Patrimoine en Franche-Comté - Usine d'horlogerie et de mécanique de précision Lipmann Frères

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
Hôtel de Région - 4, square Castan CS51857 - 25031 Besançon cedex

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Usine d'horlogerie et de mécanique de précision Lipmann Frères

4 à 7 rue des Chalets
25 - Besançon
Dossier IA25001733 réalisé en 2017

Illustrations

Historique

Fondée par Ernest et Camille Lipmann le 1er janvier 1901, la société Lipmann Frères fait construire en 1902-1903 une "manufacture d'horlogerie par procédés mécaniques" dans le quartier de la Mouillère (actuellement n°7 de la rue des Chalets). La fabrique d'horlogerie avait été fondée en 1867 par leur père, Emmanuel Lipmann, au n°14 Grande-Rue à Besançon. Elle emploie une quinzaine d'ouvriers horlogers à ses débuts et produit 970 montres en 1870. La société de fait E. Lipmann est transformée en 1893 en société anonyme Lipmann Frères. Elle fabrique 1500 montres en 1895, et lance en 1896 le chronomètre Lip, dont la fabrication annuelle monte à environ 2 500 unités.

A l'installation de la nouvelle fabrique en 1903, l'effectif atteint 110 personnes (horlogers, mécaniciens, outilleurs et employés). La marque Lip est déposée en 1908. A cette date, l'établissement fabrique quotidiennement 250 mouvements de montres. La société se targue "d'avoir obtenu trente premiers prix, médailles d'or au concours annuel, et occupe une des premières places dans la chronométrie parmi les fabricants d'horlogerie de Besançon". L'usine est agrandie en 1911. Un projet de construction d'atelier, daté de novembre 1913, est réalisé vraisemblablement après la Première Guerre. Construit en béton armé et comprenant un rez-de-chaussée et trois étages, ce bâtiment est placé perpendiculairement, contre la façade postérieure de l'atelier primitif (n°7 rue des Chalets). Pendant le premier conflit mondial, la société Lip travaille pour la Défense nationale (têtes d'obus, allumeurs de mines, chronométreurs télémétriques d'artillerie) et occupe 200 travailleurs. Vers 1914, le fabricant d'horlogerie H. Chauvelot est présent au n°5 de la rue. A son départ en 1927 pour le n°7 rue des Chaprais (IA25001718), le site est repris par la société Lip.

En 1923, l'usine emploie environ 200 personnes et produit 100 000 montres et chronomètres par an. La nouvelle société anonyme Lip Frères fondée en 1931 intègre Lionel et Fred (fils d'Ernest), James Lipmann (fils de Camille), Jacques Bonjean et André Boichat. La fabrication et le commerce s'étendent aux instruments ou objets de précision et de petite mécanique. L'usine est de nouveau agrandie et les ateliers se développent de part et d'autre de la rue. Au milieu des années 1930, l'usine emploie 350 personnes et fabrique entre 3000 et 4000 montres par mois. La société propose des innovations qui sont reprises par la concurrence : montre amagnétique, spiral auto-compensateur, montage de rubis chassés (1925) et de ressorts incassables (1945), etc. Elle ouvre vers 1935 un département de fabrication de petits moteurs électriques pour chronographes, radio-compteurs de TSF, interrupteurs horaires, appareils enregistreurs, oscillographes, régulateurs de température, etc. En 1936, l'entreprise reçoit la coupe chronométrique, et lance son modèle Nautic, montre "étanche, hermétique et inoxydable". L'effectif atteint 230 personnes en 1937, et l'usine fabrique 71 000 montres en 1938. En 1939, la société travaille pour la Défense nationale (instruments de mesure, fusées, armement) et fournit notamment des montres de bord pour l'aviation. En août 1939, elle demande l'autorisation de "construire des ateliers et d'aménager un immeuble rue des Chalets". Il semble que ce soit le bâtiment construit côté pair de la rue (n°4), puisqu'il figure sur un plan de 1947.

Pendant la Seconde Guerre, la société transfère son activité à Issoudun (36) où elle avait ouvert une fabrique d'armement en 1938 (succursale Saprolip). L'usine bisontine, réquisitionnée par les forces d'occupation, continue à produire du matériel d'horlogerie et de micromécanique. Fred Lipmann prend la direction de l'entreprise en 1945, et l'usine de la rue des Chalets est équipée d'un parc de machines neuf et de chaînes de montage. Dès l'année suivante, les 300 salariés fabriquent 50 000 montres et 10 000 micromoteurs électriques. En 1946, un bâtiment abritant les services administratifs et commerciaux est construit contre le pignon nord de l'atelier primitif, d'après un dessin d'un dénommé Grosborne. L'année suivante, un bâtiment à usage des services d'entretien (bureau, menuiserie, électricité, serrurerie, peinture) est construit par l'entreprise Ciglia à l'angle de la rue Beauregard. En milieu d'année 1948 est mise en service une chaîne de fabrication continue des platines de montres. En 1950, la société Lip installe sa première ligne mécanique d'assemblage de mouvements et présente, en 1952, l'Electronic, la première montre électrique au monde. La production atteint 180 000 montres en 1952.

En 1954, la société emploie 1250 personnes, dont 900 à l'usine de la rue des Chalets. Le parc machines (production) compte alors 7 machines à pointer, 157 fraiseuses, étaux-limeurs et perceuses radiales, 26 presses, 1252 machines d'usinage et 1442 machines de mécanique et de production. Le matériel de contrôle compte 22 machines de laboratoire, 28 machines de matériel de contrôle, 79 machines électroniques et 129 appareils optiques. Un second atelier est construit au début des années 1950 dans le prolongement sud de celui situé au n°4 de la rue. La production de montres passe de 80 000 unités en 1946 à 170 000 en 1950, puis 270 000 unités en 1957. Elle monte à 470 000 pièces (montres et mouvements à ancre) en 1959, à laquelle il faut ajouter 136 000 micromoteurs électriques, 72 000 appareils d'automatisation pour matériel électroménager, des comparateurs, galvanomètres et des télé-manipulateurs magnétiques pour l'industrie nucléaire. Sur les 1500 personnes du groupe Lip, 1100 travaillent sur un des sites de Besançon.

Agrandie à 17 reprises, l'usine de la rue des Chalets est passée de 1000 à 10 000 m2 de surface couverte, mais d'après Fred Lip, "l'usine est devenue un dédale d'escaliers et de couloirs, accessoirement, des ateliers [...] Cette situation est incompatible avec l'horlogerie moderne qui exige des fabrications mécanisées, contrôlées et montées en chaîne". Limitée dans ses possibilités d'extension rue des Chalets, la société Lip acquiert en 1953 un terrain de 7 hectares situé au lieu-dit Le château de Palente, afin d'y construire une nouvelle usine d'horlogerie. La société fabrique 400 000 montres en 1958. En 1960, le groupe Lip possède quatre usines : deux à Besançon, dont une en construction à Palente dite Lip III (IA25001830), une à Issoudun et une à Grenoble. Elle possède aussi trois filiales en France (Pignons Français SA 23 rue de la Mouillère à Besançon (IA25001737), SOC à Ornans (IA25001557) et Technic Ebauche à Maîche (IA25001376)) et quatre filiales étrangères (Genève, Bruxelles, Milan, New-York).

Les bâtiments ont été convertis en logements (n°5 et 7), ceux situés à l'est de la rue abritant diverses activités et services (commerces, salles de sport et salle cultuelle, logements). Le bâtiment des services d'entretien situé à l'angle de la rue Beauregard est occupé par le centre Pierre Mendès France.

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Périodes

  • Principale1er quart 20e siècle
  • Principale2e quart 20e siècle

Auteurs

  • Auteur Ciglia, entrepreneur  / attribution par source

Description

Construit au début du 20e siècle, l'atelier de fabrication (n°5-7) est bâti en moellon de calcaire enduit. Le rez-de-chaussée et l'étage carré ont été rehaussés d'un second étage (avant 1933). Il est couvert d'un toit à longs pans en tuile mécanique. Ce bâtiment est flanqué sur sa façade postérieure de deux ateliers (dont un en L), construits en béton armé, à trois étages carrés et couverts d'un toit-terrasse. Contre son pignon nord a été construit perpendiculairement, après la Seconde Guerre, un bâtiment de trois étages carrés couvert d'un toit à croupes. Les ateliers situés en fond de cour, à l'est de la rue des Chalets (n°4B), vraisemblablement construits dans les années 1920, ont trois étages carrés et sont couverts d'un appentis en tuile mécanique. L'atelier sur rue (n°4) construit dans les années 1940 possède une ossature en béton armé, avec un étage de soubassement (parement en moellon de calcaire) et deux étages carrés. Il est couvert d'un toit à longs pans, croupes et tuile mécanique. Dans la cour du n°4 et 4B ont été construits des ateliers couverts de sheds. Le bâtiment des services d'entretien (1947), construit en parpaing de béton et béton armé, comprend un étage de soubassement et un étage carré, et est couvert en terrasse.

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  • Mursmaçonnerie / enduit / béton / béton armé / béton / parpaing de béton
  • Toittuile mécanique / ciment amiante en couverture / béton en couverture / verre en couverture
  • Étagesétage de soubassement / 3 étages carrés
  • Couvrements
  • Couverturesterrasse / toit à longs pans / croupe / appentis / shed
  • Énergiesénergie électrique / achetée

Documentation

Documents d’archives

  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 2 F 9 Horlogerie (an II-1882)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 2 F 9
  • Archives communales, Besançon, 7 F3 Mouvements de grève et conflits du travail (1884-1953)
    Lieu de conservation : Archives communales, Besançon  - Cote du document : 7 F3
  • 3 P 57 Cadastre de la commune de Besançon, 1835-1976- 3 P 845/1-9 : Atlas parcellaire (1833-1834)- 3 P 57/1-3 : Registre des états de sections (1835)- 3 P 57/4-18 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties (1835-1914)- 3 P 57/32-41 : Matrice cadastrale des propriétés bâties (1882-1910)- 3 P 57/76-116 : Matrice cadastrale des propriétés bâties (1911-1965)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 57
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 1 T 21 Autorisations d'occupation du sol (permis de construire, etc.) (1947)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 1 T 21
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 4 U 5/236 Justice de paix de Besançon Nord. Actes de société (1930-1932)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 4 U 5/236
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 312 W 23 Établissements classés (1960-1970)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 312 W 23
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 336 W 10 Établissements classés (1954-1971)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 336 W 10
  • Archives communales, Besançon : 958 W 12. Casier sanitaire. Immeuble 4-5 rue Chalets (1913-1947)
    Lieu de conservation : Archives communales, Besançon  - Cote du document : 958 W 13
  • Archives communales, Besançon, 5 Z 20 Fonds Lip. Documentation générale (1950-1969)
    Lieu de conservation : Archives communales, Besançon  - Cote du document : 5 Z 20
  • Les ébauches françaises (les calibres français) / Documentation réunie par : Christian Johanet. - Paris : Revue française des Bijoutiers Horlogers, Pierre Johanet, s.d. [1947]. 100 p. : ill.; 21 x 27 cm.
    Lieu de conservation : Musée de l'Horlogerie, Morteau
  • Les ébauches françaises (les calibres français) / Documentation réunie par : Christian Johanet. - Paris : Revue française des Bijoutiers Horlogers, Pierre Johanet, s.d. [1947]. 100 p. : ill.; 21 x 27 cm.
    Lieu de conservation : Musée de l'Horlogerie, Morteau

Bibliographie

  • Chambre de Commerce de Besançon et du Doubs. Revue Mensuelle.
  • Charles Piaget et les Lip racontent, Paris : Stock, 1973, 219 p.
  • Coustans, Marie-Pia ; Galazzo Daniel. Lip, des heures à conter. - Grenoble : Glénat, 2017, 223 p.
  • Daguerre D. La nouvelle usine Lip-Palente. Revue française des bijoutiers-horlogers, n°241,novembre 1960, p. 85-89.
  • La France horlogère, journal bi-mensuel.
  • Le département du Doubs. - [S.l.] : [s.n.], 1923 : ill. N° spécial de « L'Illustration économique et financière », supplément du 4 août 1923
  • Lip : 110 ans d'histoire : condensé historique. [Besançon] : [Association des amis de Lip], s.d. [1977].
  • Lip / [Etablissements Lip] ; préf. de Fred Lip. Brochure présentant les départements horlogerie, industrie, armement ainsi que les filiales et les différentes usines avec leur localisation, s.d. [vers 1955], 47 p.
  • Neuschwander Claude, Bordet Gaston. Lip vingt ans après (1973-1993) : propos sur le chômage. - Paris : Syros, 1993, 247, p.
  • Panorama de l'industrie horlogère mondiale. Besançon : société Lip, 1954, n.p.
  • Toillon Eveline. Besançon, ville horlogère. - Joué-lès-Tours : A. Sutton, 2000. Collection Parcours et labeurs.
  • Une visite aux usines Lip. La France horlogère, 36e année, n°19, 1er octobre 1937, p. 29-32.
  • Une visite aux usines Lip. - Besançon : Lip, s.d. [1956]. Brochure distribuée aux personnes qui avaient visité l'usine Lip, expliquant les diverses phases de la production des montres.
  • Zunino Florence. Les sociétés horlogères de l'arrondissement de Besançon (1883-1914). Mémoire de maîtrise, histoire contemporaine, Faculté de Lettres de Besançon, 1989.
  •  

Annexe(s)

  • Fiche technique des calibres Lip T 12 et T 18 [+]
  • Fiche technique du calibre Lip 403 [+]
  • Liste des pièces communes à tous les calibres en 1947 [+]

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée, , propriété publique
  • Précision statut, ,

Désignation

  • Dénomination(s)usine d'horlogerie, usine de mécanique de précision
  • Parties constituantes non étudiéesbureau, atelier de fabrication

Localisation

  • CommuneBesançon
  • Adresse 4 à 7 rue des Chalets
  • Milieu d'implantationen ville
  • Lieu-dit
  • Aire d'étude et cantonBesançon industriel

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Favereaux Raphaël
  • Date de l'étude2017