Patrimoine en Franche-Comté - Le Pays horloger et son patrimoine industriel

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Le Pays horloger et son patrimoine industriel

Illustrations

Historique

Le Pays horloger est une structure administrative récente, fondée en 1995, constituée à partir d'un sentiment identitaire fort cristallisé autour d'une industrie phare : l'horlogerie.

Localisation

Formant le flanc oriental du département, le Pays horloger recouvre principalement le second plateau entre les vallées du Doubs et du Dessoubre, avec une zone plus mouvementée au sud-ouest (zone du Mont Châteleu, des Gras et des Combes) et une partie du premier plateau au nord-ouest autour de Belleherbe. Le paysage est essentiellement rural avec une agriculture organisée autour de la production laitière et – mais c'est bien moins vrai de nos jours – de l'élevage du cheval comtois. Ces espaces, où la forêt le dispute aux pâtures, sont ponctués de quelques villes : les chefs-lieux de canton que sont Morteau, Le Russey, Maîche et Saint-Hippolyte, mais aussi des bourgs tels Villers-le-Lac, Charquemont et Damprichard.

Le périmètre du Pays (validé en 2001) concerne les quatre cantons mentionnés et, à la marge (pour deux communes), celui de Pont-de-Roide, soit 78 communes pour 760 km2 et 40 500 habitants environ. Cette structure constitue le noyau d'un futur parc naturel régional transfrontalier, qui reposera en fait sur la coopération de deux PNR adossés : un parc suisse (le PNR Doubs, créé en 2013 et regroupant 16 communes) et un parc français (en cours de définition et réunissant en 2014 95 communes dans son emprise maximale). A noter que le Comité syndical du Pays horloger est devenu Pôle d'Equilibre territorial et rural du Pays horloger en février 2015 et qu'il s'appuie sur trois communautés de communes (du Val de Morteau, du Plateau du Russey et du Pays de Maîche) regroupant 68 communes.

Repères historiques

Marqué par la guerre de Dix Ans (1635-1644), l'annexion par la France (en 1678), la peste et la famine, le 17e siècle est éprouvant et voit la disparition des deux tiers de la population du Haut-Doubs. Le siècle suivant est celui de la reconstruction, du repeuplement (par des Savoyards et des Suisses) et d'un changement profond de la société initié par la Révolution. Le 19e siècle se caractérise par un essor économique important – qui voit l'industrie horlogère s'implanter durablement (en sous-traitance pour la Suisse) et l'agriculture se spécialiser dans l'élevage – et par la progression de la laïcité. Conflits mondiaux et crises marquent le 20e ; l'horlogerie, devenue triomphante, s'étiole à partir des années 1970 face au changement technologique majeur apporté par le quartz et à la mondialisation, et les emplois se déplacent en Suisse ; l'industrie laitière se maintient grâce au développement d'une filière fromagère axée sur la qualité (comté).

Une industrie diversifiée, dominée par l'horlogerie

L'abondance des eaux du Doubs et du Dessoubre a favorisé une industrie traditionnelle à forte dominante métallurgique, puis permis une électrification précoce du Haut-Doubs avec la création en 1895 de la centrale hydroélectrique de la Goule (Suisse) puis en 1909 de celle du Refrain (sur la commune de Fournet-Blancheroche).

La verrerie, florissante au 18e siècle, n'a pas laissé de trace bâtie sinon, pour celle de Fournet-Blancheroche, une cave voûtée au bord du Doubs (sous le lieu-dit Châtelard de la carte IGN). Le souvenir en est conservé par les pierres tombales de l'église Saint-Maurice de Fessevillers et quelques exemples de bouteilles et verres fabriqués localement.

Si le travail du bois et la fromagerie sont les deux industries de base du secteur, l'agroalimentaire est aussi représenté à Morteau par une brasserie et chocolaterie. Le travail des métaux reste une spécialité de la zone : fonderie de cloches, fabrique de machines à coudre et vélos ou de pièces détachées pour l'automobile à Morteau, fabrique de matériel de fromagerie et chaudières à Trévillers, de graisseurs et chignoles à Damprichard, de couverts de table à Montlebon, etc. L'influence de l'horlogerie se fait sentir : outillage à main et petites machines pour horlogers sortent de Montécheroux et des Gras ; décolletage et emboutissage constituent une alternative aux difficultés de la filière.

L'industrie phare du Pays horloger reste – bien évidemment – l'horlogerie.

La petite horlogerie (les montres) s'est installée au 18e siècle dans la Franche Montagne (région de Maîche, Le Russey et Morteau), à cheval sur la France et la Suisse. Les conditions y sont favorables : tradition métallurgique, hiver long imposant au paysan la pratique d'une activité complémentaire, etc. Fabrication « en parties brisées », elle s'épanouit au sein du système de l'établissage qui voit chaque horloger réaliser à domicile une passe particulière ou un type précis de pièce, le montage du produit final étant assuré par l'établisseur installé en ville.

Lorsque cette industrie prend son essor dans la seconde moitié du 19e siècle, le paysan-horloger devient horloger-paysan tandis que s'étoffe le milieu ouvrier des bourgs, où se créent ateliers et usines. Le val de Morteau, particulièrement dynamique avec son école d'horlogerie, attire la main-d'œuvre helvétique (535 Suisses viennent y travailler en 1857). Les Français, qui ont de 1840 à 1950 un quasi-monopole pour la fabrication des échappements à cylindre, fournissent la plupart des fabriques de montres suisses. La fermeture de la frontière dans les années 1890 les conduit cependant à produire eux-mêmes des montres entières, écoulées sur un vaste marché intérieur englobant l'empire colonial.

Le nombre des sociétés horlogères ne cesse d'augmenter, connaissant une véritable explosion après la deuxième guerre mondiale, jusqu'aux années 1970 où ce mouvement se brise contre la rupture technologique des mouvements à quartz. De concentrations en fermetures, la filière se vide alors de sa substance et bien peu d'entreprises subsistent aujourd'hui. Les emplois horlogers sont dorénavant majoritairement localisés en Suisse (dans le canton de Neuchâtel, la moitié des postes est occupée par des travailleurs frontaliers).

L'inventaire du patrimoine industriel du Pays horloger

La convention de coopération signée le 4 novembre 2013 entre la Région Franche-Comté et le Syndicat mixte du Pays horloger fixe le cadre de l'étude. Elle précise que si l'inventaire « a vocation à mettre en exergue le patrimoine horloger dans le cadre de la préfiguration du Parc naturel régional [...] par souci de cohérence et de logique en rapport avec les autres couvertures réalisées sur le patrimoine industriel, le chercheur examinera la totalité du patrimoine industriel en prenant en compte les cantons dans leur ensemble et les activités autres qu'horlogères. »

Pour évaluer l'importance de cette dernière industrie, un premier sondage a été effectué à l'été 2012 sur les cinq communes du Pays principalement concernées par elle : Morteau, Villers-le-Lac, Maîche, Charquemont et Damprichard. Il a révélé un potentiel minimum de 500 sites, d'où la décision de restreindre le corpus en demeurant exhaustif pour les usines et ateliers clairement identifiables, et en étant sélectif dans le cas des fermes-ateliers ou des maisons-ateliers. Cette sélectivité s'appuie sur les informations apportées par différentes sources (bibliographie, annuaires, archives, carte postale, etc.), dont le dépouillement a commencé dès 2012, et sur celles issues d'un réseau de correspondants locaux (anciens horlogers ou non, historiens, etc.), tels Jacques Donzé à Charquemont, Michel Simonin à Maîche, Yves Droz, Jacques Renaud-Bezot et Jean-Claude Vuez à Villers-le-Lac, Henri Leiser et Jean-Pierre Viennet à Morteau.

Autre adaptation apportée en réponse aux attentes du Syndicat mixte : tout ce qui concerne le patrimoine horloger est pris en compte sans soucis de limite chronologique, donc en intégrant également les usines et les ateliers les plus récents. (Rédaction : mars 2017)

Documentation

Documents d’archives

  • 50 J Syndicat des fabricants d'horlogerie de Besançon, 1789-1984
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 50 J
  • 3 P Délimitation des communes et cadastre ancien dit cadastre " napoléonien ", 1ère moitié 19e siècle
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P
  • 7 S Hydraulique (régime des eaux, inondations, moulins et usines), 19e et 20e siècles
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 7 S
  • S provisoire Hydraulique (fonds des Ponts et Chaussées), 19e et 20e siècles
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : S provisoire
  • W Etablissements classés, 19e et 20e siècles
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : W
  • Catalogue officiel des pièces d'origine pour le rhabillage des montres suisses. - Bienne : P. Ruch-Daulte, 1955. 2 t. en 1 vol. (classeur) : ill. ; 22 cm. (Les Fabricants suisses d'horlogerie)
  • Jobin, A.-F. La classification horlogère des calibres de montres et des fournitures d'horlogerie suisses. 3e vol., édition 1949. – Genève : La Classification horlogère suisse, 1949. 336 p. : tout en ill. ; 27,5 cm.1ère éd. en 1936, 2e en 1939. Reproduction grandeur nature des calibres de montres suisses, avec mention de la numérotation maison pour les pièces composant le mouvement.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jacques Donzé, Charquemont

Documents figurés

  • Ebauches S.A. Désignation des marques de fabriques des maisons affiliées, dessin imprimé, s.n., s.d. [1949]. Publié dans : Jobin, A.-F. La classification horlogère [...], 1949, p. [272 bis].
  • Ebauches S.A. Calibres ancre 11 1/2''' [exemples de mouvements automatiques avec échappement à ancre au calibre 11 1/2 lignes, 1ère planche], dessin imprimé, s.n., s.d. [1949]. Publié dans : Jobin, A.-F. La classification horlogère [...], 1949, p. 297.
  • Ebauches S.A. Calibres ancre 11 1/2''' [exemples de mouvements automatiques avec échappement à ancre au calibre 11 1/2 lignes, 2e planche], dessin imprimé, s.n., s.d. [1949]. Publié dans : Jobin, A.-F. La classification horlogère [...], 1949, p. 298.
  • [Mouvements de différents calibres], dessin en couleur imprimé, par Lux, s.d. [1949]. Publié dans : Jobin, A.-F. La classification horlogère [...], 1949, pl. h.t. entre les p. 160 et 161.
  • 317. Pâturage au sommet des Echelles de la Mort, carte postale, par Ch. Simon, s.d. [limite 19e siècle 20e siècle, avant 1905]. Porte la date 13 mai 1905 au recto et au verso (tampon).
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jacques Donzé, Charquemont
  • [Ouvrières dans un atelier d'horlogerie], carte photo, s.n., s.d. [1ère moitié 20e siècle, après 1903]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Christian Patois, Frambouhans
  • Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr)

Bibliographie

  • Barbe, Noël ; Dumain, Aurélie. Collectionner le temps : enquête ethnologique sur la mémoire des horlogers. - Besançon : Direction régionale des Affaires culturelles ; Le Bélieu : Pays horloger, 2014. 124 p. : ill. ; 30 cm.
  • Belmont, Henry-Louis. L'échappement à cylindre (1720-1950) : le Haut-Doubs, centre mondial au XIXe siècle. - Besançon : Technicmédia, 1984. 328 p. : ill. ; 28 cm.
  • Briselance, Claude-Gilbert. L'horlogerie dans le val de Morteau au XIXe siècle (1789-1914). - 1993. 2 vol., XXXII-398 - III-420 f. : ill. ; 30 cm. Mém. maîtrise : histoire contemporaine : Besançon : 1993
  • Caboco, Laëtitia. Recensement du patrimoine horloger du Pays horloger, 2009-2010.
    Lieu de conservation : Pays horloger, Le Bélieu
  • Courtieu, Jean (dir.). Dictionnaire des communes du département du Doubs. - Besançon : Cêtre, 1982-1987. 6 t., 3566 p. : ill. ; 24 cm.
  • Poupard, Laurent. Patrimoine industriel du Pays horloger / Région Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine ; photogr. Sonia Dourlot, Jérôme Mongreville, Yves Sancey ; cartogr. Mathias Papigny. - Besançon : Région Franche-Comté, Direction de la Culture, Jeunesse, Sport, Vie associative, 2014. 11 p. : ill. ; 28 cm. Rapport d'étape de l'étude (voir en annexe)
  • Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche. - Maîche : M. Simonin, 2007. 143 p. : ill. ; 30 cm.
  • Vuillermot, Catherine. L'électrification dans le département du Doubs (1894-1946). - Besançon (25) : Université de Franche-Comté, 1985. - 182 f. : cartes. ; 30 cm. - Mém. maîtrise : Hist. : Université de Franche-Comté : 1985
  • Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1978. 294 p. : cartes postales ; 31 cm.
  • Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome II. Autour de Maîche et Belleherbe, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1990. 231 p. : cartes postales ; 31 cm.
  • Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome III. Autour de Charquemont et Damprichard, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1991. 243 p. : cartes postales ; 31 cm.

Témoignages oraux

  • Donzé Jacques, ancien horloger, historien de Charquemont
  •  

Désignation

  • Aires d'études Pays horloger (le), Doubs

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2013

Localisation

Voir aussi

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