Patrimoine en Franche-Comté - Moulin à blé et scierie Vermot-Desroches, puis forge artisanale et usine de bimbeloterie, tabletterie et meubles de la société Sauge

Je recherche :


Afficher les résultats :
Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
Hôtel de Région - 4, square Castan CS51857 - 25031 Besançon cedex

Accès aux dossiers d'inventaire

Retour

Moulin à blé et scierie Vermot-Desroches, puis forge artisanale et usine de bimbeloterie, tabletterie et meubles de la société Sauge

27-29 rue des Coquillards
25 - Montlebon
Dossier IA25001689 réalisé en 2017

Illustrations

Historique

Trois bâtiments dotés de roues hydrauliques sont figurés sur le plan cadastral de 1814 : une huilerie (D 320), une scierie (D 321) et un moulin (D 322). Ces constructions datent certainement du 18e siècle, comme le laisse à penser une plaque de cheminée portant le millésime 1767. Elles appartiennent aux frères Dubois, Claude François (1781-1832) et Eloi Alexandre (1784-1846), tous deux meuniers mais le premier également signalé comme sous-lieutenant des douanes et le second comme cultivateur. Détruit par un incendie en 1830, le moulin est reconstruit vers 1836. L'ensemble est repris vers 1849 par Elie Vermot-Desroches (1819-?), fils du cultivateur et taillandier Charles Ambroise (1771-1864) et dont le fils Eliazim (1858-1905) sera horloger et propriétaire d'une maison située à proximité (D 331), accueillant par la suite la fabrique d'outillage Moyse Frères. La statistique de 1851 donne la composition de l'établissement : "2 moulins à 2 tournants chacun, et 1 scierie", avec comme observation : "chômage prolongé. Peu d'affaires". A Elie succèdent vers 1863 ses frères Bernard (1822-1890) et Louis Florentin (1824-1904), également à la tête d'un autre établissement en aval (l'actuelle scierie Pugin Frères), à Louadey. La niche abritant une statuette de la Vierge et datée 1863 est certainement réalisée à cette occasion. Resté seul propriétaire, Bernard fait en 1878 construire une fontaine (qui porte ses initiales - BVD - et celles de sa femme - JF pour Julienne Elise Faivre) et en 1883 modifier le bâtiment (de la scierie ?), dont un linteau de porte au nord est gravé avec ce millésime encadré par deux couples d'initiales : les siennes et celles de sa femme (BVD EJF) à gauche, celles de son fils Jules (1857-1891) et de la femme de ce dernier Marie Bernardine Bobillier-Dodichon (JVD MBB) à droite. De fait, les murs sont rehaussés et les croupes cèdent la place à des demi-croupes (la rampe donnant donnant un accès direct à l'étage carré dans l'angle nord-est est peut-être supprimée dès cette époque). Deux des trois constructions initiales disparaissent, à la fin du 19e siècle ou au début du 20e semble-t-il (celle située au nord-est, qui aurait accueilli une petite fabrique d'aiguilles d'horlogerie, peu avant 1914 d'après Bernard Vuillet). Le bâtiment subsistant est vendu vers 1920 par la fille de Jules, Marie Eugénie, à Alix Sauge (1872-1949), originaire de la ferme du Mont des Meix qui domine le hameau.

Ce dernier l'agrandit en 1921 ou 1922 et y engrange du foin tandis que son fils Emile (1901-1959) s'y établit comme charron en 1923. Réalisant aussi voitures, tombereaux à purin, brouettes, charrettes, chevaux à bascule, etc., il élargit progressivement la fabrication aux boîtes et caisses pour l'horlogerie et au mobilier (prie-Dieu et chaises d'église - sa spécialité - comme ceux visibles à Montbenoît, etc.). Les machines sont actionnées à l'aide d'une turbine jusqu'à l'installation d'un moteur électrique, dans les années 1950 ou 1960. Associés en 1963, ses fils Jean-Marie et Gabriel prennent sa suite. Ils réalisent des banches (panneaux de coffrage) pour la société Cofreco, fondée par la famille Gaiffe en 1927, jusqu'à son départ pour Pontarlier en 1966. Ils débutent alors la production de tiroirs pour le fabricant de cuisines Tournier, du Russey, et font vers 1969 agrandir le bâtiment pour installer une cabine de vernissage. Ils font également construire un nouveau bâtiment au sud, vers 1970 (1973 ?), quand ils obtiennent un marché important avec la société Chabert Duval (fondée en 1948). Lorsqu'elle cesse dans les années 1980, la fabrication des tiroirs a occupé à son maximum onze personnes et culminé à environ 10 000 pièces par mois. Après une crise du meuble en 1990 qui entraîne une baisse des effectifs, Olivier Sauge s'associe en 1992 avec son père Gabriel (ils emploient alors deux personnes). Il entreprend une diversification vers les jeux, jouets, articles de décoration, de cuisine, de bureau, etc., développant une gamme de produits propres ou ouvrant un magasin. En 2016, la Sarl Sauge Artisans du Bois travaille en sous-traitance pour des fabricants de meubles (tiroirs, range-couverts, etc.), réalise la mise en couleur et le vernissage de petites pièces (jouets, manches de couteaux Opinel, etc.), fabrique des produits pour de grandes marques (Hermès, Chantelle, etc.), des objets publicitaires, des pièces spéciales pour l'industrie, etc. Elle fabrique aussi des jeux éducatifs et du matériel pédagogique à l'intention des professionnels et des collectivités, notamment les jeux surdimensionnés sous la marque Bec et Croc, implantée à Valdahon en 1987 et acquise en 2005, et les rouleurs (trottinettes, tricycles, etc.) pour cours de récréation sous la marque d'un confrère allemand Olifu. Comptant 13 personnes, dont cinq à temps partiel, elle a agrandi à deux reprises, dans les années 1990 puis après incendie en 2004, le bâtiment sud qui accueille le département Bec et Croc, la vente par correspondance et les expéditions.

Afficher les données détaillées

Dates

  • 1767porte la date
  • 1863porte la date
  • 1878porte la date
  • 1883porte la date

Description

Le bâtiment le plus ancien (bureau et ancien logement) a des murs en pierre de taille apparente au rez-de-chaussée, en pan de bois avec lattis et enduit au-dessus. Il comporte un étage carré, desservi par un escalier extérieur droit récent en béton, et un étage en surcroît et il est coiffé par un toit à longs pans, demi-croupe au nord et pignon découvert au sud, à couverture de tuiles mécaniques. Il est prolongé au sud par le corps des années 1920 (atelier de fabrication), qui compte le même nombre d'étages avec le même type de toiture (à pignon couvert au sud) et le même matériau de couverture mais dont les murs sont en moellons calcaires enduits et dont les baies ont un encadrement alliant briques et arc segmentaire. Au sud encore, le magasin industriel en rez-de-chaussée associe parpaings de béton, pan de bois et essentage de panneaux de contreplaqué. Il dispose d'une charpente en lamellé-collé portant un toit à longs pans, pignons couverts et ciment amiante tandis que son extension est protégée par un appentis en acier. Au nord, la boutique en rez-de-chaussée est en pan de bois essenté de planches, avec toit à un pan ou toit terrasse.

Afficher les données détaillées

  • Murscalcaire / pierre de taille / moellon / enduit partiel / bois / pan de bois / enduit / essentage de planches / béton / parpaing de béton / essentage de planches
  • Toittuile mécanique / acier en couverture / ciment amiante en couverture
  • Étages1 étage carré / étage en surcroît
  • Couvrementscharpente en bois apparente
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / demi-croupe / pignon découvert / pignon couvert / toit à un pan / appentis
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier de distribution extérieur / escalier droit / en maçonnerie / cage ouverte
  • Autres organes de circulationsrampe d'accès
  • Énergiesénergie hydraulique / produite sur place / énergie électrique / achetée
  • Techniques de décorsculpture
  • ReprésentationsVierge / instruments de la Passion / serpent
  • Précisions sur la représentation

    Sculpture en façade du logement : statuette de la Vierge, dans une niche portant l'inscription Consolatrix afflictorum et la date 1863. Linteau de porte sculpté sur la façade postérieure du logement : un cartouche central avec une croix dans un cercle de points entre les symboles de la Passion (échelle et lance à gauche, marteau et tenaille à droite), lui même placé entre deux serpents et deux autres cartouches à décor punctiforme.

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 404 Cadastre de la commune de Montlebon, 1814-1965- 3 P 404 : Atlas parcellaire (24 feuilles), dessin (plume, lavis), par le géomètre du cadastre Vial, 1814 (sections A-E) et 1818 (sections F-G)- 3 P 404/1-2 : Registre des états de sections, s.d. [1822 ?]- 3 P 404/3, 6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1822-1874- 3 P 404/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1875-1914- 3 P 404/7 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 404/8 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1914-1965- 3 P 404/9 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1965
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 404
  • Statistique de l'utilisation de la force motrice des eaux. In Annuaire départemental du Doubs pour 1852, 40e année, 1851, p. 103-158.
  • Archives de la société Sauge (19e-20e siècles) : photographies, tarifs, etc.Notamment :- Menuiserie - charronnage Emile Sauge, fabricant. Montlebon, par Morteau (Doubs). Tarif août 1931, dépliant publicitaire. - 4 p. : ill. ; 20 x 13,5 cm.- Emile Sauge, fabrique de chaises. Montlebon, par Morteau (Doubs). Spécialité de chaises d'église, dépliant publicitaire, s.d. [années 1930 ?]. - 4 p. : ill. ; 20 x 13,5 cm.- Chambre syndicale de la Carrosserie et du Charronnage de France. Région Bourgogne - Franche-Comté. Tarif charronnage des départements du Doubs, Haute-Saône, Jura. - Novembre 1945. [2 p.].- Syndicat des Maréchaux - Charrons - Forgerons et Réparateurs de Machines agricoles du Doubs. Tarif de forge - Avril 1951. - 1951. [1 p.].- Syndicat des Maréchaux - Charrons - Forgerons du Doubs. Tarif de charonnage - Novembre 1951. - 1951. [1 p.].
    Lieu de conservation : Collection particulière : Société Sauge, Montlebon

Documents figurés

  • Les environs pittoresques de Morteau. - Le joli village de Derrière-le-Mont, carte postale, s.n., [fin 19e siècle ou début 20e siècle, avant 1906 ?], Charles Pierre éd. à Morteau. Porte la date 1906 (tampon) au recto ? Publiée dans : Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1978, p. 200.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Société Sauge, Montlebon
  • [Vue d'ensemble des usines Vermot-Desroches et Grosjean, Derrière le Mont], photographie, s.n., s.d. [décennie 1900]. Publiée dans : Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900. - 1978, p. 202.
  • 323. Derrière-le-Mont. - Pont de la Chatte [le cantonnier Louis Balmeur tirant sa charrette, certainement fabriquée dans l'atelier d'Emile Sauge], carte postale, s.n., s.d. [1er quart 20e siècle], Farine Frères et Droël éd. au Locle et à Morteau. Aussi publiée dans : Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900. - 1978, p. 212.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Société Sauge, Montlebon
  • [Gabriel Sauge dans son atelier], photographie en couleur, s.n., s.d. [décennie 1970 ou 1980]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Société Sauge, Montlebon
  • [L'usine Sauge sous la neige en mars 2003], photographie en couleur, s.n. [Olivier Sauge]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Société Sauge, Montlebon

Bibliographie

  • Avez-vous connu le Tacot ? : Montlebon / propos recueillis par Hervé Monney pour "Ça percute dans le haut". - Montlebon : Association Appat, 2017. 132 p. : ill. ; 21 cm
  • Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1978. 294 p. : cartes postales ; 31 cm.

Documents multimédias

  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
  • Monneret, Christian. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

Témoignages oraux

  • Sauge Gabriel, fils d'Emile Sauge et ancien responsable de la société Sauge. Montlebon
  • Sauge Olivier, fils de Gabriel Sauge, responsable de la société Sauge. Montlebon
  •  

Annexe(s)

Intérêt, protection et statut

Afficher les données détaillées

  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)moulin à blé, scierie, forge, usine de bimbeloterie, usine de tabletterie, usine de meubles
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, atelier de conditionnement, magasin industriel, bureau, logement, boutique, vanne, bâtiment d'eau, fontaine, rampe d'accès, passerelle

Localisation

  • CommuneMontlebon
  • Adresse 27-29 rue des Coquillards
  • Milieu d'implantationen écart
  • Lieu-dit Derrière le Mont
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau
  • Hydrographiedérivation de la Douve

Étude

  • Copyright© Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2016