Patrimoine en Franche-Comté - Usine métallurgique dite forges de Clerval

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Usine métallurgique dite forges de Clerval

21 avenue Gaston Renaud
25 - Clerval
Dossier IA25001089 réalisé en 2014

Illustrations

Historique

Le moulin Monnot, établi sur un petit affluent de la rive droite du Doubs, est attesté en 1527. En 1819, les frères Charles-Louis et Auguste Bouchot, maîtres de forge, demandent l'autorisation d'établir un haut fourneau et un martinet à l'emplacement du moulin Monnot qu'ils ont récemment acquis. L'ordonnance royale du 16 juillet 1823 autorise la construction de "l'usine à fer de Clerval comportant un haut fourneau et un patouillet [lavoir à minerai]". La soufflerie du haut fourneau est actionnée par une machine à vapeur de 8 chevaux. La production atteint 500 tonnes de fonte brute en 1831. Un second haut fourneau est construit en 1836, même si l'ordonnance royale autorisant son maintien n'est signée que le 15 mai 1842. Sa soufflerie est mise en jeu par une machine à vapeur de 8 chevaux, dont l'autorisation préfectorale est datée du 26 mai 1836. Sa chaudière, construite par la Cie des Forges et Fonderies du Creusot, est chauffée par la chaleur perdue du premier haut fourneau. En 1842, la production atteint 350 tonnes de fonte brute et 650 tonnes de fonte moulée (de première fusion). L'usine métallurgique emploie 45 ouvriers en 1847. Plusieurs maisons sont successivement construites sur le site en 1836, 1844, 1852 et 1854. Une habitation ouvrière abritant dix logements, bâtie légèrement à l'ouest, est inaugurée en 1857. L'usine métallurgique est acquise en 1859 par la Compagnie des Forges d'Audincourt (IA00014830). Une halle à charbon et une maison sont construites en 1861. En 1867, les installations sont mises en jeu par une machine à vapeur de 30 chevaux. La production de l'année 1866 atteint 364 tonnes en fonte moulée. En 1878, l'établissement se compose d'un haut fourneau, d'une fonderie de première et de seconde fusion avec deux cubilots, et d'un atelier de tournage et d'ajustage. Il emploie 120 ouvriers et produit annuellement 1900 tonnes de fonte brute, transformées en 1200 tonnes de pièces et articles de seconde fusion. Entre 1876 et 1884, la fabrication est spécialisée dans les projectiles pour l'artillerie. En octobre 1879, la Compagnie des Forges d'Audincourt acquiert l'ancien moulin de Clerval, situé sur la rive gauche du Doubs, avec l'intention d'utiliser la force hydraulique de la chute du barrage. En 1883, l'effectif est de 109 hommes, trois femmes et huit enfants. La production de fonte est arrêtée en 1883, et l'usine s'oriente vers la fonderie de seconde fusion et la construction mécanique. En 1887, la matrice cadastrale signale la présence d'une "fonderie, sablerie, étuve, abri pour locomobile, abri casse-fonte, ateliers d'ébarbage, d'ajustage, de charronnage et de maréchalerie, pont-bascule, halle, halle double, haut fourneau, magasin bois, logements divers, maison de gérant et maison de comptable et écuries". L'usine, ainsi que la chute du moulin de Clerval, sont vendues le 1er août 1904 aux associés Gustave Masson et Auguste Pierson. L'année suivante, l'ensemble est acheté par la société anonyme des Fonderies de Clerval, fondée par le marquis de Moustier. Une petite centrale hydroélectrique est construite en 1905 sur le bief de dérivation du moulin, en rive gauche du Doubs. En 1910, la société ouvre un atelier de fabrication de brides forgées et de colliers-supports pour canalisation et conduites d'eau, gaz, air comprimé, vapeur haute pression, etc. Une petite forge et un atelier d'outillage sont construits en 1910-1911. A partir de 1912, l'électricité produite sur le Doubs est envoyée par voie aérienne à la fonderie. Une maison ouvrière est bâtie en 1920 (actuelle rue de Santoche). A la fin des années 1920, l'usine emploie 90 ouvriers et fabrique des pièces en fonte (poulies, engrenages, portes de four à pain, cuves) et des machines (broyeurs à sable et à pierre, scies à ruban, machines à tresser les cordes). Elle ferme ses portes en 1936. Le site est acheté et occupé par une scierie, puis par les Ets Borel en 1942, et par la scierie François Marc en 1943. Après la Seconde Guerre, la société Fabrique de machines de matériel agricole et industriel (FMMAI) s'implante sur le site, à laquelle succède l'entreprise Plastival, fondée en 1953 par Henri de Moustier (fabrication de tuyaux d'arrosage, de tuyaux rigides, puis de lames de volets roulants). Elle devient le leader français de l'extrusion de profilés en pvc. L'effectif passe de 60 salariés en 1964 à 130 en 1980, et l'usine s'agrandit progressivement. Plastival abandonne le site en 1990 pour une nouvelle usine implantée route de Santoche. Les lieux sont occupés pendant une dizaine d'années par l'équipementier automobile HBS (devenue Delfingen), implantée à Anteuil. En 2005, la société Streit, spécialisée dans la conception, l'usinage et l'assemblage de composants mécaniques, reprend les locaux et fait construire un nouveau siège social.

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Périodes

  • Principale1er quart 19e siècle
  • Principale2e quart 19e siècle
  • Principale3e quart 19e siècle
  • Principale1er quart 20e siècle
  • Principale3e quart 20e siècle
  • Principale1er quart 21e siècle

Dates

  • 1836daté par source
  • 1844daté par source
  • 1852daté par source
  • 1854daté par source
  • 1857daté par source
  • 1905daté par source
  • 1920daté par source

Description

L'ancien bâtiment de conciergerie est construit en moellon de calcaire enduit, à un étage carré, et est couvert d'un toit à longs pans et demi-croupes. Bâti en moellon de calcaire enduit, l'atelier de fabrication des brides est partiellement construit en rez-de-chaussée, partiellement pourvu d'un étage carré. Couvert de toits à longs pans en tuile plate et tuile mécanique, il est ajouré de larges baies couvertes d'arcs segmentaires en brique. Le logement ouvrier bâti en 1857 est situé aux n°1 à 9 rue du Quartier. Construit en moellon de calcaire enduit, il possède un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage en surcroît. Le logement collectif situé aux n°13 à 17 rue de Santoche abritait 4 appartements, répartis sur un rez-de-chaussée et un étage en surcroît. Le logement construit dans la même rue en 1920 est pourvu d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée surélevé et d'un étage en surcroît.

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  • Murscalcaire / moellon / enduit
  • Toittuile mécanique / fer en couverture / tuile plate
  • Étages3 étages carrés / sous-sol / rez-de-chaussée surélevé / étage en surcroît
  • Couverturestoit à longs pans / demi-croupe
  • Énergiesénergie thermique / produite sur place / énergie électrique / produite à distance

Documentation

Documents d’archives

  • Archives nationales, Paris : F 14/4344 Usines métallurgiques. Usine à fer de Bouchot frères [...]. Dossier 19 (1819-1842).
    Lieu de conservation : Archives nationales, Paris  - Cote du document : F 14/4344
  • 3 P 157/2-4 Matrices cadastrales des propriétés bâties XIXe siècle
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 157/2-4
  • 3 P 157/5 Matrices cadastrales des propriétés bâties (1882-1910)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 157/5
  • 3 P 157/8 Matrices cadastrales des propriétés bâties (1911-1945)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 157/8
  • Archives départementales du Doubs, Besançon : M 2369 Enquêtes sur les industries principales (1883)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : M 2369
  • M 3044 Travail et main d'œuvre, 1926-1930
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : M 3044
  • Sp 47 Entreprises de distribution d'énergie électrique (1912-1916).
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : Sp 47
  • 428 S 2 Usines métallurgiques (1842)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 428 S 2
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 431 S 1 Appareils à vapeur
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 431 S 1

Bibliographie

  • Bourin F. Cie des Forges d'Audincourt et dépendances - Notice historique, rédigée par ordre du CA, 1909.
  • Courtieu, Jean (dir.). Dictionnaire des communes du département du Doubs. - Besançon : Cêtre, 1982-1987. 6 t., 3566 p. : ill. ; 24 cm.
  • Lassus, François. Les établissements métallurgiques en Franche-Comté aux XVIIe et XIXe siècles. - Besançon : Faculté des Lettres de Besançon, 1968. Mémoire de maîtrise d'Histoire.
  • Le département du Doubs. - [S.l.] : [s.n.], 1923 : ill. N° spécial de « L'Illustration économique et financière », supplément du 4 août 1923
  • Microcentrales hydroélectriques, valorisation industrielle franc?comtoise [Rapport du cabinet Reilé] / ARID (Association des Riverains Industriels du Doubs), 2009.
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Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)usine métallurgique, fonderie
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, logement, magasin industriel, cité ouvrière

Localisation

  • CommuneClerval
  • Adresse 21 avenue Gaston Renaud
  • Milieu d'implantationen village
  • Lieu-dit
  • Aire d'étude et cantonVallées, plateaux et montagnes du Doubs - Clerval
  • Hydrographieruisseau de le Monnot - dérivation du Doubs

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Favereaux Raphaël
  • Date de l'étude2014

Voir aussi

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