Patrimoine en Franche-Comté - Maison et usine d'horlogerie (usine de fournitures pour l'horlogerie) et de décolletage Zéphyrin Jacquet et Fils

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Maison et usine d'horlogerie (usine de fournitures pour l'horlogerie) et de décolletage Zéphyrin Jacquet et Fils

9 et 11 place du Souvenir français
25 - Grand'Combe-Châteleu
Dossier IA25001677 réalisé en 2017

Illustrations

Historique

En 1920, Zéphyrin Jacquet-Pierroulet (1876-1966) fait construire le bâtiment abritant son usine et son logement, ce dernier achevé en 1923. Zéphyrin est issu d'une famille d'horlogers : son père, également prénommé Zéphyrin (1843-1875), et son frère Jules (1873-1945) déclarent cette profession, le dernier (établi au Bas de Grand-Combe) étant aussi dit décolleteur. Zéphyrin est rejoint dans la société Z. Jacquet et Fils, attestée dès 1926, par deux de ses enfants : Marcel (1905-2002) et Roger (1906-1993), formés à l'école d'Horlogerie de Besançon. A cette date, l'affaire a pour spécialité les axes et tiges d'ancre mais elle réalise aussi du décolletage pour appareils de précision, des axes de balancier pivotés et ceux pour échappement Roskopf. Elle fait agrandir le site par la construction, vers 1942, au nord d'un atelier en rez-de-chaussée puis, vers 1945-1950, au sud d'un corps d'ateliers sur trois niveaux, dû à l'entreprise mortuacienne Martignoni. Pour sa part, Marcel se fait bâtir par le même entrepreneur vers 1952-1953 une maison (à l'ouest). Nouvelle extension au cours des années 1960 : un corps de bâtiment sur deux niveaux est ajouté dans l'angle sud-ouest de l'usine.

L'affaire (une Sarl au capital de 2 520 000 F en 1952) a été divisée en deux branches indépendantes : d'une part la production des échappements Roskopf et le décolletage de précision pour l'horlogerie sous la responsabilité de Marcel, d'autre part le décolletage de pièces plus volumineuses (boulonnerie, visserie mécanique, etc.) sous celle de Roger. Ce dernier est installé dans les étages de soubassement de l'usine tandis que Marcel en occupe le rez-de-chaussée surélevé et l'étage carré. Il y a son atelier de mécanique (pour la fabrication des étampes et autres outils) dans le corps nord (au long de la rue), celui de décolletage dans le corps d'origine et celui d'assemblage dans le corps sud ; la comptabilité et le bureau d'études sont dans la maison, qui accueille aussi à l'étage de soubassement les installations pour la trempe (deux fours) et deux presses à col de cygne (pour le découpage des platines, des fourchettes, etc.). La production consiste en fourchettes et goupilles pour les échappements de type Roskopf (fournies aux Ets Jual à Morteau, Parrenin - pour le HP 64 - à Villers-le-Lac, l'Horlogerie de Savoie - pour le HS 651 - à Annemasse, etc.), en échappements et porte-échappements (dont beaucoup sont livrés aux marchés italiens et espagnols) utilisés notamment pour les montres, parcmètres, compteurs en tous genres, etc. Marcel crée d'ailleurs son propre mouvement de montre (sans succès). 70 personnes travaillent sur le site en 1980 (en 1969, l'affaire de Marcel était classée dans la catégorie de 50 à 99 salariés, sans que l'on sache si les travailleurs à domicile étaient intégrés à ce décompte). La branche décolletage ferme en 1973 (elle compte alors une quinzaine de personnes) au départ en retraite de Roger.

Les Ets Marcel Jacquet entreprennent à partir de 1978 de robotiser et diversifier leur production. En 1982, la fabrication de l'échappement Roskopf (aux calibres 10 1/2 et 6 3/4 lignes pour des clients tels Parrenin-Remex, Jual, Pétolat, SDDH et Trib) entre pour 60 % dans le chiffre d'affaires de cette SA (au capital de 350 000 F), celle des porte-échappements (pour Flonic-Schlumberger) pour 30 %, le reste étant assuré par des pièces détachées d'horlogerie et des pendulettes publicitaires. La société emploie 39 personnes, dont 15 à domicile. L'atelier mécanique et contrôle est équipé de trois tours d'outilleur Schaublin, une machine à pointer, un projecteur de profil Sip, un appareil de mesure Isoma et deux fours pour traitement thermique, celui de décolletage de onze décolleteuses Tornos M3 et M4, celui de découpage de quatre presses à découper automatiques (de 3 à 30 t). La fabrication des roues d'échappement fait appel à une machine automatique Wahli pour le taillage (1978, 2 000 pièces à l'heure), une presse Soc automatisée par Walther (aux Brenets, Suisse) pour la "reprise trou central" (1982, 2 400 pièces/h), une machine automatique Animex pour l'assemblage roue-pignon (1978, 700 pièces/h) ; celle des balanciers est assurée par "un automate d'assemblage balancier-axe" Walther (1979, 1 000 pièces/h), deux machines semi-automatiques Schaad (1974, 800 pièces/h) et une automatique Strausak pour pivoter les axes (1977, 1 000 pièces/h) ; l'assemblage des ancres (ancre, tige et deux goupilles) est toujours manuel (production mensuelle : 200 000 assortiments pour le calibre HP 1640 et 50 000 pour le HS 651) avec en projet une machine automatique (1 100 pièces/h). Les difficultés de l'horlogerie conduisent cependant à la fermeture de l'entreprise en 1985. L'usine a depuis été convertie en immeuble et la maison n'abrite plus d'activité productive.

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Périodes

  • Principale1er quart 20e siècle
  • Principale2e quart 20e siècle, 3e quart 20e siècle

Dates

  • 1920daté par tradition orale

Auteurs

  • Auteur Martignoni, entrepreneur de maçonnerie  / attribution par tradition orale

Description

Le bâtiment d'origine a des murs en moellons calcaires enduits et un toit à longs pans, pignons couverts et tuiles mécaniques ; les ateliers postérieurs sont en pan de béton armé enduit avec toit terrasse en béton. Le premier comporte un étage de soubassement desservi par un escalier dans-oeuvre droit en béton, et un étage carré et un étage de combles accessibles par un escalier dans-oeuvre tournant à retours, également en béton. L'atelier nord est en rez-de-chaussée, celui au sud en rez-de-chaussée surélevé avec deux étages de soubassement tandis que celui au sud-ouest ne compte que deux niveaux seulement (desservis par deux escaliers extérieurs droits en béton). Ces ateliers associent fenêtres horlogères, fenêtres multiples et fenêtres d'atelier. Le petit corps nord-ouest, à essentage de planches, est protégé par un toit à un pan en acier. La maison fait appel au parpaing de béton enduit. Coiffée d'un toit à longs pans, pignons couverts et tuiles mécaniques, elle a un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage en surcroît, desservis par des escaliers dans-oeuvre.

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  • Typologiesbaie horlogère / baie multiple / baie d'atelier
  • Murscalcaire / moellon / enduit / béton / pan de béton armé / enduit / béton / parpaing de béton / enduit / essentage de planches
  • Toittuile mécanique / béton en couverture / acier en couverture
  • Étagesétage de soubassement / rez-de-chaussée surélevé / 1 étage carré / étage de comble
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / pignon couvert / noue / toit à un pan / terrasse
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier droit / en maçonnerie / escalier dans-oeuvre / escalier tournant à retours avec jour / en maçonnerie / escalier de distribution extérieur / escalier droit / en maçonnerie
  • Énergiesénergie électrique / achetée
  • État de conservationétablissement industriel désaffecté

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 287 Cadastre de la commune de Grand'Combe-Châteleu, 1814-1961- 3 P 287 : Atlas parcellaire (14 feuilles), dessin (plume, lavis), par le géomètre du cadastre Vial, 1816- 3 P 287/1 : Registre des états de sections, 1818- 3 P 287/2-3 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1822-1874- 3 P 287/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1874-1914- 3 P 287/6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 287/7-8 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1914-1961- 3 P 287/9 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1961
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 287
  • Papier à en-tête de la société Z. Jacquet et Fils, 30 juin 1926
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac
  • Mandat de la société Z. Jacquet et Fils, 21 juillet 1926
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac
  • Papier à en-tête de la société Z. Jacquet et Fils, 18 juillet 1952
    Lieu de conservation : Collection particulière : Louis Girard, Grand'Combe-Châteleu

Documents figurés

  • 25454. La Grand Combe de Morteau (Doubs) - Quartier de Rossigné, carte postale, s.n., [décennie 1920, avant 1927], Ets C. Lardier éd. à Besançon. Porte la date 10 septembre 1927 (manuscrite) au verso.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Louis Girard, Grand'Combe-Châteleu
  • 13 - La Grand'Combe - Rossignes [sic] - Vue générale, carte postale colorisée, s.n., s.d. [décennie 1920], Veuve A. Marguet éd.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Louis Girard, Grand'Combe-Châteleu
  • En avion au-dessus de... 1. Grand'Combe-Châteleu (Doubs). Vue d'ensemble, carte postale, [3e quart 20e siècle, avant 1960], Edition Lapie à Saint-Maur. Porte la date 6 octobre 1960 (tampon au verso).
    Lieu de conservation : Collection particulière : Benoît Vuillemin, Grand'Combe-Châteleu
  • En avion au-dessus de... 12. Grand'Combe-Châteleu (Doubs). Vue générale, carte postale en couleur, s.d. [3e quart 20e siècle, décennies 1950-1960], Editions Sofer à Saint-Maur.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Louis Girard, Grand'Combe-Châteleu
  • Grand'Combe-Châteleu (Doubs). Vue aérienne, carte postale en couleur, s.d. [2e moitié 20e siècle, avant 1981], Combier éd. et impr. à Mâcon.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Benoît Vuillemin, Grand'Combe-Châteleu

Bibliographie

  • Centre d'Etudes économiques régionales de Franche-Comté. Répertoire des établissements industriels de Franche-Comté classés dans la section "précision, horlogerie, optique" de la nomenclature des activités économiques de l'I.N.S.E.E. - S.l. [Besançon] : s.n. [Centre d'Etudes économiques régionales de Franche-Comté], juin 1969. III-65 p. ; 21 x 30 cm.
  • Courtieu, Jean (dir.). Dictionnaire des communes du département du Doubs. - Besançon : Cêtre, 1982-1987. 6 t., 3566 p. : ill. ; 24 cm.
  • Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche. - Maîche : M. Simonin, 2007. 143 p. : ill. ; 30 cm.

Documents multimédias

  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

Témoignages oraux

  • Fraichot Bernard, gendre de Pierre Remonay, dirigeant de la Somias, à Grand'Combe-Châteleu. A commencé sa carrière chez Marcel Jacquet.
  • Girard Louis, propriétaire de l'ancienne forge des Cordiers, à Grand'Combe-Châteleu.
  • Henriot Marie-Thérèse, fille de Roger Jacquet. Morteau
  •  

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)maison, usine d'horlogerie, usine de décolletage
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, atelier de réparation, bureau, bureau d'études, entrepôt industriel, logement, garage, stationnement

Localisation

  • CommuneGrand'Combe-Châteleu
  • Adresse 9 et 11 place du Souvenir français
  • Milieu d'implantationen village
  • Lieu-dit Rossignier
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau

Étude

  • Copyright© Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2016