Patrimoine en Franche-Comté - Usine d'horlogerie (usine de boîtes de montre) de la SBBM Burdet SA

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Région Bourgogne Franche-Comté
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Usine d'horlogerie (usine de boîtes de montre) de la SBBM Burdet SA

21-25 rue du Maréchal Leclerc
25 - Damprichard
Dossier IA25001133 réalisé en 2013

Illustrations

Historique

L'entreprise Burdet est issue d'une affaire familiale fondée en 1889 aux Seignes (commune de Damprichard). Paul (Cyrille-Paul) Burdet la transporte à Damprichard au tournant des 19e et 20e siècles dans un bâtiment du début des années 1880 (qui abritera par la suite l'atelier de polissage Robert), actuellement au 1 rue du Maréchal Leclerc.

Lui succèdent son fils Delphin (père), son petit-fils Georges dans les années 1930 puis, après son décès prématuré, le frère de ce dernier Delphin (fils), qui fait construire en 1948 un atelier au lieu-dit les Pesses (actuels logements). Les effectifs sont en effet passés de 12 ouvriers en 1930 à 88 en 1945, pour une production évoluant dans le même temps de 30 000 à 200 000 pièces.

En 1946, les Établissements Delphin Burdet cèdent la place à la Société des Boîtes et Bracelets-Montres Burdet Frères et Sœurs, dont Delphin (1922-1989) devient gérant (il dirigera aussi la SAG, ou Société d'Applications galvanoplastiques, dont l'atelier se trouve dans l'ancienne usine Nappey, au 5 rue de l'Industrie, et le siège à Villers-le-Lac dans la maison de l'horloger Marcel Dombald). En fait, deux sociétés coexistent : la Société des Boîtes et Bracelets-Montres, Sarl (au capital de 4 000 F) fondée le 2 juillet 1946 et qui deviendra le 1er janvier 1963 SBBM Burdet Frères et Sœurs SA, et la société en commandite Veuve Delphin Burdet et Cie (au capital de 210 000 F), créée le 18 décembre 1953, transformée en SA SBBM Burdet et Cie le 10 novembre 1959 et dissoute le 29 décembre 1971.

La SBBM édifie en 1952 « un atelier où l'on procédera au travail à froid des métaux par l'utilisation de machines mécaniques ». Les plans de cette usine portent le tampon de l'entrepreneur Raoul Lacoste, de Maîche. En 1958, la société (dont le capital est passé à 16 millions de francs) emploie 180 ouvriers à Damprichard et 25 autres dans ses unités de Charquemont (au 39 Grande Rue), Charmauvillers (dans l'usine Nappey, qu'elle reprendra en 1962) et Goumois (ancien atelier Donzé), unités ouvertes pour faire face au manque de main d'œuvre sur Damprichard. Sa production mensuelle est alors de 70 à 75 000 boîtiers de montres et bracelets métalliques (de milieu et bas de gamme), ce qui en fait la plus importante maison française dans ce domaine (elle a également longtemps fabriqué des briquets). En 1961, elle se dote d'un atelier de galvanoplastie pour réaliser elle-même le plaquage de sa production : elle traitera ainsi en 1965 60 % des boîtes et 80 % des bracelets livrés en plaqué or.

En 1965, la SBBM Burdet SA (au capital d'un million de francs) est dirigée par Georges Burdet (fils), neveu de Delphin. Elle fabrique "des boîtiers de montres du calibre 5 1/4 à 13", sur une centaine de calibres différents. D'où la complexité de la fabrication ; des bracelets métalliques pour montres de dames et d'hommes ; des articles de bijouterie : boutons de manchettes, épingles de cravates, médailles, médaillons, porte-clés, etc. La réalisation d'une boîte nécessite une centaine de passes, celle d'un bracelet une trentaine, d'où la multiplication des ateliers : mécanique, découpage, étampage, décapage, soudage, tournage, diamantage, polissage, avivage, dégraissage, chromage, nickelage, plaquage, montage et emballage. Sa production n'a cessé de croître : 700 000 pièces en 1955, 1 100 000 en 1960, 1 400 000 en 1964, 1 800 000 pièces en 1965 (180 000 par mois soit le tiers de la production française de boîtes de montre). Elle compte 300 personnes en 1965 (pour 200 cinq ans plus tôt), et totalise plus de 300 clients. 10 % d'entre eux sont des étrangers, qui lui achètent un quart de sa production : l'exportation, qui a débuté en 1958, est à destination de la Suisse, l'Allemagne, les USA, l'URSS, l'Angleterre, l'Algérie, l'Espagne, le Pakistan, le Sénégal, le Maroc, la Belgique et le Canada. La commercialisation des articles de bijouterie est effectuée par un comptoir commercial, créé en association : les établissements Diam'Or, dans l'ancienne usine Chatelain (le "Château") à Charquemont (28 Grande Rue).

La SBBM s'agrandit vers 1970-1971 d'un nouvel atelier, conçu par l'architecte Pierre Joly (7 rue de Lorraine, à Besançon), destiné à sa chaîne de traitement de surface (chromage et nickelage), auparavant implantée au rez-de-chaussée d'une habitation au 5 rue de l'Industrie. Cette même année 1970, elle produit 3 326 500 boîtes de montre et 102 319 bracelets, et réalise aussi des articles de bijouterie. Elle emploie alors environ 450 personnes, puis 600 en 1974 (dans un courrier à cette date, Georges Burdet évoque les quelques 80 ouvriers de la société Relliac, de Maîche, qu'il vient de reprendre) et 431 pour le seul siège en 1976.

La société perd en 1976 un client important, attiré par la concurrence asiatique, et connaît ensuite des difficultés croissantes faute de pouvoir se moderniser et s'orienter vers le haut de gamme. Elle est mise en règlement judiciaire le 24 septembre 1980 et le personnel, réduit à 200 personnes, licencié début octobre.

L'affaire est rachetée par l'un de ses clients les Ets E. Cattin et Cie (un million de boîtes par an). Cette entreprise horlogère de Morteau, dirigée par René Gruet, prévoit l'embauche de 127 personnes pour relancer une production à hauteur de 11 000 boîtiers par jour. Elle crée la Compagnie française de Boîtes de Montres et l'acquisition est officialisée le 19 mai 1981 par un acte dressé par les notaires Lemoine et Voide, de Morteau, avec transfert effectif de propriété le 16 juin 1981. Toutefois la faillite de Cattin le 17 avril 1990 conduit au dépôt de bilan de la CFBM le 8 mai suivant (elle compte alors environ 70 salariés).

Elle est acquise en mars 1991 par la Somaifa, de Bonnétage, qui fabrique de boîtes de montre de haut de gamme. Cette dernière y fonde la société Concept Heure, disparue en mai 1995 et remplacée par Créat'Heure, SAS au capital de 85 000 €. L'entreprise est spécialisée dans le boîtier de milieu de gamme, réalisé par étampage à chaud puis usinage. En 1998, elle réalise 200 000 pièces par an, avec des séries d'environ 1 000 pièces par modèle (et variant de 300 à 3 000 pièces), et emploie 40 salariés (ils étaient 24 en 1995). Un quart de la production est exporté (Suisse, Allemagne, Italie...). Créat'Heure disparaît elle aussi, en juin 2006.

Le site avait cependant été repris dès 2004 par la société Silaque, filiale de Silvant, qui y emploie actuellement 40 personnes à la fabrication d'instruments d'écriture et d'articles de joaillerie et bijouterie (usinage, traitement de surface, laquage, etc.).

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Dates

  • 1952daté par source

Auteurs

Description

Le site se compose de trois bâtiments principaux : l'atelier d'origine (antérieur à la deuxième guerre mondiale), celui de 1952 et le dernier des années 1970. Ces bâtiments ont des murs en béton (en moellons calcaires pour le plus ancien ?), protégés par un enduit ou un essentage de tôle, et une couverture en tuile mécanique (les deux premiers). Ils sont coiffés d'un toit à longs pans à pignons couverts et croupe (le premier), croupes (1952) ou deux pans inversés (années 1970). Les deux premiers comptent cinq niveaux (dont un sous-sol et un comble ou un étage en surcroît), le plus récent trois (étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé et étage carré). Trois corps sont coiffés d'un appentis : les deux adossés au bâtiment de 1952, à l'est (à couverture en tôle) et au nord (ciment amiante), et celui en rez-de-chaussée dans la cour (ciment amiante). L'étage carré de la galerie de liaison entre les ateliers de fabrication est couvert d'une terrasse en béton.

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  • Mursbéton / enduit / essentage de tôle
  • Toittuile mécanique / béton en couverture / ciment amiante en couverture
  • Étagessous-sol / rez-de-chaussée surélevé / 2 étages carrés / étage de comble
  • Élévationsélévation ordonnancée
  • Couverturestoit à longs pans / croupe / noue / pignon couvert / toit à longs pans inversés / appentis / pignon couvert / terrasse
  • Escaliersescalier de distribution extérieur / escalier droit / en maçonnerie / escalier dans-oeuvre / escalier tournant à retours avec jour / en maçonnerie
  • Énergiesénergie électrique / achetée

Documentation

Documents d’archives

  • 1 G 7 et 7bis Matrice cadastrale des propriétés bâties de la commune de Damprichard (1882-1910)
    Lieu de conservation : Archives communales, Damprichard  - Cote du document : 1 G 7 et 7bis
  • 1 G 10 Matrice cadastrale des propriétés bâties de la commune de Damprichard (1911-1962)
    Lieu de conservation : Archives communales, Damprichard  - Cote du document : 1 G 10
  • 170 W 13 Établissements classés (1952-1964)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 170 W 13
  • 336 W 20 Établissements classés (années 1970)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 336 W 20
  • 1017 W 17 Établissements classés (1973-1978)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 1017 W 17
  • Papier à en-tête de la Fabrique de Boîtes de Montres Delphin Burdet, 26 avril 1949
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans
  • Demande en autorisation de construction d'usine, par Delphin Burdet, 16 mai 1951
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 170 W 13
  • Courrier sur papier à en-tête de la SBBM Burdet SA, par Georges Burdet, 26 mai 1976
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 1017 W 17

Documents figurés

  • Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr)
  • Ets Delphin-Burdet [atelier de 1948], photographie, par E. Voide, s.d. [1949]. Publiée dans : Franche-Comté. - Paris : L'Opinion économique et financière, 1949, p. 25. N° spécial de : L'Opinion économique et financière, n° 2, juillet 1949
  • Projet de construction d'une fabrique par la SBBM Damprichard. Plan des abords au 1/1000, dessin (tirage), s.n., s.d. [1951], 23,5 x 31 cm, 1/1000
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 170 W 13
  • Établissements Burdet à Damprichard (Doubs). Projet de construction d'une fabrique, dessin (tirage bleu), par Raoul Lacoste entrepreneur à Maîche (?), s.d. [1951], 1/100 (coté)- [Plans des 1er et 2e étages], 43 x 51 cm- [Coupes et élévations est et ouest], 46 x 52 cm- [Plans des sous-sol et rez-de-chaussée], 43 x 51 cm- [Élévations sud et nord], 46 x 50 cm
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 170 W 13
  • S.B.B.M. 25 – Damprichard. Plan de masse et situation, dessin (tirage), par l'architecte Pierre Joly (7 rue de Lorraine, à Besançon), 27 août 1972, 47 x 127 cm, échelles 1/5000 (situation) et 1/200 (plan masse)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 1017 W 17
  • Plan de masse, dessin (tirage, bic), s.n., s.d. [1974], 47 x 56 cm, échelle 1/200
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 336 W 20
  • [Une vue d'ensemble et quatre vues d'intérieurs], photographie imprimée, s.n., s.d. [1966]. Publiées dans : La France horlogère, n° 245, mars 1966, p. 97-99.
  • S.B.B.M. Damprichard. Projet d'extension de dépendances, dessin (tirage), par l'architecte Pierre Joly (7 rue de Lorraine, à Besançon), 15 janvier 1976, 66 x 46,5 cm, échelle 1/100
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 1017 W 17

Documents multimédias

  • Annuaire des Entreprises de France, le fichier national des chambres de commerce et d'industrie
  • Montre électronique [Images animées] / Clément, Patrick. - Paris : A2, 9 mars 1976. Reportage (6 mn 43 s) diffusé dans le journal de 20 h 00.Consultable en ligne sur le site de l'Ina : http://www.ina.fr/video/CAB7600368401/montre-electronique-video.html (consultation : 7 mars 2018)
  • Sirene, base de données de l'Insee consultable sur le site internet Score3.fr

Bibliographie

  • Benoît, Maurice ; Gauthier, Jean [et al.]. La vie économique de Franche-Comté et du Territoire de Belfort. - Besançon : Impr. de l'Est, 1958.
  • Bertin-Roulleau, J. La fabrique de boîtes et bracelets-montres Burdet S.A. à Damprichard (Doubs). In : La France horlogère, n° 245, mars 1966, p. 97-100 : ill.
  • Chez nos fabricants de boîtes de montres. À Damprichard (Haut-Doubs). In : La France horlogère, n° 517, novembre 1990, p. 88-92 : ill.
  • Chevalier, Michel. Tableau industriel de la Franche-Comté (1960-1961). - Paris : les Belles lettres, 1961. 101 p. : cartes ; 24 cm. (Annales littéraires de l'Université de Besançon. Cahiers de géographie de Besançon ; 9)
  • Créat'Heure : l'innovation au quotidien. In : Réalités franc-comtoises, n° 387, juin-juillet 1998, p. 26-27 : ill.
  • Horlogerie. Rachat de la CFBM. In : Les Échos, n° 15836, 26 février 1991, p. 15.
  • Narbey, Bernard (dir.). À l'ombre du clocher de Damprichard : la mémoire des siècles passés / Groupes de travail du GHETE « Au Clos du Doubs » et des associations de Damprichard. - Besançon : Groupement d'Études Hommes et Terroirs du Clos du Doubs, 2005. Non paginé [170] p. : ill. ; 30 cm. (Cahier du Clos du Doubs ; n° 6)
  • Sauvegarder l'avenir. La SBBM à Damprichard. L'exemple type des difficultés de l'horlogerie. In : L'Est républicain, dimanche 11 janvier 1984.
  • Sornay, Lionel. Prosopographie des entreprises horlogères et de leurs financeurs sur le plateau de Maîche 1925-1973. - Besançon : Université de Franche-Comté, 2003. 56 p. : ill. ; 30 cm. Mém DEA : histoire industrielle : Besançon : 2003 ; 51.
  • Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome III. Autour de Charquemont et Damprichard, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1991. 243 p. : cartes postales ; 31 cm.

Témoignages oraux

  • Silvant Yves, fondateur de la société Silvant. Damprichard, 2013
  •  

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété d'une société privée

Désignation

  • Dénomination(s)usine d'horlogerie
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, bureau, bureau d'études, logement, garage, stationnement

Localisation

  • CommuneDamprichard
  • Adresse 21-25 rue du Maréchal Leclerc
  • Milieu d'implantationen village
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Maîche

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2012