Patrimoine en Franche-Comté - Tuilerie-briqueterie Migeon, actuellement tuilerie Wienerberger

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Tuilerie-briqueterie Migeon, actuellement tuilerie Wienerberger

route de Mercey
25 - Lantenne-Vertière
Dossier IA25001615 réalisé en 2016

Illustrations

Historique

En 1663, le duc Antoine d'Aumont, seigneur de Lantenne, "baille et laisse à titre d'acensement perpétuel à maître André Romilly une place de terre de la contenance d'environ six journaux […]. A charge, par ledit retenant, de faire et construire une tuilerie avec son fourneau". La tuilerie est affermée à divers tuiliers sous l'Ancien Régime. Elle appartient au début du 19e siècle à Ferréol Sage, puis à sa veuve née Anne Chalandre, dont les enfants (et gendres) poursuivent l'exploitation. En 1842, la tuilerie produit 140 000 tuiles et 10 000 briques, avec 308 stères de bois. Elle apparaît en 1852 sous le nom de Chalandre et Simon, du nom du gendre d'Anne Chalandre. Un four à chaux est annexé à la tuilerie en 1869. L'établissement est acquis par Paul François Migeon en 1882, qui achète en 1900 le bois du Chanois et la parcelle au lieu-dit Bouquinerie (future carrière d'argile). La matrice cadastrale signale la construction d'une maison, d'un hangar et d'un four à brique, vraisemblablement en 1898.

Paul succède à son père au début du 20e siècle. Une machine à vapeur est signalée en 1914, probablement pour actionner les machines de malaxage (peut-être la mouleuse). La tuilerie emploie 10 personnes en 1916. L'année suivante, elle est louée à Félix Guignaud, puis à Emile Déprez, mais elle cesse de fonctionner vers 1925. Relancée par Paul Migeon en 1928-1929, la tuilerie est dirigée à partir de 1931 par son fils Albert, ingénieur des Arts et Métiers à Cluny. Un transformateur électrique, construit vers 1928, atteste l'électrification de l'outil de production. Au début des années 1930, Albert Migeon fait construire le premier four (à charbon) à feu continu et modernise le parc de machines. La terre est extraite de la carrière à la pioche et convoyée par wagonnets. Outre les tuiles, l'usine fabrique aussi des pavés d'écurie et divers types de briques : pleines ou creuses, pour hourdis ou plafonds suspendus (cancalons). Albert met au point une fosse à terre dite « fosse Migeon » et un four à feu continu et mobile.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'usine continue de moderniser son outil de production. En 1960, elle fabrique quotidiennement 50 tonnes de produit mais se consacre exclusivement à la fabrication de tuiles. Une seconde tuilerie fonctionne dans la commune proche de Franois de 1963 à 1989. Alain Migeon, fils d'Albert, et son beau-frère Philippe Lafaurie entrent dans la société et en prennent progressivement la direction. Vers 1970, la production moyenne atteint 6000 tuiles par jour. Un nouveau four tunnel de 110 m3, alimenté au fuel lourd, est installé vers 1975. A cette date, l'usine s'étend sur 2000 m², emploie 56 personnes, et fabrique journellement 80 tonnes de produits avec deux lignes de moulage-pressage. Afin de réaliser de coûteux investissements (four à joint d'eau et cuisson à plat), la société Albert Migeon et Cie entre en 1984 dans le giron du groupe suisse Laufen. La tuilerie fabrique alors annuellement 12 à 13 millions de tuiles avec 90 000 tonnes de terre.

Une nouvelle unité de production (dite UL 2) est construite en 1989-1990 à l'ouest du site, permettant de doubler la fabrication, soit 26 millions de pièces par an. Totalement automatisée, elle est équipée d'un four à joint d'eau Hydro-casing (dit "four piscine"), permettant une cuisson à haute pression (donc plus rapide), et de presses hydrauliques à table rotative horizontale. Des bureaux sont construits au nord-est du bâtiment. Cet ensemble est complété en 1989 par une fosse à terre automatisée, et l'année suivante par la construction d'une unité de préparation de la terre au sud, elle aussi complètement automatisée. En 1994 est inaugurée une nouvelle unité de production (dite UL 3) comprenant des presses, la plâtrerie et les séchoirs. Elle a été modernisée en 2007. Au milieu des années 1990, alors que la société s'ouvre à l'export, l'usine fabrique 100 000 tuiles par jour. La quatrième unité, dite UL4, est ouverte en 1998, équipée d'une presse à barillet, d'un four à joint d'eau Hydro-casing et d'un séchoir tunnel. En 1998, la tuilerie rejoint le groupe Koramic. La dernière unité (UL 5), construite en 2006-2007, permet d'augmenter encore la production.

La tuilerie de Lantenne-Vertière appartient depuis 2008 au groupe international Wienerberger. La capacité de production quotidienne atteint 150 00 tuiles et "accessoires" en terre cuite, soit 55 millions de pièces par an. L'effectif est passé de 60 personnes en 1984, à 170 en 1999 et 180 en 2016.

Processus de fabrication

La carrière s'étend au sud-est de la tuilerie sur une superficie de 60 hectares. D'avril à octobre, on y extrait quotidiennement 500 tonnes de marne noire et d'argile jaune. L'extraction de la terre est effectuée depuis les années 1990 par une société extérieure. Les terres sont déversées par chargeuses sur pneus dans l'unité de préparation où elles passent dans des doseurs qui effectuent le mélange. Outre la marne noire (70%) et l'argile jaune (18%), ce mélange intègre de l'argile dite de Gerhardt (12%), acheminée d'Allemagne, à hauteur de 12%. Les terres passent dans un brise-mottes et sont pesées avant d'être envoyées par convoyeur dans un broyeur à meules. Après avoir été écrasées à travers des plaques perforées, les terres passent dans deux laminoirs (dégrossisseur et finisseur) et sont homogénéisées dans un malaxeur filtre. Le mélange est envoyé dans une fosse à terre, où s'opère la maturation (pourrissement et stabilisation des réactions de la matière). Elle sert aussi de fosse tampon, où la terre est déversée par un pont jeteur en couches successives, qui seront reprises en sens inverse par un excavateur. Le mélange est ensuite expédié dans un malaxeur râpeur, avant d'être déversé dans une mouleuse. Les bandes de terre continue sont découpées par fil, et les galettes partent vers le pressage (presses Rieter). Le produit pressé est déposé sur une planchette adaptée à sa forme, et empilé sur des wagons métalliques, qui sont convoyés dans un séchoir tunnel. Le produit est envoyé à la station d'engobage, chaîne de cabines où les engobes liquides ou solides sont projetés pour donner une teinte différente du rouge naturel. L'élément est alors déposé sur un support réfractaire individuel, empilé dans des wagons réfractaires qui partent pour la cuisson dans le four tunnel "piscine". Les produits passent ensuite au contrôle et sont conditionnés, palettisés et cerclés.

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Périodes

  • Principalemilieu 20e siècle
  • Principale4e quart 20e siècle
  • Principale1er quart 21e siècle
  • Principale4e quart 19e siècle
  • Principale2e quart 20e siècle

Description

Tous les ateliers sont construits en rez-de-chaussée et couverts de toits à longs pans (matériaux synthétique, tuile mécanique ou ciment amiante) soutenus par des charpentes métalliques. L'atelier le plus ancien (UL 1), datant peut-être du milieu du 20e siècle, est construit en brique creuse. L'unité de fabrication UL 3 a été implantée en 1994 dans un atelier plus ancien, dont les murs-pignons nord sont construits en brique creuse. Les autres unités de fabrication construites à la fin du 20e et au début du 21e siècle sont pourvues d'une ossature hourdées de brique, de tôle ou de matériaux synthétiques. Le laboratoire est construit en parpaing de béton enduit et couvert d'un toit à croupes.

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  • Mursbrique creuse / béton / parpaing de béton / enduit / fer / pan de fer / essentage de tôle / matériau synthétique en gros oeuvre
  • Toittuile mécanique / matériau synthétique en couverture / ciment amiante en couverture
  • Étagesen rez-de-chaussée
  • Couvrementscharpente métallique apparente
  • Couverturestoit à longs pans / appentis
  • Énergiesénergie thermique / produite sur place / énergie électrique / achetée

Documentation

Documents d’archives

  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 3 P 327/1 Etat de sections (1839)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 327/1
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 3 P 327/2-3 Matrice des propriétés foncières bâties et non bâties (19e siècle)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 327/2-3
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 3 P 327/4 Matrice des propriétés bâties (1882-1910)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 327/4
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 3 P 327/7 Matrice des propriétés bâties (1911-1930)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 327/7
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 1017 W 23 Etablissements classés (1975)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 1017 W 23

Bibliographie

  • Annuaire du Doubs, 1842.
  • Barbe, Noël. Variations sur la terre, l'eau, le feu et les pores. Barbizier. Revue régionale d'ethnologie franc-comtoise, 1994, n°20, p. 483-509.
  • Courtieu, Jean (dir.). Dictionnaire des communes du département du Doubs. - Besançon : Cêtre, 1982-1987. 6 t., 3566 p. : ill. ; 24 cm.
  • Lafaurie, Madeleine. La famille Migeon prend le relais. Barbizier. Revue régionale d'ethnologie franc-comtoise, 1994, n°20, p. 581-588
  • Voinot, Jacques. Tuileries anciennes de Franche-Comté : Lantenne-Vertière. Barbizier. Revue régionale d'ethnologie franc-comtoise, 1994, n°20, p. 514-567.

Témoignages oraux

  • Mouette Pascal, salarié, Lantenne-Vertière, 2015.
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Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété d'une société privée,
  • Précision statut,

Désignation

  • Dénomination(s)tuilerie, briqueterie
  • Parties constituantes non étudiéescarrière, atelier de fabrication, four industriel, bureau, laboratoire, aire des produits manufacturés

Localisation

  • CommuneLantenne-Vertière
  • Adresse route de Mercey
  • Milieu d'implantationisolé
  • Lieu-dit
  • Aire d'étude et cantonVallées, plateaux et montagnes du Doubs - Audeux

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Favereaux Raphaël
  • Date de l'étude2015

Voir aussi

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