Patrimoine en Franche-Comté - Usine d'horlogerie (usine de montres) de la manufacture d'horlogerie E. Cattin et Cie

Je recherche :


Afficher les résultats :
Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
Hôtel de Région - 4, square Castan CS51857 - 25031 Besançon cedex

Accès aux dossiers d'inventaire

Retour

Usine d'horlogerie (usine de montres) de la manufacture d'horlogerie E. Cattin et Cie

8 avenue Charles de Gaulle
25 - Morteau
Dossier IA25001849 réalisé en 2018

Illustrations

Historique

Inaugurée le 13 octobre 1962, l'usine a été bâtie en 1960-1961 pour Emile Cattin (1904-1979). Elle se compose d'un corps de bâtiment en façade, doté de deux ailes en retour sur l'arrière au sud-est (avec une troisième au centre moins élevée) et encadré par deux pavillons indépendants. Etabli fabricant d'horlogerie en 1929, Cattin est à l'origine, à partir de 1936, d'une première usine au long de la route de Villers-le-Lac (49-55 rue de l'Helvétie). Il y a créé une fabrique de montres-bracelets de type Roskopf au calibre 10 1/2 lignes (23,68 mm), dotées d'un échappement à ancre à goupilles (moins coûteux à produire car la précision attendue étant moins grande pour ce type de montres, les ébauches font appel à des pièces découpées et non usinées). Spécialiste des "montres bon marché pour primes, loteries, forains, bazars", il dirige la société Cattin et Cie (Sarl au capital d'un million F puis SA), exploitant les marques Cat, Milca, Mondia et surtout Mortima (qui a un coq pour emblème). Véritable manufacture, la société réalise elle-même ses composants (à l'exception des spiraux ; à certaines époques, elle achète aussi boîtes, aiguilles et pierres) et ses mouvements (depuis 1950), dont les plus connus sont le calibre C 64 (fabriqué à partir de 1964 et destiné aux montres pour les femmes) et le C 66 (à partir de 1966 pour les montres extra-plates pour hommes). Elle exporte 300 000 montres en 1960 (la majeure partie de sa production) dans 70 pays (notamment en Afrique qui représente 60 % de son chiffre d'affaires) et obtient cette année-là l'Oscar de l'exportation. Elle dispose d'ailleurs d'un bureau à Paris de 1954 à 1987 (157 rue du Temple). Emile Cattin est un patron social : il accorde 13e mois et participation aux bénéfices, et a aussi fait construire, en même temps que l'usine et à proximité immédiate d'elle, une dizaine de maisons destinées au personnel d'encadrement.

L'entreprise est en 1965, avec Mercier et Maillardet, la seule de Morteau classée dans la catégorie de 100 à 199 salariés. En 1971, elle est au nombre de celles qui participent à la création de Montrelec, société (intégrée en 1980 à Framelec) chargée d'assurer la recherche et le développement pour produire un mouvement à quartz analogique. Elle produit alors 10 000 montres par jour. Elle est reprise en 1978 par René Gruet, le gendre de Cattin, qui l'a rejoint en 1948 (et qui a aussi repris en 1971 la société Renaudin). Elle décide en 1979 de réaliser ses propres montres à quartz (à affichage analogique), ce qui la conduit en 1981 à agrandir l'usine en comblant avec un corps de trois niveaux l'espace existant entre les deux ailes de la façade postérieure (tandis qu'un bâtiment est ajouté dans l'angle sud-ouest de la parcelle). Elle compte 270 salariés en 1980-1981 mais 340 en 1982, année où elle produit 2,2 millions de montres de moyen bas de gamme. Pour ce faire, le 19 mai 1981, elle a acheté la Société des Boîtes et Bracelets-Montres Burdet (SBBM) de Damprichard, son principal fournisseur de boîtes (avec un million de pièces) placé en liquidation judiciaire, et a créé pour l'exploiter une filiale : la Compagnie française des Boîtes de Montre (130 personnes en 1982). Ses effectifs montent à 360 salariés au maximum (dont une cinquantaine à domicile), tandis qu'elle fabrique environ 2,5 millions de montres par an à cette époque (soit 15 à 20 % de la production nationale). Elle dispose de pas moins de 350 modèles et 26 marques : Amstrong, Buxton, Caravelle, Catémi, Freeman, Jubilé, Lady de Luxe, Meigo Cattin, Symbole Coq Mortima, Mortima, Olyvia, Or-I-Ma, Prosperity, Republic, Relaxima, Rexania, Sartime, Scandal, Scandia, Shirley de Luxe, Spoutnik, Starmaster, Takano, Trada-Watch, Windmaster et Zorva.

L'affaire connaît des difficultés au décès accidentel de René Gruet en 1985. Elle fabrique toujours des montres à échappement à chevilles (C 64 et C 66) mais a également au catalogue deux mouvements à quartz (C 80 et C 81), élaborés par le Cetehor (Centre technique de l'Industrie horlogère) et produits à partir de 1983. En 1989, elle compte 300 personnes, a une production mensuelle de 140 000 montres et exporte 60 % de la production au sein de la CEE. La société dépose cependant son bilan le 17 avril 1990 (alors qu'elle occupe encore 252 personnes) et entraîne dans sa chute le 8 mai suivant la Compagnie française des Boîtes de Montre (80 emplois).

L'entreprise est acquise par le Suisse Nicklaus Haenggi, qui reprend 80 salariés, et redémarre sous le nom de Nouvelle Société Cattin. En 1991, elle fabrique une montre à quartz sans pile, mais elle est de nouveau placée en redressement judiciaire en janvier 1992 (69 salariés). Reprise en fin d'année par Paul Bommer, également Suisse (de Schaffhouse), elle conserve 33 salariés et se recentre sur la fabrication des montres publicitaires. La fermeture définitive intervient en 1997. Les logements sont vendus au cours de la décennie tandis que l'usine est rachetée en 1999 par la Ville, qui la transforme en pépinière d'entreprises (cette conversion s'accompagne de la destruction du pavillon gauche avant juin 2001). Elle héberge actuellement des bureaux, cabinets de santé, artisans et quelques entreprises : la société Watch Service and Care Concept (fournituriste pour l'horlogerie), acquéreur en 2005 de Fom 2000 (qui avait repris l'affaire de Jacques Henriot), la Sarl des Ets Verlux (fournituriste de verres de montre pour l'horlogerie) à partir de 2001 (l'entreprise était auparavant au 33 rue de la Louhière), la société Hexacath (fabrique de matériel médico-chirurgical et dentaire), etc.

Afficher les données détaillées

Dates

  • 1960daté par source, daté par travaux historiques
  • 1981daté par source

Description

L'usine a des murs en pan de béton armé, avec certainement remplissage en parpaings de béton, le tout enduit ou protégé par un essentage plastique. Le corps principal et les deux ailes comptent trois étages carrés et un comble à surcroît, celui de 1981 deux étages carrés seulement. Les dessertes sont assurées par des escaliers dans-oeuvre tournant en béton et un ou plusieurs ascenseurs. Les élévations sont plus vides que pleines du fait de la multiplication des fenêtres. Métalliques, les toits sont à longs pans et croupes ; celui sur l'extension semble être une terrasse en béton. La pavillon gauche a été détruit ; celui de droite n'est plus identifiable : recrépi, il a été surélevé d'un étage en surcroît et son toit terrasse a été remplacé par un toit à demi-croupes et tuiles mécaniques. Les maisons, aux murs de parpaings de béton enduits, ont deux niveaux (celle au n° 3 rue Emile Cattin en a trois avec son étage de soubassement), généralement desservis par un escalier extérieur droit en béton donnant accès à une petite entrée couverte d'un toit en terrasse. Elles sont coiffées d'un toit à longs pans, croupes et tuiles mécaniques.

Afficher les données détaillées

  • Mursbéton / pan de béton armé / enduit / essentage de matériau synthétique / béton / parpaing de béton / enduit
  • Toitmétal en couverture / béton en couverture / tuile mécanique
  • Étages3 étages carrés / comble à surcroît
  • Élévationsélévation ordonnancée
  • Couverturestoit à longs pans / croupe / noue / terrasse / toit à longs pans / demi-croupe
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier tournant à retours sans jour / en maçonnerie / escalier de distribution extérieur / escalier droit / en maçonnerie
  • Autres organes de circulationsascenseur
  • Énergiesénergie électrique / achetée
  • État de conservationétablissement industriel désaffecté

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 412 Cadastre de la commune de Morteau, 1816-1978- 3 P 412 : Atlas parcellaire (11 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Girardier et Mestre, 1816-1817- 3 P 412/1 : Registre des états de sections, 1818- 3 P 412/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1823-1875. Le 1er volume manque.- 3 P 412/2-3 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1876-1914- 3 P 412/6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 412/7-9 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1911-1965- 3 P 412/10-13 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1978
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 412
  • 50 J 34 Syndicat de fabricants d'horlogerie de Besançon. Correspondance avec les fabricants, 1948-1967
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 50 J 34
  • 106 J Fabrique d'horlogerie Cattin, à Morteau (1934-1986)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 116 J
  • Archives communales, Besançon, 86 W 104 Entreprises de microtechniques de Franche-Comté (4e quart 20e siècle)
    Lieu de conservation : Archives communales, Besançon  - Cote du document : 86 W 104
  • Mortima Watch. Cattin & Cie, Morteau (Doubs) France [publicité], s.d. [milieu des années 1960]
    Lieu de conservation : Musée de l'Horlogerie, Morteau
  • Mortima Watch. Prestigious watches at popular prices ! [publicité], s.d. [années 1960-1970, après 1966]
    Lieu de conservation : Musée de l'Horlogerie, Morteau
  • Papier à en-tête de la société Cattin et Cie, 6 avril 1955
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans
  • Catalogue des fournitures des mouvements français de montres. 2e éd. - Paris : Centre d'Information de la Montre française, 1973. 2 classeurs, non paginés : ill. ; 32 cm.1ère éd. en 1968, mises à jour en octobre 1970, mai 1971, juin 1972 et juillet 1973. Fiches techniques donnant pour chaque calibre (mouvement), et ses variantes, ses caractéristiques techniques et la liste des fournitures le composant.
  • Cattin S.A. le n° 1 français de la profession [... publicité], 1976. Publiée dans : La France horlogère, n° 372, novembre 1976, p. 141.

Documents figurés

  • [Vue d'ensemble de l'usine Cattin peu après sa construction], photographie, s.n., s.d. [années 1960]. Publiée dans : Regards sur le Doubs. - Paris : Service de Presse, Edition, Information, 1971.
  • Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr)
  • [Vue aérienne de l'usine et intérieurs d'ateliers], photographie, s.n., s.d. [2e moitié 20e siècle]Publiées dans : C., T. Horlogerie : la saga Cattin. Au temps glorieux de l'industrie locale. C'est-à-dire, n° 118, 8 janvier 2017, p. 15.

Bibliographie

  • L'ancienne usine Cattin rachetée par la ville. L'Est républicain, édition de Montbéliard, 21 octobre 1999
  • Barbier, Claude. Noms propres des rues de Morteau. - Morteau : Mairie de Morteau, 2008. [7] p. ; 30 cm.Document accessible en ligne sur le site de la mairie : www.morteau.org (consultation : 15 mai 2018)
  • Bernard, Christian. La nouvelle vie de l'usine Cattin. L'Est républicain, édition du Doubs, 16 janvier 1999, ill.
  • C., T. Grandeur et décadence de l'horlogerie. C'est-à-dire, n° 95, 8 décembre 2004, p. 11-14 : ill., n° 96, 13 janvier 2005, p. 7-14 : ill.
  • C., T. Horlogerie : la saga Cattin. Au temps glorieux de l'industrie locale. C'est-à-dire, n° 118, 8 janvier 2017, p. 13-16 : ill.
  • Chambre de Commerce et d'Industrie du Doubs. Horlogerie [dossier documentaire]. - Besançon : CCI du Doubs, juin 1988. 43 p. ; 30 cm.
    Lieu de conservation : Musée du Temps, Besançon  - Cote du document : 28700 CCI 1988
  • Chambre française de l'Horlogerie. Annuaire 1972/1973. - Paris : CFH, 1972. III-177 p. ; 30 cm.
  • Chambre française de l'Horlogerie. Annuaire 1986/87. - Paris : CFH, 1986. 98 p. ; 30 cm.
  • La dernière manufacture horlogère d'Europe est à Morteau... Vu du Doubs, hiver 1989-1990, n° 30, p. 22-23 : ill.
  • Entreprise Cattin à Morteau. 13e mois refusé. L'Impartial, n° 35 408, 113e année, mardi 20 juillet 1993, p. 14.Article accessible en ligne : http://doc.rero.ch/record/112004/files/1993-07-20.pdf (consultation : 22 mai 2018)
  • Etablissements Cattin : 89 suppressions de postes. L'Est républicain, édition du Doubs, jeudi 17 mai 1990
  • Les établissements horlogers en France. - S.l. : s.n., mars 1965. 17 p. ronéotypées ; 20 cm.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Michel Simonin, Maîche
  • Gruet, René. La manufacture Cattin de Morteau : une tranquille mutation vers la montre à quartz. Réalités franc-comtoises, n° 253, 26e année, mars 1983, p. 106-111 : ill.
  • Horlogerie. Rachat de la CFBM. In : Les Échos, n° 15836, 26 février 1991, p. 15.
  • Mathieu, Philippe. Cattin invente la montre à quartz sans pile. Les Echos, 12 avril 1991. Document accessible en ligne : https://www.lesechos.fr/12/04/1991/LesEchos/15868-048-ECH_cattin-invente-la-montre-a-quartz-sans-pile.htm (consultation : 22 mai 2018)
  • Payot, Bernard. Morteau, le syndrome de la cité dortoir. L'Est républicain, édition du Doubs, mercredi 15 mai 1991, ill.
  • Prêtre, Alain. 28 licenciements chez Cattin. Le Pays de Montbéliard, 25 novembre 1992, ill.
  • Sauvegarder l'avenir. La SBBM à Damprichard. L'exemple type des difficultés de l'horlogerie. In : L'Est républicain, dimanche 11 janvier 1984.
  • Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche. - Maîche : M. Simonin, 2007. 143 p. : ill. ; 30 cm.
  • Viennet, Jean-Pierre. Le pays des horlogers : trois siècles d'histoire franco-suisse. - Villers-le-Lac : Musée de la Montre, 2015. 271 p. : ill. ; 28 cm.

Documents multimédias

  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

Témoignages oraux

  • Droz Yves, collectionneur de pièces horlogères et fondateur du Musée de la Montre, Villers-le-Lac
  •  

Annexe(s)

  • Fiche technique des calibres Cattin C 64 et C 64 calendrier [+]
  • Fiche technique du calibre Cattin C 66 [+]
  • Fiche technique du calibre Cattin C 66 calendrier [+]

Lien(s) web

Intérêt, protection et statut

Afficher les données détaillées

  • Statut de la propriétépropriété privée, propriété publique
  • Précision statut,

Désignation

  • Dénomination(s)usine d'horlogerie
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, atelier de conditionnement, bureau, bureau d'études, entrepôt industriel, logement de contremaître, magasin industriel, vestiaire d'usine, atelier de réparation, transformateur, cour, stationnement

Localisation

  • CommuneMorteau
  • Adresse 8 avenue Charles de Gaulle
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau

Étude

  • Copyright© Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2013