Patrimoine en Franche-Comté - Usine de taillanderie Nicod, puis usine de chaudronnerie et scierie Louis Jacquot

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Usine de taillanderie Nicod, puis usine de chaudronnerie et scierie Louis Jacquot

4 rue Derrière le Mont
25 - Montlebon
Dossier IA25001691 réalisé en 2017

Illustrations

Historique

La forge est réputée bâtie en 1652 mais son propriétaire, Xavier Jacquot, cite en 1836 un acte établissant une ancienneté plus grande : le 9 avril 1579, le prieur de Morteau donne l'autorisation d'y établir "une rasse à rasser le bois". L'établissement fait partie des six (trois forges de serrurerie et trois martinets) attestés dans la commune en 1757 et des quatre forges à martinet signalées en 1772. Propriété de Ferréol Feuvrier (ou Février), il est acquis le 31 janvier 1788 par Pierre Claude François Nicod (1752- ?), maréchal ferrant et taillandier, fils de Pierre François Nicod (1729-1810), dont la taillanderie du Dessus de la Fin aux Gras deviendra l'usine de taillanderie Bobillier. Il se compose alors de trois bâtiments : le plus important abrite le logement et un moulin à deux paires de meules, un autre la forge et le dernier est destiné à accueillir une huilerie ; "la scirie [sic] et la scie circulaire [...] sont encore en construction". Peu après 1788, Nicod ajoute deux foyers à celui existant dans la forge. Signalée comme fabrique de faux en 1800, l'usine est portée sur le plan cadastral de 1814 qui, outre le bassin de retenue, figure toujours trois bâtiments : d'amont en aval une ancienne forge qualifiée d'aisance (D 347), un corps abritant "forge et aisance de taillanderie" (D 348) et celui plus important (D 349) à usage de "moulin et aisance".

Nicod vend le site le 6 avril 1824 à un autre taillandier, Xavier Jacquot (Xavier Jeanjacquot, 1787-1864), lui aussi originaire des Gras et dit "fabricant en cuivre". L'établissement consiste alors en une maison "renfermant un moulin à blé, puis une scierie à deux feuillets et une scie circulaire ; plus un autre bâtiment renfermant une forge à quatre martinets [...] ; plus encore un bâtiment servant de halle à charbon [...]" Correspondant certainement à cette fabrique qui traite 20 tonnes de cuivre à Derrière le Mont en 1828, l'établissement est ainsi décrit en septembre 1837 : "une usine consistant en une forge à martinets et tours occupant trois roues hydrauliques, l'une pour la soufflerie, l'autre pour le martinet, et la 3e pour le tour, celle-ci faisant mouvoir aussi des pillons à cammes [sic] et une meule à aiguiser, pour la manutention du cuivre et du fer, et un moulin à blé à un tournant ; toutes ces roues sont mues par une dérivation du ruisseau de Derrière-le-Mont. Il existait aussi dans les mêmes bâtiments un autre moulin et une huilerie mais qui ont été démolis l'un et l'autre". Jacquot demande l'autorisation de réutiliser l'emplacement des deux moulins à blé et de l'huilerie pour "une scierie à deux lames mue par un seul tournant, ainsi qu'une machine à refendre les planches et un moulin à bled, mues l'une et l'autre par un autre tournant". De fait, cinq corps de bâtiment s'étagent d'amont en aval : d'une part un hangar à charbon, un corps abritant le soufflet à piston, la forge avec son "emplantement à quatre marteaux ou martinet qui servent à battre le cuivre et le fer" et ses quatre feux qui "servent alternativement à chaque espèce ou nature de fabrication d'ouvrages qui s'y confectionnent" et un corps abritant la "griffe ou meule à aiguiser", le tour et les pilons, tous attenants ; d'autre part l'habitation de Jacquot (correspondant au moulin D 349 désaffecté) contre laquelle sera édifiée la nouvelle scierie. L'autorisation est accordée par l'ordonnance royale du 24 octobre 1838. L'usine emploie sept ouvriers au milieu du siècle et réalise un chiffre d'affaires de 42 150 F. Les statistiques de 1850 et 1852 la mentionnent ainsi : c'est un martinet à cuivre, à "1 ordon de martinet, 2 fournaises, 1 machine hydraulique", occupant quatre ouvriers ; il consomme 147 quintaux métriques de vieux cuivre convertis en 140 quintaux métriques de cuivre embouti, destinés à la chaudronnerie (valeur : 39 200 F) et vendus dans "les ateliers de chaudronnerie de Besançon et du département". La statistique hydraulique fait état d'une "forge à 4 martinets pour le vieux cuivre ; 2 scies, 2 circulaires", avec pour observation : "pas de chômage. Le travail de l'atelier n'est pas sans importance".

Louis Jacquot (1841-1916), un fils de Xavier, reprend le site. Il reconstruit en 1855 l'ancien moulin (D 349), devenu habitation et scierie (qui sera de nouveau modifié vers 1877 ?), et détruit la halle à charbon (ancienne forge D 347). Il remplace cette dernière par une maison en 1864 (date portée sur le linteau avec les initiales Ls J), réutilisant peut-être l'étage de soubassement existant dans lequel il aménage un atelier ; en 1880, il remet également en activité (reconstruit ?) le martinet situé juste en aval. Distingué à Paris en 1878 et Morteau en 1892, sa "fabrique de cuivrerie" produit à la fin du 19e siècle "tuyères de forges, bassins et bouilloires", "chaudières à fromage" (sa spécialité), bidons, pèse-lait et autres fournitures pour les fromageries ; elle livrera aussi des alambics, des chandeliers et autres réalisations relevant de la cuivrerie d'art. L'établissement ferme à la mort de Louis et le martinet, désaffecté, est démoli en 1933. Son frère Léopold (1829- ?), aussi dit fabricant de cuivres, avait repris l'habitation (D 349) et sa scierie. Il la laisse à son fils Joseph (1862-1905), qui décède prématurément, auquel succède son fils, également prénommé Joseph (1894-1979). Ce dernier est restaurateur, à la tête du café de l'Industrie, près de l'église, qui réunit hôtel, café, restaurant, épicerie et boulangerie. La scierie est progressivement démolie vers 1913, 1925 et 1930 (elle semble disparaître totalement au cours des années 1940). Actuellement ne subsiste sur le site que la maison de Louis Jacquot (les traces des autres bâtiments se devinent encore) avec, au soubassement, l'atelier de fabrication désaffecté dont les murs plâtrés portent de nombreuses inscriptions (certaines datées) : calculs et nom des communes ou fromageries auxquelles ont été livrés des chaudrons ?

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Périodes

  • Principale3e quart 17e siècle
  • Principale3e quart 19e siècle
  • Principale4e quart 19e siècle

Dates

  • 1864porte la date

Auteurs

Description

Sur le site ne subsiste qu'un bâtiment : celui construit par Louis Jacquot en 1864. Doté de murs en moellons calcaires enduits et d'un toit à longs pans, croupes et tuiles mécaniques, il comporte un étage de soubassement (plus ancien ?), un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré. Le soubassement, partiellement voûté en plein cintre, est desservi par un escalier tournant à retours en pierre, la grange (à l'étage carré) par un pont de grange (rampe d'accès). L'un des ateliers de fabrication du martinet occupait l'angle sud-ouest du bâtiment.

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  • Toittuile mécanique
  • Étagesétage de soubassement / rez-de-chaussée surélevé / 1 étage carré
  • Couvrementsvoûte en berceau plein-cintre
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / croupe
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier tournant à retours avec jour / en maçonnerie
  • Autres organes de circulationsrampe d'accès
  • Énergiesénergie hydraulique / produite sur place
  • Techniques de décorsculpture
  • Représentationschaudron
  • Précisions sur la représentation

    Linteau de l'entrée principale sculpté d'un chaudron du type des cuves de fromagerie. Dessin coté (au crayon gras) d'un chaudron sur une porte de l'atelier.

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 404 Cadastre de la commune de Montlebon, 1814-1965- 3 P 404 : Atlas parcellaire (24 feuilles), dessin (plume, lavis), par le géomètre du cadastre Vial, 1814 (sections A-E) et 1818 (sections F-G)- 3 P 404/1-2 : Registre des états de sections, s.d. [1822 ?]- 3 P 404/3, 6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1822-1874- 3 P 404/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1875-1914- 3 P 404/7 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 404/8 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1914-1965- 3 P 404/9 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1965
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 404
  • 7 S 72 Cours d'eau et usines. Régime des eaux. Moulins-usines (1825-1896)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 7 S 72
  • Service hydraulique. Usines. Réglementation, autorisations de travaux (an III-1897)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : Sp 742
  • [Statistique de l'] Industrie métallurgique. In Annuaire départemental du Doubs pour 1850, 38e année, 1849, p. 290-322.
  • Statistique de l'utilisation de la force motrice des eaux. In Annuaire départemental du Doubs pour 1852, 40e année, 1851, p. 103-158.

Documents figurés

  • Plan relatif à l'instruction de la demande du Sr Xavier Jacquot de Derrière le Mont, commune de Montlebon, dessin (plume, lavis), par l'ingénieur Parandier, Besançon le 11 septembre 1837, échelles graphiques 1/500 et 1/50, 38,5 x 68,5 cm. Un exemplaire du plan est conservé dans la liasse 7 S 72 des mêmes archives départementales du Doubs.
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : Sp 742
  • [Le hameau de Derrière-le-Mont, vu du nord], photographie (copie), s.n., s.d. [4e quart 19e siècle]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Société Sauge, Montlebon
  • Les environs pittoresques de Morteau. - Le joli village de Derrière-le-Mont, carte postale, s.n., [fin 19e siècle ou début 20e siècle, avant 1906 ?], Charles Pierre éd. à Morteau. Porte la date 1906 (tampon) au recto ? Publiée dans : Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1978, p. 200.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Société Sauge, Montlebon

Bibliographie

  • Avez-vous connu le Tacot ? : Montlebon / propos recueillis par Hervé Monney pour "Ça percute dans le haut". - Montlebon : Association Appat, 2017. 132 p. : ill. ; 21 cm
  • Courtieu, Jean (dir.). Dictionnaire des communes du département du Doubs. - Besançon : Cêtre, 1982-1987. 6 t., 3566 p. : ill. ; 24 cm.
  • Vuillet, Bernard. La vie dans le val de Morteau entre 1750 et 1800. - [S.l.] : [s.n.], 1975. 2 vol. (421 p.) : ill. ; 30 cm. Th. : Paris, Ecole des Chartes, 1975.
  • Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1978. 294 p. : cartes postales ; 31 cm.

Documents multimédias

  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

Témoignages oraux

  • Clerc Marie Andrée, fille de Joseph Jacquot. Montlebon
  •  

Annexe(s)

  • Relevé partiel d'inscriptions sur le mur de l'atelier [+]

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)usine de taillanderie, usine de chaudronnerie, scierie
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, logement, grange, rampe d'accès, pont, bassin de retenue, bief de dérivation

Localisation

  • CommuneMontlebon
  • Adresse 4 rue Derrière le Mont
  • Milieu d'implantationen écart
  • Lieu-dit Derrière le Mont
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau
  • Hydrographiedérivation de la Douve

Étude

  • Copyright© Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2016