Patrimoine en Franche-Comté - Hôtel des Terrasses et usine d'horlogerie (usine de montres) de la manufacture d'horlogerie E. Cattin et Cie

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
Hôtel de Région - 4, square Castan CS51857 - 25031 Besançon cedex

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Hôtel des Terrasses et usine d'horlogerie (usine de montres) de la manufacture d'horlogerie E. Cattin et Cie

49-55 rue de l' Helvétie
25 - Morteau
Dossier IA25001839 réalisé en 2018

Illustrations

Historique

Emile Cattin (1904-1979) s'établit à son compte comme fabricant d'horlogerie en 1929. Vers 1936, il fait construire au long de la route de Villers-le-Lac un bâtiment à usage d'atelier et de garage (puis vers 1940 une remise). Durant la deuxième guerre mondiale, il met entre parenthèses son activité horlogère et exerce la profession de maître d'hôtel : il fait bâtir dans la période 1939-1942, à l'ouest de l'atelier, l'hôtel des Terrasses, qui fermera en 1947. Le bâtiment initial (dont l'adresse est alors le 6 rue du Mondey) est d'ailleurs porté comme "hôtel et ateliers" sur la matrice cadastrale, qui enregistre des constructions et extensions incessantes de 1945 à 1957 environ (mentionnées à diverses adresses dans la rue du Mondey, ces campagnes concernent maisons et garages, abri de transformateur, "hall d'expédition", etc., mais ne sont pas identifiables sur place à des bâtiments précis).

Secondé par Martial Vuillemin (auparavant directeur de fabrication chez le fabricant d'ébauches Parrenin, à Villers-le-Lac), Emile Cattin établit une fabrique de montres-bracelets, au calibre 10 1/2 lignes (23,68 mm) et dotées d'un échappement à ancre à goupilles (montres Roskopf), moins coûteux à produire car la précision attendue étant moins grande pour ce type de montres, les ébauches font appel à des pièces découpées et non usinées. Il emploie moins d'une dizaine de personnes en 1947-1948 et ouvre à cette époque dans ses locaux un atelier-école pour handicapés. Il se dit alors spécialiste des "montres bon marché pour primes, loteries, forains, bazars", et dirige la société Cattin et Cie (Sarl au capital d'1 million F puis SA), exploitant la marque Cat. Toutefois, associé avec M Marion, il a également créé en 1946 les Ets Mondia (Sarl au capital de 400 000 F), établis au 36 rue d'Helvétie. Cette dernière entreprise, qui achète 7 950 ébauches françaises en 1949, cesse ses activités le 1er mai 1951. Les Ets Cattin et Cie reprennent sa marque aux côtés de la leur (Milca) mais se font surtout connaître sous la marque Mortima (qui a un coq pour emblème). La société réalise elle-même ses composants (cadrans et autres) et se lance en 1950 dans la fabrication de ses propres mouvements (les plus connus seront les calibres C 64 et C 66). Elle entre ainsi dans le cercle très restreint des manufactures de montres françaises. Exportant la majeure partie de sa production (environ 30 000 montres par an), elle ouvre en 1954 un bureau commercial à Paris pour les distribuer sur le marché français (hors du circuit des horlogers-bijoutiers mais via celui des bureaux de tabac, boutiques de cadeaux, etc.). Elle emploie près de 80 personnes à la fin des années 1950 et obtient l'Oscar de l'exportation en 1960. Pour poursuivre son développement, elle se fait alors construire en 1960-1961 une nouvelle usine (8 avenue Charles de Gaulle). Le complexe de bâtiments abrite ensuite logements et ateliers divers, dont ceux de traitement de surface des métaux : au 49 rue de l'Helvétie BAL 2000 Polissage puis Etoile Polissage (classée en 2018 dans la catégorie de 6 à 9 salariés), au n° 53 France Boîtes (Sarl comptant 5 personnes en 1988).

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Périodes

  • Principale2e quart 20e siècle, 3e quart 20e siècle

Description

Issu de nombreuses campagnes de construction et de réaménagement, le site est composé de plusieurs bâtiments juxtaposés, alignés au long de la rue de l'Helvétie et étagés sur la pente (certains sont également accessibles depuis celle du Mondey). En sortant de la ville, on trouve l'ancien hôtel des Terrasses, une maison (n° 51) puis deux ateliers. Le premier bâtiment a des murs de moellons calcaires enduits (avec essentage de tôle à l'ouest), les autres font certainement appel aux parpaings de béton enduits. Comportant quatre ou cinq niveaux, l'ancien hôtel est en rez-de-chaussée surélevé sur deux ou trois étages de soubassement, avec comble à surcroît. Il est précédé côté rue de l'Helvétie par deux corps accolés (celui sur la rue comptant un niveau, l'autre un ou deux), coiffés chacun de sa terrasse en béton. Son toit est à longs pans, pignons couverts et tuiles mécaniques. Même type de toiture sur la maison, qui a un étage carré et un étage en surcroît (ou un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage en surcroît), desservis par un escalier extérieur droit en béton. Sa façade est percée de fenêtres horlogères et un corps protégé par un toit en appentis s'appuie contre son mur pignon nord. L'atelier suivant est formé de trois corps, à un ou deux étages carrés et toit à un pan à couverture métallique ou de shingle ; les étages sont éclairés à l'aide de fenêtres d'atelier. Le dernier bâtiment compte deux étages carrés, desservis par un escalier droit en béton ; sa façade antérieure associe fenêtres normales et fenêtres horlogères ; son toit à un pan est métallique.

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  • Typologiesbaie horlogère / baie d'atelier
  • Toittuile mécanique / béton en couverture / métal en couverture / matériau synthétique en couverture
  • Étages3 étages de soubassement / en rez-de-chaussée surélevé / comble à surcroît
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / pignon couvert / appentis / toit à un pan / pignon couvert / terrasse
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier droit / en maçonnerie / escalier de distribution extérieur / escalier droit / en maçonnerie
  • Énergiesénergie électrique / achetée

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 412 Cadastre de la commune de Morteau, 1816-1978- 3 P 412 : Atlas parcellaire (11 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Girardier et Mestre, 1816-1817- 3 P 412/1 : Registre des états de sections, 1818- 3 P 412/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1823-1875. Le 1er volume manque.- 3 P 412/2-3 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1876-1914- 3 P 412/6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 412/7-9 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1911-1965- 3 P 412/10-13 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1978
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 412
  • 50 J 34 Syndicat de fabricants d'horlogerie de Besançon. Correspondance avec les fabricants, 1948-1967
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 50 J 34
  • 106 J Fabrique d'horlogerie Cattin, à Morteau (1934-1986)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 116 J
  • Papier à en-tête de la société Cattin et Cie, 6 avril 1955
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans
  • Catalogue des fournitures des mouvements français de montres. 2e éd. - Paris : Centre d'Information de la Montre française, 1973. 2 classeurs, non paginés : ill. ; 32 cm.1ère éd. en 1968, mises à jour en octobre 1970, mai 1971, juin 1972 et juillet 1973. Fiches techniques donnant pour chaque calibre (mouvement), et ses variantes, ses caractéristiques techniques et la liste des fournitures le composant.

Documents figurés

  • [Route départementale n° 461 à Morteau : rue de l'Helvétie], photocopie d'un dessin (plume, lavis), s.n., s.d. [entre 1901 et 1906, avec mise à jour dans les années 1930 ?], sans échelle [1/500], 29 x 80,5 cm
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Leiser, Morteau
  • [Construction de l'hôtel des Terrasses et rehaussement d'un atelier], photographie, s.n., s.d. [décennies 1940-1950]Photographies imprimées dans : C., T. Horlogerie : la saga Cattin. Au temps glorieux de l'industrie locale. C'est-à-dire, n° 118, 8 janvier 2017, p. 15.

Bibliographie

  • Barbier, Claude. Noms propres des rues de Morteau. - Morteau : Mairie de Morteau, 2008. [7] p. ; 30 cm.Document accessible en ligne sur le site de la mairie : www.morteau.org (consultation : 15 mai 2018)
  • Bernard, Christian. La nouvelle vie de l'usine Cattin. L'Est républicain, édition du Doubs, 16 janvier 1999, ill.
  • C., T. Horlogerie : la saga Cattin. Au temps glorieux de l'industrie locale. C'est-à-dire, n° 118, 8 janvier 2017, p. 13-16 : ill.
  • Chambre de Commerce et d'Industrie du Doubs. Horlogerie [dossier documentaire]. - Besançon : CCI du Doubs, juin 1988. 43 p. ; 30 cm.
    Lieu de conservation : Musée du Temps, Besançon  - Cote du document : 28700 CCI 1988
  • La dernière manufacture horlogère d'Europe est à Morteau... Vu du Doubs, hiver 1989-1990, n° 30, p. 22-23 : ill.
  • Viennet, Jean-Pierre. Le pays des horlogers : trois siècles d'histoire franco-suisse. - Villers-le-Lac : Musée de la Montre, 2015. 271 p. : ill. ; 28 cm.

Documents multimédias

  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

Témoignages oraux

  • Droz Yves, collectionneur de pièces horlogères et fondateur du Musée de la Montre, Villers-le-Lac
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Annexe(s)

  • Fiche technique des calibres Cattin C 64 et C 64 calendrier [+]
  • Fiche technique du calibre Cattin C 66 [+]
  • Fiche technique du calibre Cattin C 66 calendrier [+]

Lien(s) web

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)hôtel, usine d'horlogerie
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, bureau, logement, garage, dépendance, mur de soutènement

Localisation

  • CommuneMorteau
  • Adresse 49-55 rue de l' Helvétie
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau

Étude

  • Copyright© Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2013