Patrimoine en Franche-Comté - Moulin à blé, usine de chaudronnerie et scierie Vermot-Desroches, puis scierie Gaiffe ou de la Cofreco, actuellement Faivre

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Moulin à blé, usine de chaudronnerie et scierie Vermot-Desroches, puis scierie Gaiffe ou de la Cofreco, actuellement Faivre

Illustrations

Historique

Appartenant aux héritiers du cultivateur Pierre Joseph Vermot-Desroches (vers 1735-1792) lors de la confection du plan cadastral de 1814, le site comporte trois bâtiments : une forge (D 267), une "scie à eau" (D 268) et un moulin (D 265). Il passe à un fils de Pierre Joseph, Charles Ambroise (1771-1864), taillandier de son état, qui demande en 1821 l'autorisation de "changer la destination de son usine en y ajoutant le travail du cuivre". A cette date, l'établissement est desservi par deux canaux : un petit amène l'eau sur la roue d'un soufflet établi dans la forge située dans le bâtiment sud, un autre s'élargit pour former bassin de retenue d'où l'eau est distribuée (par trois vannes) au martinet installé dans la forge et (par une vanne) à la scierie bâtie au nord, à cheval sur le ruisseau la Douve. La statistique hydraulique signale "1 forge à 5 martinets pour la cuivrerie, 1 scierie à 2 lames et 2 circulaires, 1 moulin à 1 tournant" avec en observation : "chômage, et par suite, il manque d'activité dans la fabrication". Le site passe vers 1852 à deux fils de Charles Ambroise : Bernard (1822-1890) et Louis (1824-1904), dits négociants (et cultivateur pour ce dernier). Une maison est bâtie au début des années 1860 tandis que la forge, située sur le tracé de la route, est démolie au milieu de la décennie et remplacée par un martinet (la matrice cadastrale enregistre pour sa part un agrandissement du martinet en 1860) ; l'équipement se compose toujours de scies, scies circulaires et martinets. Lorsque Bernard reprend le moulin et la scierie acquis vers 1849 par leur frère Elie (1819-?) et situés en amont (future usine Sauge), Louis exploite seul l'établissement, qu'il laisse vers 1890 à son fils Ulysse (1869-?), marié avec Marie Thérèse Morel. Le martinet a été agrandi vers 1886 (il sera transformé en simple atelier au milieu des années 1900), la maison l'est vers 1893 et une nouvelle scierie est bâtie en 1894 (date portée avec les initiales UV et TM) ; pour sa part, le moulin est converti en habitation à cette époque. Le site passe dans la deuxième moitié de la décennie 1900 à Emile Alexandre Chardon (1867-1956), également propriétaire de la scierie Chardon en amont, à l'exception de l'ancien moulin qui est acquis par Paul Moyse. Le tout revient au cours de la décennie suivante à Charles Vermot-Desroches (Charles Marcellin, 1892-1971 ?), lequel fait construite une villa vers 1920 (1914 ?) et un hangar vers 1923.

César Gaiffe (1892-1959) devient propriétaire du lieu au milieu des années Vingt (il tient également la scierie de Louadey - 2017 E 81, 204, 208 -, appartenant auparavant à Marcellin Vermot-Desroches et Charles Mamet, et sur le plan cadastral de 1814 à Claude Joseph Tirode). Il développe l'établissement : il agrandit les bâtiments existants ou en édifie de nouveaux vers 1945, 1947 et 1953 (le hangar sud-ouest est ainsi réalisé entre 1937 et 1951) tandis que l'ancien moulin, incendié au début des années 1950, est détruit. Ses fils Gérard et Henry lui succèdent et fondent en 1957 la société Cofreco, fabrique de coffrages en bois, transférée à Pontarlier en 1966. Cette période - fin des années 1950 et années 1960 - voit de nouvelles constructions : un bâtiment de stockage (400 m2) au nord-ouest, l'atelier de réparation au long de la route et, peut-être, les garages près de la villa. L'un des ouvriers de la Cofreco, René Faivre, achète le site à la fin 1966 et crée la société Sciage et Grumes, qui deviendra Scierie Faivre au début des années 1980 (actuellement Commerce Bois de Montagne Scierie Faivre Sarl). La maison des années 1860 est incendiée en 1981 ou 1982 (puis réparée) et le stockage en 2000, remplacé par un bâtiment plus grand (1 000 m2) ; au début des années 1990, un hangar est adossé contre le pignon occidental de l'ancienne scierie. En 2016, la scierie est une entreprise familiale, employant cinq frères, deux soeurs et un neveu. Elle débite environ 10 000 m3 de bois par an, uniquement du sapin et de l'épicéa. Son matériel comprend un chariot de découpe Zembrod (Baljer & Zembrod GmbH, à Altshausen, Bade-Wurtemberg, Allemagne), une écorceuse Segem (Saint-Quentin-Fallavier, Isère), un châssis multiple Möhringer (Wiesentheid, Bavière, Allemagne) et une déligneuse Remonnay (Villers-le-Lac). Dans l'ancien bâtiment se trouvent en outre un châssis multiple Esterer AG (Altötting, Bavière, Allemagne), une grande raboteuse J. Adolf Bäuerle (Oberkochen, Bade-Wurtemberg, Allemagne), une petite raboteuse Guillet et Fils (Auxerre, Yonne), deux scies circulaires Socolest (Société de Constructions mécaniques de l'Est, à Valdoie, Territoire de Belfort), une scie circulaire Sicm Chambon (Cousance, Jura), une scie à ruban italienne Cattini Enzo Srl.

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Périodes

  • Principale4e quart 19e siècle
  • Principale1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle, 3e quart 20e siècle, 4e quart 19e siècle, 1er quart 21e siècle

Dates

  • 1894porte la date
  • 2000daté par tradition orale

Description

Issus de nombreuses campagnes de construction ou modification, les bâtiments sont assez hétérogènes. Les plus anciens ont des murs en moellons calcaires, enduits ou non, éventuellement avec pan de bois et essentage de planches, voire même un lattis enduit pour l'atelier d'affûtage. Sur deux niveaux, ils sont coiffés de toits à longs pans (toit à un pan sur la maison) et pignons couverts (croupe à l'extrémité occidentale de l'affûtage), à couverture en acier, tuiles mécaniques ou tuiles plates (affûtage). Les divers hangars ou corps de bâtiment similaires associent pan de bois (ou de fer), essentage de planches ou de matériau synthétique, charpente en bois apparente (en lamellé collé des Ets Simonin dans le cas de l'atelier de fabrication bâti en 2000), toit à longs pans et pignons couverts (éventuellement toit à un pan ou appentis), couverture en acier, tôle ondulée ou tuile mécanique. Le bureau et les garages sont en béton enduit avec toit terrasse dans le même matériau ; les parpaings de béton sont également utilisés sur le site. En moellons calcaires enduits, la villa est couverte d'un toit à longs pans, demi-croupes et tuiles mécaniques. Elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé (accessible par un escalier symétrique), un étage carré et un étage en surcroît, desservis par un escalier dans-oeuvre. Les baies sont rectangulaires au deux premiers niveaux, en arc segmentaire aux deux suivants.

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  • Murscalcaire / moellon / enduit / bois / pan de bois / essentage de planches / fer / pan de fer / essentage de matériau synthétique / béton / parpaing de béton / enduit
  • Toittuile mécanique / acier en couverture / tôle ondulée / tuile plate / béton en couverture
  • Étagesétage de soubassement / rez-de-chaussée surélevé / 1 étage carré / étage en surcroît
  • Couvrementscharpente en bois apparente
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / pignon couvert / demi-croupe / croupe / noue / toit à un pan / appentis
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier de distribution extérieur / escalier symétrique / en maçonnerie
  • Énergiesénergie hydraulique / produite sur place / énergie électrique / achetée

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 404 Cadastre de la commune de Montlebon, 1814-1965- 3 P 404 : Atlas parcellaire (24 feuilles), dessin (plume, lavis), par le géomètre du cadastre Vial, 1814 (sections A-E) et 1818 (sections F-G)- 3 P 404/1-2 : Registre des états de sections, s.d. [1822 ?]- 3 P 404/3, 6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1822-1874- 3 P 404/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1875-1914- 3 P 404/7 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 404/8 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1914-1965- 3 P 404/9 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1965
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 404
  • 7 S 72 Cours d'eau et usines. Régime des eaux. Moulins-usines (1825-1896)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 7 S 72
  • Service hydraulique. Usines. Réglementation, autorisations de travaux (an III-1897)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : Sp 742
  • Statistique de l'utilisation de la force motrice des eaux. In Annuaire départemental du Doubs pour 1852, 40e année, 1851, p. 103-158.

Documents figurés

  • Plan et nivellement relatifs à la demande en changement de destination d'une usine par le sieur Vermot Des Roches, propriétaire habitant de la commune de Montlebon, dessin (plume), par l'ingénieur Vauquelin, Besançon le 27 janvier 1822, échelles 1/500, 1/200 et 1/50, 47,5 x 63 cm
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : Sp 742
  • Plan. Extrait du cadastre de la commune de Montlebon pour servir à l'intelligence de la demande formée par les Srs Vermot-des-Roches Daniel et Joseph, propriétaires domiciliés dans la commune de Montlebon, pour obtenir l'autorisation de construire une usine sur leur propriété sise au lieu dit la Défaite, territoire de la commune de Montlebon, dessin (plume, lavis), par [illisible], Montlebon le 29 septembre 1861, 1/1 250, 31 x 42 cm
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 7 S 72
  • Commune de Montlebon. Règlement d'eau de l'usine projetée par les Srs Vermot Desroches. Plan, profils en long et en travers, dessin sur calque (plume, lavis), par l'ingénieur ordinaire Cuvinot, Besançon le 17 mars 1863, échelles 1/2 500, 1/250 et 1/200, 31 x 50,5 cm. Calque (en très mauvais état) également dans la liasse Sp 742.
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 7 S 72
  • Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr)

Bibliographie

  • Courtieu, Jean (dir.). Dictionnaire des communes du département du Doubs. - Besançon : Cêtre, 1982-1987. 6 t., 3566 p. : ill. ; 24 cm.

Documents multimédias

  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

Témoignages oraux

  • Faivre Philippe, co-dirigeant de la scierie Faivre. Montlebon
  • Sauge Gabriel, fils d'Emile Sauge et ancien responsable de la société Sauge. Montlebon
  •  

Lien(s) web

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)moulin à blé, usine de chaudronnerie, scierie
  • Parties constituantes non étudiéesaire de fabrication, aire des matières premières, aire des produits manufacturés, atelier de fabrication, atelier de réparation, bureau, hangar industriel, silo, transformateur, maison, garage

Localisation

  • CommuneMontlebon
  • Milieu d'implantationen écart
  • Lieu-dit Derrière le Mont
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau
  • Hydrographieruisseau de la Douve

Étude

  • Copyright© Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2016