Patrimoine en Franche-Comté - Usine d'horlogerie (usine de montres et d'ébauches de montre) Victor Anguenot et Cie

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Usine d'horlogerie (usine de montres et d'ébauches de montre) Victor Anguenot et Cie

7 rue du Lac
25 - Villers-le-Lac
Dossier IA25001452 réalisé en 2016

Illustrations

Historique

Le bâtiment est construit pour Donat Picart en 1890 (date portée sur le linteau de l'entrée avec les initiales P et D). Il passe au milieu de la décennie suivante à Victor Anguenot (1874-1938), natif de Charquemont, qui a fondé son entreprise en 1892. Fils de François Anguenot (1845-1907), signalé en 1906-1907 comme l' "un des doyens de la fabrication à Villers-le-Lac" (montres Roskopf aux calibres de 19 et 21 lignes), il est le neveu d'Ulysse (1849-1937), installé au 4 rue du Quartier neuf puis au 5 rue de la Perrière, qui est réputé être le premier du village à s'être lancé dans la fabrication de la montre complète, en 1893. Victor s'était associé le 7 septembre 1907 avec son beau-frère Marcelin Joriot (1870-1956) au sein d'une société en nom collectif "ayant pour objet la fabrication et la vente d'horlogerie" (cette association se poursuivra ensuite avec le fils de Marcelin : André, 1898-1989). Si le montage s'effectue rue du Lac, les ébauches sont réalisées à la Courpée (dans le bâtiment de la fabrique Faivre, auparavant Veuve A. Vuillemin et Fils, affaire reprise en 1913 par Anguenot) puis, dans un second temps, au 5 rue de la Gare où les associés achèteront vers 1922 la maison et l'atelier du menuisier Ernest Bitard. A la veille de la première guerre mondiale, la société Victor Anguenot et Cie est spécialisée dans les montres plates système Roskopf (jouissant d'une précision toute relative : une minute par jour), dans des calibres de 13 à 24 lignes. Elle vend beaucoup aux mineurs, sous sa marque Régulateur français (déposée le 12 janvier 1922), mais travaille surtout pour les grossistes, qui apposent leur marque ou celle de leurs clients, et exporte énormément en Algérie, Tunisie, etc. (elle emploie à l'usine un menuisier pour fabriquer ses caisses en bois).

Victor fait construire vers 1925 un atelier à droite de la maison et un garage, puis vers 1934 un nouveau bâtiment à l'ouest, dans la rue de la Perrière, où il installe la fabrication des ébauches (la raison : éviter les innombrables déclarations à remplir pour passer le bureau de douane installé entre les deux sites, à l'extrémité du pont). La production est répartie entre ces deux ateliers : les ébauches sortent du plus récent, les montres sont montées et terminées dans celui des années 1920. L'affaire emploie 46 personnes en 1930, dont 5 Suisses. Après la mort de Victor, la société est en 1939 transformée en Sarl avec pour gérants son fils René (1902-1988) et son gendre Jules Monnin (1902-1976), fils de Numa Monnin, fondateur à Charquemont de la maison Numa Monnin et ses Fils (qui deviendra Georges Monnin et Cie). Le premier s'occupe de la fabrication des ébauches, le second de la terminaison des montres et de leur commercialisation. Les calibres 19 lignes (42,84 mm) sont abandonnés au profit de trois calibres seulement : le VA 37 (un 16/27) utilisé pour les montres de poche, un calibre 16/22 plus plat que le précédent mais destiné au même usage (et qui sera par la suite décliné en version avec calendrier) et le calibre VA 24 (un 10 1/2 lignes soit 23,68 mmm), créé par un autre gendre de Victor, Freddy (Alfred) Boillot. A l'issue de la guerre, la Sarl compte seulement une douzaine de personnes. Elle abandonne dans les années 1960 la fabrication de ses ébauches et se recentre sur celle des montres-bracelets dotées d'un mouvement à échappement à ancre, utilisant à partir de cette époque les ébauches des fabricants français (Parrenin, Isa France, France Ebauches, Horlogerie de Savoie) ou suisses (Ebauches SA). Elle fait d'ailleurs partie à la fin de la décennie de la SA Gador, groupement d'achat constitué avec les maisons Jeannin, Bervil et Fornage de Villers-le-Lac, Jean Morel, Roger Monnin et Gaston Monnin (Monnin-Ponçot) de Charquemont.

Deux nouveaux gérants sont nommés au départ en retraite d'Anguenot et Monnin : Freddy Boillot (1922-1999) et Jacques Monnin (né en 1934), fils de Jules. La Sarl (au capital de 262 000 F en 1972, 400 000 F en 1977) fabrique 162 033 montres en 1971 et 217 969 en 1975 (vendues à 80 % aux grossistes et les 20 % restants via le réseau des horlogers bijoutiers) ce qui la classe localement en troisième position. Pour se développer, en 1975, elle a doublé le bâtiment récent en profondeur vers le nord (la production cessant dans celui d'origine) et implanté une chaîne de fabrication des plus modernes. Affectée par la récession de 1976, elle compte cependant en 1977 58 ouvriers et employés et 4 représentants multi-cartes (l'effectif moyen varie de 1971 à 1977 entre 62 et 74 personnes, maximum atteint en 1975). Pour faire face à la pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur, elle a aussi ouvert à Flangebouche (dans un bâtiment mis à disposition par la mairie) un atelier de montage réunissant une douzaine de personnes.

Lorsque Boillot prend sa retraite, Jacques Monnin rachète l'affaire et crée la Sarl Monnin-Anguenot avec la collaboration de son épouse, Antoinette Boillon. Il abandonne le site de Flangebouche (repris après 1985 par les Ets Bouhelier) et produit 20 à 25 000 montres par mois, essentiellement des montres-bracelets équipées de mouvements à quartz France Ebauches et Isa France, avec deux pics de production importants : en septembre-octobre pour les fêtes de fin d'année, de février à mai pour les communions. Jacques Monnin, qui élabore lui-même les collections, vend de plus en plus aux horlogers bijoutiers (il emploie cinq représentants) sous les marques Régulateur français et Précis, cette dernière (cédée gracieusement par un bijoutier de Maubeuge) déposée pour les montres-bracelets (deux autres marques, V & C et Yaxa, n'ont jamais été exploitées). Face à la concurrence, l'affaire décline doucement jusqu'au départ en retraite de Jacques et Antoinette Monnin en 1994 (elle ne compte alors plus que trois ouvriers). Elle est vendue à la société Cupillard-Rième, de Morteau. Le bâtiment récent héberge un temps la Sarl AT3 Polissage, entreprise de polissage employant 18 personnes, créée en 1996 et qui ferme en septembre 2009 ; il a été transformé en habitation vers 2013. Le site d'origine est inchangé.

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Périodes

  • Principale4e quart 19e siècle
  • Principale1ère moitié 20e siècle
  • Principale4e quart 20e siècle

Dates

  • 1890porte la date, daté par source

Description

Les bâtiments antérieurs à la deuxième guerre mondiale ont des murs en moellons calcaires enduits et une toiture à longs pans et pignons couverts ; l'extension des années 1970, qui fait appel aux parpaings de béton enduits, est coiffée d'un toit en appentis. La couverture est en tuiles mécaniques. La maison comporte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage en surcroît (avec une fenêtre horlogère en façade), surmonté d'un comble ; son atelier a deux étages carrés et un étage de comble, le rez-de-chaussée et le premier étage largement éclairés par des baies d'atelier. L'atelier de la rue de la Perrière compte un rez-de-chaussée et un étage carré, percés de nombreuses fenêtres horlogères, plus un étage de comble ; son extension a deux niveaux apparemment.

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  • Typologiesbaie horlogère / baie d'atelier
  • Murscalcaire / moellon / enduit / béton / parpaing de béton / enduit
  • Toittuile mécanique
  • Étagesétage de soubassement / rez-de-chaussée surélevé / étage en surcroît / étage de comble
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / pignon couvert / noue / appentis
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier de distribution extérieur / escalier droit / en maçonnerie
  • Énergiesénergie électrique / achetée
  • État de conservationétablissement industriel désaffecté

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 628 Cadastre de la commune de Villers-le-Lac, 1817-1973- 3 P 628 : Atlas parcellaire (18 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Vial et Girardier, 1817- 3 P 628/1-2 : Registre des états de sections (1817 ?) - 3 P 628/3-4 : Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties, 1822-1910- 3 P 628/5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 628/10-12 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1973
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 628
  • M 3044 Travail et main d'œuvre, 1926-1930
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : M 3044
  • 2093 W 6 Aide aux entreprises
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 2093 W 6
  • Papier à en-tête de la société V. Anguenot et Cie, 23 juillet 1926
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans

Documents figurés

  • Lac ou Villers (Doubs). Embarcadère - Départ pour la visite en canot automobile des Bassins et Saut du Doubs, carte postale, s.n., s.d. [1er quart 20e siècle, entre 1909 et 1916], Bauer Marchet et Cie éd. à Dijon. Le tampon rond Bauer Marchet et Cie Dijon a été utilisé par l'éditeur de 1909 à 1916.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • 73. Lac-ou-Villers (Doubs). - Le quartier neuf [vu de l'est], carte postale, s.n., s.d. [2e quart 20e siècle, vers 1925-1927]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • Lac-ou-Villers (Doubs). - Vue générale prise de la route de la Suisse [vue d'ensemble du village, depuis l'est], carte postale, par M. Villier, [2e quart 20e siècle, avant 1945], C. Lardier éd. à Besançon. Porte la date 2 octobre 1945 au verso.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • Etablissements Victor Anguenot [façade antérieure, de trois quarts gauche], photographie imprimée, s.n., s.d. [1943]. Publiée dans : Cent cinquantenaire de la fabrique d'horlogerie de Besançon. - S.l. [Besançon] : impr. Millot Frères, 1943, p. 39.
  • Frontière franco-suisse. 105 - Vue générale de Villers-le-Lac [depuis le sud], carte postale, par Janin, s.d. [entre 1948 et 1952], Editions Photo Janin à Maîche
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr)

Bibliographie

  • Briselance, Claude-Gilbert. L'horlogerie dans le val de Morteau au XIXe siècle (1789-1914). - 1993. 2 vol., XXXII-398 - III-420 f. : ill. ; 30 cm. Mém. maîtrise : histoire contemporaine : Besançon : 1993
  • Centre d'Etudes économiques régionales de Franche-Comté. Répertoire des établissements industriels de Franche-Comté classés dans la section "précision, horlogerie, optique" de la nomenclature des activités économiques de l'I.N.S.E.E. - S.l. [Besançon] : s.n. [Centre d'Etudes économiques régionales de Franche-Comté], juin 1969. III-65 p. ; 21 x 30 cm.
  • Chambre française de l'Horlogerie. Annuaire 1972/1973. - Paris : CFH, 1972. III-177 p. ; 30 cm.
  • Monnin, Jacques. Historique condensé et mémoriel de la Maison Victor Anguenot, Manufacture d'Horlogerie Le Régulateur Français. 7, rue du Lac à 25130 Villers-le-Lac (Doubs). - Juillet 2016. 6 f. dactyl : ill. ; 30 cm.
  • Vuillet, Bernard. Villers-le-Lac et son passé / photogr. Georges Caille. - Morteau : Impr. Bobillier, 1983. 56 p. : ill. ; 22,5 cm.

Documents multimédias

  • Billod-Morel, Yves. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
  • Sirene, base de données de l'Insee consultable sur le site internet Score3.fr

Témoignages oraux

  • Droz Yves, collectionneur de pièces horlogères et fondateur du Musée de la Montre, Villers-le-Lac
  • Monnin Jacques et Antoinette, anciens gérants de la Sarl Monnin-Anguenot. Villers-le-Lac
  • Renaud-Bezot Jacques, ancien dirigeant de la société horlogère du même nom. Villers-le-Lac
  • Vuez Jean-Claude, descendant d'une famille d'horlogers, historien de la société Parrenin, Villers-le-Lac
  •  

Annexe(s)

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)usine d'horlogerie
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, bureau, magasin industriel, logement, garage, jardin

Localisation

  • CommuneVillers-le-Lac
  • Adresse 7 rue du Lac
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2015