Patrimoine en Franche-Comté - Usine d'horlogerie (usine de montres) Ulysse Anguenot puis Anguenot Frères

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Usine d'horlogerie (usine de montres) Ulysse Anguenot puis Anguenot Frères

5 rue de la Perrière
25 - Villers-le-Lac
Dossier IA25001450 réalisé en 2016

Illustrations

Historique

Déjà installé au 4 rue du Quartier neuf, Ulysse Anguenot (1849-1937) fait construire cette usine vers 1907. Fils d'un employé des douanes, Ulysse a été placé en apprentissage en 1862 à Charquemont avant d'apprendre chez Meusy à Baume-les-Dames le plantage d'échappements (report sur les ponts des points de pivotement des pièces mobiles et perçage des trous correspondants). En 1871, il s'est établi planteur d'échappements, associé avec son beau-frère François Xavier Reuille (1851-1888), et il a poursuivi l'affaire avec une vingtaine de personnes au décès de Reuille. Il est réputé être le premier de Villers-le-Lac, en 1893, à s'être lancé dans la fabrication de la montre complète : en effet, lorsque le travail en sous-traitance pour la Suisse s'est ralenti suite à la loi Méline de 1892, il a envoyé l'un de ses ouvriers, Paul Boiteux, apprendre démontage, remontage et réglage de la montre chez un nommé Clémence à La Chaux-de-Fonds. A son retour, Boiteux a formé les autres ouvriers, qui sont ainsi devenus termineurs, et Anguenot a commencé à produire des montres, à échappement à ancre, au calibre 19 lignes (43 mm). Il a aussi embauché un nommé Sommer, de Saint-Imier (canton de Berne, Suisse), pour réaliser des montres à quantième et connaît le succès avec ses calibres 22 x 12 lignes, exportés notamment en Pologne, et ses montres chevalet (munies d'un dispositif permettant de les poser en position dressée sur une surface horizontale). Titulaire d'une médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris en 1900, il élargit sa production au tournant du siècle en achetant le fonds de Louis Girardot, spécialisé dans les petites montres à échappement à cylindre (signalé - sans précision de date - par Henry-Louis Belmont à la tête de la fabrique d'ébauches de la Rasse - commune de Fournet-Blancheroche -, ce dernier vient de reprendre l'entreprise fondée en 1886 par son beau-frère Virgile Cupillard, mort en 1900). Il se dit aussi à la fin de la décennie 1900 spécialiste des montres extra-plates. C'est donc pour se développer qu'il bâtit cette usine, agrandie vers 1912 (rehaussement d'un étage ?). En 1914, il emploie 80 personnes (ce chiffre ne tient certainement pas compte des travailleurs à domicile puisque dans son dossier d'attribution de la légion d'honneur, en 1929, il est écrit qu'il a occupé "une centaine d'ouvriers en fabrique et une cinquantaine en dehors"). En 1872, il a épousé Mélusine Moutarlier, qui lui a donné 15 enfants dont 11 ont vécu, notamment : Marius (époux Doerler), Alfred (époux Marchal), Paul (époux Pétolat) et Gaston (époux Scalabrino puis Maugain).

A l'issue de la guerre, en 1919, il cède son affaire à ses fils, qui forment deux sociétés à Villers-le-Lac : Marius Anguenot et Anguenot Frères (Alfred et Gaston) ; pour sa part, André est associé avec ses beaux-frères Georges et Henri Pétolat dans l'entreprise Pétolat Frères et Anguenot à Besançon. Alfred (1882-1965) - dont le beau-frère Henri Marchal aura un atelier d'horlogerie à Morteau - et Gaston (1888-1953) créent donc le 26 juin 1919 la société en nom collectif Anguenot Frères, au capital social de 100 000 F, qui devient propriétaire du site. Par la suite Sarl puis SA Anguenot Frères, elle exploite la marque Herma, déposée en 1928, et emploie 98 personnes (dont 5 Suisses) en 1930. Elle quitte les lieux en 1948 lorsqu'elle ouvre une nouvelle usine au 5 rue Pierre Berçot. Agrandi vers le sud au milieu du 20e siècle par un corps à deux niveaux, le bâtiment est en cours de conversion en immeuble en 2015.

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Périodes

  • Principale1er quart 20e siècle

Description

Le bâtiment principal a des murs en moellons calcaires enduits et un toit à longs pans, pignons couverts et couverture de tuiles mécaniques. Il comporte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, deux étages carrés et un étage de comble, desservis par un escalier dans-oeuvre tournant en bois. Les baies sont en arc segmentaire, en briques ; la façade postérieure (est) présente des fenêtres multiples à l'étage de soubassement. L'extension et les garages sont en béton (parpaings de béton et béton coulé), partiellement enduit, en rez-de-chaussée (garages) ou avec un étage carré (extension), et coiffés d'une terrasse en béton.

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  • Typologiesbaie multiple
  • Murscalcaire / moellon / enduit / béton / parpaing de béton / enduit
  • Toittuile mécanique / béton en couverture
  • Étagesétage de soubassement / rez-de-chaussée surélevé / 2 étages carrés / étage de comble
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / pignon couvert / terrasse
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier tournant à retours avec jour / en charpente
  • Énergiesénergie électrique / achetée
  • État de conservationétablissement industriel désaffecté

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 628 Cadastre de la commune de Villers-le-Lac, 1817-1973- 3 P 628 : Atlas parcellaire (18 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Vial et Girardier, 1817- 3 P 628/1-2 : Registre des états de sections (1817 ?) - 3 P 628/3-4 : Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties, 1822-1910- 3 P 628/5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 628/10-12 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1973
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 628
  • M 3044 Travail et main d'œuvre, 1926-1930
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : M 3044

Documents figurés

  • 213 - Villers-le-Lac - Vue générale [vue d'ensemble, depuis l'est], carte postale, s.n., s.d. [1er quart 20e siècle], Gaillard-Prêtre éd. à Besançon
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • Fabrique d'horlogerie Ulysse Anguenot vers 1910 [le personnel devant l'usine du 5 rue de la Perrière], photographie, s.n. Publiée dans : Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900. - 1978, p. 122.

Documents multimédias

  • Billod-Morel, Yves. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
  • Ministère de la Culture et de la Communication. Base de données Léonore (Légion d'honneur). Base accessible via internet : http://www.culture.gouv.fr/documentation/leonore/leonore.htm
  • Schröter, Andreas. [Mikrolisk, base de données des marques déposées horlogères]. - 1er quart 21e siècle. Accessible en ligne sur le site Mikrolisk (The horological trade mark index) à l'adresse : http://www.mikrolisk.de/

Bibliographie

  • Briselance, Claude-Gilbert. L'horlogerie dans le val de Morteau au XIXe siècle (1789-1914). - 1993. 2 vol., XXXII-398 - III-420 f. : ill. ; 30 cm. Mém. maîtrise : histoire contemporaine : Besançon : 1993
  • Petiteau, Natalie. L'horlogerie des Bourgeois conquérants : histoire des établissements Bourgeois de Damprichard (Doubs), 1789-1939. - Besançon : Presses universitaires de Franche-Comté, 1994. 224 p. - [8 p. de pl.] : ill., cartes, graph. ; 24 cm. (Annales littéraires de l'Université de Franche-Comté. Série Historiques ; 8)
  • Les pionniers de l'horlogerie à Villers-le-Lac. Horlogerie ancienne, Revue de l'Association française des Amateurs d'Horlogerie ancienne, n° 24, 2e semestre 1988, p. 37-53 : ill.
  • Ville de Lac-ou-Villers (Doubs) : Guide et souvenir de l'exposition horlogère et artisanale organisée par les élèves des cours du soir du 6 au 14 mai 1944. - Morteau : Impr. André Genre, 1944. 36 p. ; 20 cm.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac
  • Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1978. 294 p. : cartes postales ; 31 cm.

Témoignages oraux

  • Droz Yves, collectionneur de pièces horlogères et fondateur du Musée de la Montre, Villers-le-Lac
  •  

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)usine d'horlogerie
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, garage, cour

Localisation

  • CommuneVillers-le-Lac
  • Adresse 5 rue de la Perrière
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2015

Localisation