Patrimoine en Franche-Comté - Les montres de la collection de Michel Simonin

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Région Bourgogne Franche-Comté
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Les montres de la collection de Michel Simonin

25 - Maîche
Dossier IM25005305 réalisé en 2015

Illustrations

Historique

Michel Simonin, né en 1934, a commencé une formation d'ébénisterie puis travaillé avec son père, cordonnier-bottier à Maîche, avant d'être embauché par la fabrique de rubis pour l'horlogerie Cheval (au 4 rue de la Gare), qui l'emploie au perçage des rubis de 1951 à 1954. Après son service militaire, il intègre de 1957 à 1961 la fabrique de cadrans de montre Elector, fondée à Charquemont par la famille Haenni, dans laquelle il travaille sur une machine à facetter les index des cadrans. Il est ensuite recruté par Charles Cailler, fondateur le 9 juin 1947 de la fabrique de montres Relliac (qui reprend son nom à l'envers), laquelle a occupé l'ancien atelier Patois et Spinelli (au 2 rue Sainte-Anne) avant de faire bâtir en 1949 sa propre usine (au 12 rue Sainte-Anne). En 1964-1965, Relliac déménage pour s'installer dans l'ancienne usine Rotschi (au 9 rue du Mont). Elle y fabrique des montres mécaniques sous sa propre marque (10 à 20 % de sa production) ou sous celle de ses clients, eux-mêmes fabricants (Lip par exemple) ou grossistes (Fidus, Edma, etc.). Victime de l'affaire Lip (1973-1976), qui la prive d'un gros client et de liquidités, et de la concurrence asiatique aggravée par l'arrivée du quartz, la société disparaît en août 1976.

Avec une petite dizaine des salariés licenciés, un instant tentés par un rapprochement avec les ouvriers de Lip (que déconseille Charles Piaget du fait de la lourdeur des procédures en cours et de l'incertitude sur leur issue), Michel Simonin et Pierre Barthod fondent la Société coopérative horlogère maîchoise (Schom), qui achète la marque Relliac et une partie du matériel et des fournitures de la société disparue. Elle s'établit dans l'ancien atelier Loeffler (au 13 rue du Général de Gaulle) puis se transporte en 1978 dans l'usine Mauvais Frères et Rondot (au 1 rue Guynemer). Elle y produit des montres mécaniques et quelques montres à quartz, et vend sa production par le biais de circuits coopératifs - tels la Camif de 1977 à 1985, la centrale d'achat des magasins Coop de Boulogne-Billancourt (vente par correspondance), la Mutuelle générale des Impôts, la coopérative de la Douane et de la Marine à La Rochelle, etc. - mais aussi des comités d'entreprises (Peugeot, Renault, Berliet, etc.). Les commandes de la Camif, coopérative d'achats (fondée en 1947) des adhérents à la Mutuelle des Instituteurs de France, sont décisives pour lancer la Schom : elles sont à chaque fois de 2 à 3 000 montres, livrées par fractions et réglées de manière régulière ; pour honorer la première commande, portant sur 2 500 montres automatiques pour femme, la société bénéficie de l'aide d'ouvriers de Lip. Elle pratique aussi le rhabillage (réparations) via le circuit traditionnel de l'horlogerie bijouterie, pour lequel elle dépose la marque Presthor. Fabrique de montres mécaniques, la Schom est victime du succès de celles à quartz venues d'Asie : après être devenue grossiste, elle disparaît en juin 1985.

Michel Simonin est alors embauché par la société Codhor, société parisienne créée en 1964 et installée à Maîche vers 1978 dans un magasin au 4 rue de la Batheuse puis en 1980 dans l'ancienne usine Roch Frères (14 rue de Goule), où elle conjugue fabrication des montres (emboîtage de mouvements) et rhabillage pour toutes les marques de ses 250 à 300 adhérents. Lorsque l'un d'entre eux ferme, d'ailleurs, elle en rachète le stock, qui vient grossir les réserves de son établissement maîchois. Codhor est achetée en 1992 par son principal concurrent, la société Histoire d'Or, qui liquide le stock avant de fermer le site en 1994.

M Simonin a pris sa retraite à la fin de 1993. Durant sa carrière professionnelle, il a développé un fort intérêt pour l'horlogerie, qui s'est manifesté de deux manières complémentaires.

D'une part, il a constitué une collection réunissant, outre divers matériels et fournitures (marmottes, ébauches, mouvements, etc.), des montres-bracelets mécaniques postérieures à la deuxième guerre mondiale. Ces montres ont été fabriquées par les sociétés dans lesquelles il a travaillé (Relliac, Société coopérative horlogère maîchoise - Schom - et Codhor), sous leur propre marque ou en sous-traitance (pour Lip, Fidus, Selhor, Edma, etc.), ou par des sociétés horlogères locales telle la SA Roch Frères par exemple. La plupart a été portée et a alimenté le stock de l'entreprise via son activité de service après-vente. Toutes ont été restaurées par lui et fonctionnent.

D'autre part, il a collecté une abondante documentation sur l'horlogerie du Haut-Doubs, utilisée pour la publication en 2007 d'un ouvrage intitulé : L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche.

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Auteurs

Documentation

Bibliographie

  • Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche. - Maîche : M. Simonin, 2007. 143 p. : ill. ; 30 cm.

Témoignages oraux

  • Simonin Michel, ancien horloger, auteur de livres sur Maîche et l'horlogerie du Haut-Doubs. Maîche
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Désignation

Localisation

  • CommuneMaîche
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Maîche

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2015