Patrimoine en Franche-Comté - Usine d'horlogerie (usine de montres et de roues de cylindre puis d'ancre) Emile Walcker, Pasquier Frères puis Abel et Ernest Monnin

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Usine d'horlogerie (usine de montres et de roues de cylindre puis d'ancre) Emile Walcker, Pasquier Frères puis Abel et Ernest Monnin

11 rue de l' Eglise
25 - Charquemont
Dossier IA25001200 réalisé en 2014

Illustrations

Historique

Associé à la maison Deleule, de Morteau, Emile Walcker (marié en 1914 à Marie Annette Walcker) est spécialisé dans le montage des montres, en acier et argent, dont il a fait breveter un modèle avec aiguille des secondes au centre. Il est récompensé par une médaille à Besançon en 1893, lors du centenaire de l'horlogerie. Il ajoute à cette activité vers 1896 la fabrication des roues de cylindre et commercialise également des "montres économiques" qu'il laisse à l'essai à ses clients. A la fin du 19e siècle ou au tout début du 20e (vers 1902 ?), Walcker fait construire son usine (cadastrée E 144), qui totalise 50 ouvertures sur deux niveaux, juste à côté de la maison (E 65) qu'il a acheté vers 1901 à Alcime Binétruy (et qui abritera l'entreprise de Paul Wasner). Son affaire est alors, avec une quarantaine de personnes, l'une des plus importantes de Charquemont.

Selon Bernard Vuillet, l'usine serait due à la société Neukomm et Struchen regroupant Ernest Struchen, fils du doreur de mouvements et boîtes de montre Charles (Christian ?) Struchen, et un horloger nommé Neukomm. Cette entreprise fabriquait pendants, couronnes, anneaux et aiguilles de montre dans un bâtiment représenté (sur leur papier à en-tête) en rez-de-chaussée, avec une façade antérieure percée d'une porte centrale encadrée de chaque côté par six fenêtres accolées et un mur pignon ouvert lui aussi de six fenêtres accolées. Struchen s'installera par la suite Rue Neuve, avec son beau-père Paul Loichot directeur de l'Union ouvrière.

L'entreprise Walcker disparaît à la première guerre mondiale.

Un temps occupé par le fabricant d'ébauches de roues de cylindre Eugène Chapatte (qui s'installera ensuite dans l'usine Pagès et Wittver du 13 rue de la Gare), le bâtiment est acquis en 1919 par la famille Pasquier, originaire du Pâquier-Montbarry (canton de Fribourg, Suisse). En effet, ouvriers à domicile pour la maison Gaston Maillot (qu'ils retrouveront en 1932 au sein du comptoir de vente Cyrax, au 6 rue Cuvier), les frères Pasquier (Laurent, né en 1892, et Paul, né en 1894) créent leur propre fabrique d'assortiments (échappements) et l'installent dans l'usine. La matrice cadastrale enregistre comme propriétaire en 1919 Mme Pasquier née Tatu (leur mère, Marceline Tatu mariée à Jacques Joseph Pasquier), en 1936 Paul et Eugénie (née en 1899) et leur beau-frère Georges Delavelle (né en 1916, époux de leur soeur Marie), en 1943 Paul Pasquier (ou Pasquier-Guigon après son mariage avec Hélène Guigon) et Georges Delavelle. Louis Pasquier (né en 1924 et fils de Laurent), successeur de la maison Pasquier Frères, y fabrique des assortiments à cylindre pivotés de 5 1/4 à 9 lignes puis il est autorisé, à compter de la fin mai 1950, à réaliser des montres (sous la marque Artis). Sa société, devenue Louis Pasquier et ses Fils dès 1951, part donc s'installer dans l'ancien atelier Fierobe, au 2 rue de l'Eglise (elle est cependant aussi signalée au 33 Grande Rue en 1960).

Elle est remplacée par un atelier de galvanoplastie : le 3 mai 1950, Joseph Nappey, fabricant de boîtes de montres à Charmauvillers et gérant de la société Coeurdor, déclare ouvrir dans la maison Delavelle-Pasquier (E 62 et 144) "un atelier où il sera procédé au dépôt électrolytique des métaux". Sarl au capital de 500 000 F et siège social au 10 rue des Villas à Besançon (sur un site abritant plusieurs entreprises), la société est transformée en SA le 30 décembre 1958. Elle quitte les lieux pour l'usine de la Maison Victorin Frésard, rue du Château, puis elle partira en 1974 pour Maîche, au 8 rue de la Batheuse.

Lui succède en 1956 la fabrique de montres d'Abel et Ernest Monnin, auparavant établie au 12 place de l'Hôtel de Ville. Exploitant les marques Omicron Watch et Mates, les frères Monnin (nés le premier en 1913, le second en 1916) s'associent au milieu des années 1960 avec quatre autres fabricants (à Charquemont la maison Léon-Georges Petit, à Morteau les Ets Michel-Amadry, Camille Mercier et Thalès SA) au sein de la Cofram (Compagnie française de Montres). Simple centrale d'achat à l'origine, ayant son siège social à Morteau, celle-ci deviendra aussi centrale de vente et offrira rapidement des services communs de fabrication (réglage automatisé, empierrage, etc.), chacun des associés fabriquant préférentiellement tel ou tel calibre ou fourniture et les revendant aux autres. Elle fermera dans les années 1980 (et disposera alors d'un atelier à Guyans-Vennes). En juin 1969, Abel et Ernest ouvrent un atelier de montage, spécialisé dans le traitement d'un calibre spécifique, à Charmoille c'est-à-dire à distance suffisante de la frontière pour pouvoir conserver leur personnel ; 13 ouvrières travaillent au rez-de-chaussée de la mairie (actuelle salle des fêtes).

La Société d'exploitation des Ets Ernest et Abel Monnin (Sarl au capital de 20 000 F créée le 10 juillet 1973), compte un peu moins de 50 personnes en 1982. A cette date, le 30 mars, ses fondateurs partent en retraite et la cèdent aux Ets Charpier-Rième, de Morteau, qui en conserve le nom pendant deux ou trois ans. L'affaire connaît alors une forte expansion, doublant son personnel. Les bureaux sont transférés à Morteau en 1987 ou 1988, la fabrication en 1996. Le site ferme en 2003.

Il est ensuite occupé par l'atelier du facteur d'orgues Gérald Cattin et maintenant par celui du peintre Segal alias Dominique Creismeas.

Description

L'usine a vraisemblablement des murs en moellons calcaires enduits. Elle est coiffée par une toiture à longs pans et pignons couverts, à couverture de tuiles mécaniques. Largement éclairée par des rangées de baies multiples (en arc segmentaire à encadrement de briques silico-calcaires), elle comporte un sous-sol, un étage carré et un étage en surcroît, ces deux derniers desservis par un escalier extérieur tournant en métal récemment implanté au nord. Lui aussi récent, le garage associe murs de briques creuses enduites, toit en appentis et tuiles mécaniques.

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  • Typologiesbaie multiple
  • Murscalcaire / moellon / enduit / brique creuse / enduit
  • Toittuile mécanique
  • Étagessous-sol / 1 étage carré / étage en surcroît
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / pignon couvert / appentis
  • Escaliersescalier de distribution extérieur / escalier tournant à retours avec jour / en charpente métallique
  • Énergiesénergie électrique / achetée
  • État de conservationétablissement industriel désaffecté

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 128 Cadastre de la commune de Charquemont, 1812-1963- 3 P 128/1 : Registre des états de sections (1812)- 3 P 128/2-3 : Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties [1823-1906]- 3 P 128/5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties (1882-1910)- 3 P 128/8-9 : Matrice cadastrale des propriétés bâties (1911-1963)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 128
  • 50 J 34 Syndicat de fabricants d'horlogerie de Besançon. Correspondance avec les fabricants, 1948-1967
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 50 J 34
  • 50 J 37 Syndicat de fabricants d'horlogerie de Besançon. Correspondance avec les fabricants, 1948-1970
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 50 J 37
  • 171 W 3 Établissements classés (1950-1964)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 171 W 3
  • Carte publicitaire de la "Manufacture de montres économiques à la portée de toutes les bourses Emile Walcker", s.d. [limite 19e siècle 20e siècle]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Marie Bessot, Maîche

Documents figurés

  • Charquemont (Doubs) - Usine Walker (vue extérieure), carte postale coloriée, s.n., s.d. [début 20e siècle, entre 1904 et 1907], Bauer et Marchet éd. à Dijon. Porte la date 14 mars 1907 (tampon au recto) ; logo Bauer et Marchet (BM) utilisé de 1904 à 1909Publiée dans : Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome III. Autour de Charquemont et Damprichard. - 1991, p. 124. Egalement dans : Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche. - 2007, p. 26.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jacques Donzé, Charquemont
  • Charquemont (Doubs) - Usine Walker (vue intérieure), carte postale, s.n., s.d. [début 20e siècle, entre 1904 et 1907], Bauer et Marchet éd. à Dijon. Publiée dans : Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome III. Autour de Charquemont et Damprichard. - 1991, p. 124. Egalement dans : Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche. - 2007, p. 26.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Michel Cheval, Charquemont
  • 9. Charquemont - Partie Est, carte postale, par J. Louvet, s.d. [1er quart 20e siècle], J. Louvet éd. à Charquemont
    Lieu de conservation : Collection particulière : Michel Cheval, Charquemont
  • Plan de l'atelier de galvanoplastie ouvert par la société Coeurdor à Charquemont, dessin (plume), s.n., s.d. [3 mai 1950], 21 x 27 cm, sans échelle (coté). Dessiné sur un papier à en-tête
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 171 W 3

Bibliographie

  • Compagnie française des Montres Cofram. Morteau 66. Quinzaine commerciale 30 avril-21 mai, mai 1966, p. 30 : ill. Supplément à la revue Franche-Comté, n° 17, mai 1966.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans
  • Courtieu, Jean (dir.). Dictionnaire des communes du département du Doubs. - Besançon : Cêtre, 1982-1987. 6 t., 3566 p. : ill. ; 24 cm.
  • Leibundgut, Brice. La lanterne et le microsse. Histoire d'une fabrique d'horlogerie. « Les fils d'Edouard Wetzel ». 1876-1985. - [Paris] : B. Leibundgut, 2010. 185 p. : ill. ; 22 cm. (Station Comté)
  • Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche. - Maîche : M. Simonin, 2007. 143 p. : ill. ; 30 cm.
  • Sornay, Lionel. Prosopographie des entreprises horlogères et de leurs financeurs sur le plateau de Maîche 1925-1973. - Besançon : Université de Franche-Comté, 2003. 56 p. : ill. ; 30 cm. Mém DEA : histoire industrielle : Besançon : 2003 ; 51.
  • Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome III. Autour de Charquemont et Damprichard, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1991. 243 p. : cartes postales ; 31 cm.

Témoignages oraux

  • Donzé Jacques, ancien horloger, historien de Charquemont
  • Monnin Marie-Noëlle, fille d'Abel Monnin. Charquemont
  •  

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)usine d'horlogerie
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, entrepôt industriel, magasin industriel

Localisation

  • CommuneCharquemont
  • Adresse 11 rue de l' Eglise
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Maîche

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2013