Patrimoine en Franche-Comté - Moulin à blé et scierie Chopard puis Porterat, puis scierie Gaiffe

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
Hôtel de Région - 4, square Castan CS51857 - 25031 Besançon cedex

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Moulin à blé et scierie Chopard puis Porterat, puis scierie Gaiffe

13 rue du Moulin
25 - Montlebon
Dossier IA25001695 réalisé en 2017

Illustrations

Historique

Le site est attesté par un acensement de 1594. Il appartient au 18e siècle à la famille Bobillier-Chaumont (ou Bobillier-Chomont). Réfugié catholique natif du Val-de-Travers (Suisse), Pierre Bobillier-Chaumont (vers 1623-1721) s'est installé comme menuisier à Cornabey (mais rive gauche du ruisseau donc sur la commune de Grand'Combe-Châteleu), où il a fondé en 1690 la chapelle Notre-Dame des Ermites. Il est également propriétaire du moulin en amont, qu'il cède le 23 août 1718 à François Garnache-Chagris. Le site est tenu au milieu du siècle par son petit-fils et homonyme Pierre Bobillier-Chaumont (1712-1761), à l'origine de l'oratoire bâti à proximité en 1750 (et réparé en 1826 par A. D. Chopard). Au début du 19e siècle, le moulin (cadastré A 491 en 1814) et sa scierie (A 488) sont tenus par Aimé Désiré Chopard (1784-1854), dit charpentier et marié avec Marie Agnès Porterat. La scierie est déplacée ou supprimée à la fin de la décennie 1810 ou au début de la décennie suivante, et le moulin reconstruit en plusieurs phases : 1824 (date portée avec les initiales ADC et MAP sur un linteau dans le garage, partie gauche du bâtiment, surmontant le canal de fuite), 1829 (date portée avec les initiales ADC et MAP sur le linteau de l'entrée de la partie centrale) et 1833 (sur la voûte du moulin dans la partie centrale : Bâti / par DC / 1833). En 1851, une statistique signale que l'établissement comporte "3 moulins à 1 tournant chacun, 2 scies, 2 scies circulaires, 1 huilerie et 1 ribe" et que cette "usine bien établie [...] subit plus de 6 mois de chômage par an". Au décès de Chopard, elle est reprise par ses neveux, les meuniers Florentin Porterat (1824-1868) et François Porterat (1827-1866). En 1863, elle a toujours trois paires de meules et une huilerie mais aussi trois scies verticales, le tout animé par six roues en-dessus. Elle passe à un fils de François, Ulysse (1862-?). La date 1883 est visible sur une pierre proche de la vanne d'admission d'eau. Partiellement détruit par un incendie en 1885, l'établissement est immédiatement réparé par son nouveau propriétaire, Victor Fournot (1835-?), originaire de Haute-Saône, qui est dit négociant et banquier à Morteau. En 1886, son équipement se compose d'une turbine actionnant une scie multiple, une scie circulaire et une scie à équarrir ("non encore montée"), d'une roue par-dessus entraînant trois paires de meules et d'une deuxième roue par-dessus destinée à animer des machines à ébaucher des pièces d'horlogerie ("non encore montées"). Réglementé le 24 novembre 1888 par un arrêté préfectoral, il est acquis par le cultivateur Alix Arnoux (1849-1891), peu avant son décès. Il est repris par son frère Eugène (1853-1914), qui semble l'agrandir vers 1896. Sur un papier à en-tête de 1899, Eugène Arnoux, qui dispose d'un bureau ou d'un magasin à Morteau, se dit à la tête de l' "usine hydraulique et à vapeur Moulins et Scieries de Cornabey". L'ensemble passe vers 1902 à l'un de ses neveux, le négociant et marchand de bois Léon Vermot-Desroches (1873-1955), localisé au 1 rue de la Louhière à Morteau.

Il est ensuite acheté vers 1928 par Edmond Gaiffe (1897-1971) et son frère Georges (1893-1976), puis sera repris en 1972 par André, le fils d'Edmond. Les Gaiffe sont originaires de Guyans-Vennes et Edmond est venu s'installer à Montlebon à la suite de son cousin César Gaiffe, scieur de bois à Derrière le Mont qui lui a signalé la vacance de l'établissement. Outre le patron, ce dernier compte quatre ou cinq ouvriers et ses bâtiments semblent fréquemment modifiés : vers 1918, 1925 et 1936, puis au début des années 1940 (extension au sud-est ?), 1950, etc. La cheminée de la machine à vapeur, haute de 27 m, est abattue en 1942 ou 1943 et son bâtiment à étage détruit et remplacé par un garage. Le séchoir à bois est bâti à l'ouest entre 1951 et 1958, et un premier hangar (atelier de fabrication) à l'est entre 1958 et 1965. Dans l'entre-deux-guerres, l'équipement était principalement composé de deux châssis de scie à coulisses en bois fixées sur la charpente. Celui de droite est remplacé par un petit châssis Socolest (environ 50 cm de largeur utile) datant des années 1940 environ, acheté d'occasion à la scierie Pasteur de Pontarlier, et celui de gauche par un châssis à lame horizontale de marque "La Nationale", qui cède lui-même la place après 1961 à un grand châssis Socolest (80 à 85 cm de largeur utile). En 1973, un grand hangar (atelier de fabrication) est bâti par la société Munch et Cie, de Guewenheim (Haut-Rhin). Le matériel est alors partiellement renouvelé avec des machines allemandes de marque Esterer AG (société fondée en 1862, située à Altötting en Bavière) : le petit châssis Socolest est remplacé par un châssis équivalent, de même que la déligneuse Socolest ; un grand châssis à amenage automatique et chariot électrique autoporté est installé en 1976 dans le nouveau hangar. La scierie ferme en 1990 et un séchoir situé en face d'elle est détruit au cours des années 2000. La turbine à axe horizontal Douge et Cie (de Besançon) est encore en place (à l'extrémité gauche du bâtiment ancien) de même que le grand châssis Socolest, la déligneuse Esterer et une scie circulaire à balancier Guillet et Fils (dans l'atelier des années 1958-1965).

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Périodes

  • Principale1er quart 19e siècle
  • Principale2e quart 19e siècle
  • Principale4e quart 19e siècle
  • Principale3e quart 20e siècle
  • Principale2e quart 20e siècle

Dates

  • 1824porte la date
  • 1829porte la date
  • 1833porte la date
  • 1883porte la date
  • 1885daté par source

Description

Formé de trois corps accolés, le bâtiment le plus ancien est en moellons calcaires enduits. Il comporte un étage carré (partie sud) ou deux (parties centrale et nord) et un étage en surcroît. Le deuxième étage carré de la partie centrale est voûté d'arêtes, tandis que le cellier (au rez-de-chaussée de la partie sud) l'est d'une voûte en berceau plein-cintre. Le toit à longs pans et pignons couverts est porté par une charpente en bois apparente. La grange, accessible par une rampe d'accès (pont de grange), a son mur oriental également en moellons calcaires enduits, de même que l'atelier de réparation (affûtage) ; tous deux sont couverts d'un appentis en acier. Le garage (qui a remplacé le bâtiment de la machine à vapeur) à l'ouest fait appel au pan de béton armé et aux parpaings de béton enduits. Mêmes matériaux pour l'atelier de fabrication des années 1958-1965 (dont l'étage de soubassement sert de "sciurier") alors que celui de 1973 est en pan de fer, avec charpente métallique apparente supportant un toit à longs pans, pignons couverts et ciment amiante en couverture. Le séchoir à bois de l'autre côté de la rue du Moulin, à l'ouest, et le rucher, à l'est, associent pan de bois, essentage de planches partiel et charpente en bois apparente ; le premier a un toit à un pan en acier, le deuxième un toit à longs pans et tuiles mécaniques.

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  • Murscalcaire / moellon / enduit / béton / parpaing de béton / enduit / fer / pan de fer / bois / pan de bois / essentage de planches
  • Toittuile mécanique / ciment amiante en couverture / acier en couverture
  • Étages2 étages carrés / étage en surcroît
  • Couvrementscharpente métallique apparente / charpente en bois apparente / voûte en berceau plein-cintre / à lunettes
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / pignon couvert / toit à un pan / appentis
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier droit / en charpente / escalier de distribution extérieur / escalier droit / en maçonnerie
  • Autres organes de circulationsrampe d'accès
  • Énergiesénergie hydraulique / produite sur place / turbine hydraulique / énergie thermique / produite sur place
  • État de conservationdésaffecté

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 404 Cadastre de la commune de Montlebon, 1814-1965- 3 P 404 : Atlas parcellaire (24 feuilles), dessin (plume, lavis), par le géomètre du cadastre Vial, 1814 (sections A-E) et 1818 (sections F-G)- 3 P 404/1-2 : Registre des états de sections, s.d. [1822 ?]- 3 P 404/3, 6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1822-1874- 3 P 404/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1875-1914- 3 P 404/7 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 404/8 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1914-1965- 3 P 404/9 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1965
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 404
  • Service hydraulique. Usines. Réglementation, autorisations de travaux (an III-1897)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : Sp 742
  • Statistique de l'utilisation de la force motrice des eaux. In Annuaire départemental du Doubs pour 1852, 40e année, 1851, p. 103-158.
  • Papier à en-tête d'Eugène Arnoux, 21 décembre 1899
    Lieu de conservation : Collection particulière : Rémy Gaiffe, Montlebon
  • Papier à en-tête de Léon Vermot, 17 février 1908
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans

Documents figurés

  • Ruisseau de Cornabey. Commune de Montlebon, H[ame]au de Cornabey. Usines des S[ieu]rs Pugin J[ose]ph, Portrat F[ranç]ois et V[eu]ve Reuille. Plan des lieux, dessin sur calque collé sur papier (plume, lavis), par l'ingénieur ordinaire Cuvinot, Besançon le 10 octobre 1864, 1/2 500, 10 x 56 cm
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : Sp 742
  • Projet de règlement d'eau de la scierie du Sr Jacoutot Arsène, au hameau de Cornabey, territoire de Montlebon. Plan et profils, dessin (plume, lavis), par le conducteur des Ponts et Chaussées Em. Gresset, Besançon le 31 décembre 1873, 30,5 x 42 cm, échelles 1/2 500, 1/600 et 1/100. Il en existe une version sur calque dans la liasse Sp 742.
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 7 S 72
  • Commune de Montlebon. Ruisseau de Cornabey. Usines des Srs Pugin et Fournot. Plan des lieux, dessin sur calque (plume, lavis), par le conducteur Couturier, Besançon le 31 décembre 1887, 1/2 500, 31 x 61 cm. Un exemplaire du plan est conservé dans la liasse 7 S 72 des mêmes archives départementales du Doubs.
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : Sp 742
  • Commune de Montlebon. Ruisseau de Cornabey. Usine du Sr Fournot. Profil en long et profils en travers, dessin sur calque (plume, lavis), par le conducteur faisant fonction d'ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées Couturier, Pontarlier le 31 décembre 1887, échelles diverses, 30,5 x 84 cm. Accompagne un Plan des lieux également présent dans la liasse Sp 742 des mêmes archives départementales du Doubs.
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 7 S 42
  • Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr)
  • [Vue d'ensemble, depuis le sud-ouest], photographie, s.n., s.d. [1ère moitié 20e siècle, avant 1942]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Rémy Gaiffe, Montlebon
  • [Les châssis de scie], photographies, s.n., s.d. [années 1950-1960]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Rémy Gaiffe, Montlebon

Bibliographie

  • Courtieu, Jean (dir.). Dictionnaire des communes du département du Doubs. - Besançon : Cêtre, 1982-1987. 6 t., 3566 p. : ill. ; 24 cm.

Documents multimédias

  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
  • Monneret, Christian. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

Témoignages oraux

  • Gaiffe Jean, frère du dernier exploitant de la scierie (André Gaiffe). Montlebon
  • Gaiffe Rémy, fils du dernier exploitant de la scierie (André Gaiffe). Montlebon
  •  

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)moulin à blé, scierie
  • Parties constituantes non étudiéesaire des produits manufacturés, atelier de fabrication, atelier de réparation, bâtiment d'eau, pièce de séchage, logement, garage, transformateur, rucher, grange, rampe d'accès, vanne, bief de dérivation, jardin potager

Localisation

  • CommuneMontlebon
  • Adresse 13 rue du Moulin
  • Milieu d'implantationen écart
  • Lieu-dit Cornabey
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau
  • Hydrographiedérivation de la Douve

Étude

  • Copyright© Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2016