1925), présent dans l'affaire depuis 1949. Lorsqu'André part à la retraite en 1984, son fils Jean, qui l'a rejoint en 1978, lui succède. Ce dernier développe l'affaire en achetant les sociétés bisontines Epsilon en 1983 (fabrique d'antichocs pour les montres fermée en 1981, située en 1960 au 25 rue Gambetta) et Micropierre en 1990-1991. Succédant à un atelier de taille de pierres pour l'horlogerie ouvert en 1942 par Albert Mathey, cette dernière a été transformée en Sarl en 1948 puis en SA en juillet 1951. Elle usinait les rubis destinés à l'horlogerie et, dans les années 1960, des saphirs de tourne-disques. Acquise en 1981 par un groupe parisien, elle dispose alors d'une usine de 1 500 m2, bâtie au début des années 1960 rue de Trépillot, qu'elle quittera en 2007 pour une nouvelle unité de 2 100 m2 au 20 rue Lafayette (elle comptera 18 personnes à cette date).

A Charquemont, l'usine est agrandie en 1988 puis de 600 m2 à chaque fois en 1998 (la société emploie alors 80 personnes, totalise 250 clients et exporte 70 % de sa production) et 2008. La politique d'acquisitions se poursuit en 2004 avec la société Auritec, de Franois, pratiquant l'usinage de haute précision des métaux précieux, et en juillet 2011 avec la société DPL Friatec, de Darvault (Seine-et-Marne), spécialisée dans les pièces de précision en céramiques techniques, saphir et quartz (elle est rebaptisé High Tech Ceram le 1er janvier 2012).

Le groupe Rubis-Précis / Micropierre, créé le 1er juin 1990, devient Rubis-Précis / Micropierre / High Tech Ceram au début 2012. Avec un effectif de 105 personnes, il a produit en 2011 deux millions de composants de haute précision par mois (petits ensembles montés en saphir, rubis, quartz, silice, verres optiques, céramiques techniques, ferrite, carbure de tungstène, acier inox, or, platine et autres matériaux durs et métaux) destinés à des secteurs aussi variés que l'instrumentation, le médical, les laboratoires et centres de recherches, les industries pétrolières, spatiales et aéronautiques, le militaire, le luxe, etc. Son chiffre d'affaires atteint l'année suivante environ 15 millions d'euros (2,3 chez Friatec, 3,6 chez Micropierre et 8 chez Rubis-Précis), dont 65 % à l'export. En 2014, l'usine de Charquemont travaille très peu pour l'horlogerie. Son activité est essentiellement tournée vers le décolletage (elle dispose de 30 machines à cames et 26 à commande numérique) mais le travail des rubis est maintenu (il occupe quatre personnes à temps plein) et la fabrication d'ensembles montés (par sertissage ou chassage de pierres) est importante.

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Périodes

  • Principale3e quart 20e siècle, 4e quart 20e siècle, 1er quart 21e siècle

Dates

  • 1951daté par tradition orale, daté par source
  • 1988daté par tradition orale
  • 1998daté par travaux historiques, daté par tradition orale
  • 2008daté par tradition orale

Auteurs

  • Auteur Oesch et Rossier, agence d'architecture  / attribution par tradition orale, attribution par travaux historiques

Description

Les bâtiments ont des murs en béton (pan de béton armé et/ou parpaings de béton), enduit ou protégé par un essentage métallique (corps de 2008). Celui de 1951, à trois étages carrés desservis par un escalier tournant à retours et un ascenseur, présente une façade antérieure et une façade postérieure ordonnancées avec avant-corps central ; il est coiffé d'un toit à croupes à couverture de tuiles mécaniques. Les extensions de 1988, appuyées à l'arrière du bâtiment de chaque côté de l'avant-corps, comptent trois étages carrés pour celle à l'ouest (couverte d'une terrasse) mais un de moins pour celle à l'est (coiffée d'un appentis revêtu de shingle). Même type de matériau (parpaing de béton enduit) et de couverture (appentis et shingle) pour celui de 1998, qui n'a qu'un étage carré. Finalement, l'extension de 2008 (la plus au nord) est en rez-de-chaussée, avec toits à longs pans et membrane d'étanchéité plastique. Le corps oriental de 1988 et ceux de 1998 et 2008 ont des murs à pignon découvert.

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  • Mursbéton / pan de béton armé / enduit / parpaing de béton / essentage de tôle
  • Toittuile mécanique / béton en couverture / matériau synthétique en couverture
  • Étages3 étages carrés
  • Couvrements
  • Élévationsélévation ordonnancée
  • Couverturesterrasse / toit à longs pans / croupe / appentis / pignon découvert / pignon couvert / noue
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier tournant à retours avec jour / en maçonnerie
  • Autres organes de circulationsascenseur
  • Énergiesénergie électrique / achetée

Documentation

Documents figurés

  • 3 P 681 Plan cadastral parcellaire de la commune de Charquemont [...] terminé sur le terrain le 24 juin 1811 [...] par M Vial géomètre du cadastre
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 681
  • Charquemont (Doubs). 11058 - Vue générale aérienne, carte postale, s.n., s.d. [entre 1951 et 1958], Editions aériennes Cim Combier Imp. Macon
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jacques Donzé, Charquemont
  • Charquemont (Doubs). Quartier de la Gare et les Cités, carte postale, s.n., s.d. [entre 1951 et 1958], Combier éd. à Macon
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jacques Donzé, Charquemont
  • En avion au-dessus de... 6. Charquemont (Doubs). La rue de Besançon et au fond les cités, carte postale, s.n., s.d. [années 1960 ?], Lapie éd. à Saint-Maur
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr)

Documents d’archives

  • 3 P 128 Cadastre de la commune de Charquemont, 1812-1963- 3 P 128/1 : Registre des états de sections (1812)- 3 P 128/2-3 : Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties [1823-1906]- 3 P 128/5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties (1882-1910)- 3 P 128/8-9 : Matrice cadastrale des propriétés bâties (1911-1963)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 128

Documents multimédias

  • Annuaire des Entreprises de France, le fichier national des chambres de commerce et d'industrie

Bibliographie

  • Belmont, Henry-Louis. L'échappement à cylindre (1720-1950) : le Haut-Doubs, centre mondial au XIXe siècle. - Besançon : Technicmédia, 1984. 328 p. : ill. ; 28 cm.
  • Donzé, Jacques. Charquemont. Comment ? Pourquoi ? 1339-2010.- S.l. [Charquemont] : s.n. [l'auteur], 2010. 209 p. : ill. ; 30 cm.
  • Jeanneret, Jean-Daniel (dir.). La Chaux-de-Fonds/Le Locle. Proposition d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial. - La Chaux-de-Fonds : Le Locle : Urbanisme horloger, 2007. 479 p. : ill. Document accessible en ligne : http://www.urbanisme-horloger.ch/d2wfiles/document/306/8023/0/dossier%20complet-light.pdf
  • La qualité, clé du succès pour Micropierre. Réalités franc-comtoises, n° 389, octobre 1998, p. 17 : ill.
  • Rubis-Précis : la high tech au quotidien. In Réalités franc-comtoises, n° 386, mai 1998, p. 42-43 : ill.
  • Rubis-Précis : un demi-siècle sous les projecteurs. In L'Est Républicain. Edition du Doubs, 23 octobre 1998, p. 16.
  • Rubis Précis. 63 ans de précision à Charquemont. In C'est à dire, n° 162, 11 janvier 2011, p. 20 : ill.
  • Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche. - Maîche : M. Simonin, 2007. 143 p. : ill. ; 30 cm.
  • Sornay, Lionel. Prosopographie des entreprises horlogères et de leurs financeurs sur le plateau de Maîche 1925-1973. - Besançon : Université de Franche-Comté, 2003. 56 p. : ill. ; 30 cm. Mém DEA : histoire industrielle : Besançon : 2003 ; 51.
  • Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome III. Autour de Charquemont et Damprichard, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1991. 243 p. : cartes postales ; 31 cm.

Témoignages oraux

  • Chapuis Jean, PDG du groupe Rubis-Précis
  • Donzé Jacques, ancien horloger, historien de Charquemont
  • Pintre Pascal, responsable de production de l'usine. Charquemont
  •  

Lien(s) web

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété d'une société privée

Désignation

  • Dénomination(s)usine de taille de pierre pour la joaillerie et l'industrie, usine de décolletage
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, bureau, bureau d'études, magasin industriel, entrepôt industriel, stationnement

Localisation

  • CommuneCharquemont
  • Adresse 18 rue de Besançon
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Maîche

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2012