Patrimoine en Franche-Comté - Maison et usine d'horlogerie (usine de fournitures pour l'horlogerie et de montres) Amédée Tirolle puis Victorin Frésard

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Région Bourgogne Franche-Comté
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Maison et usine d'horlogerie (usine de fournitures pour l'horlogerie et de montres) Amédée Tirolle puis Victorin Frésard

10-14 rue du Château
25 - Charquemont
Dossier IA25001180 réalisé en 2014

Illustrations

Historique

Amédée Tirolle (Charles Joseph Amédée Tirolle, ou Tyrole, né en 1858) fait construire en 1887, en bordure de la rue du Château, une maison dotée d'un atelier pour la fabrication des roues d'ancre. Vers 1902, il agrandit ou reconstruit le bâtiment (cadastré E 140/113, actuel n° 10 de la rue). A la fin de la décennie, son affaire passe à son fils Adrien Tirolle (né en 1883), sertisseur de rubis qui s'établira rue du Crôt en 1932, tandis que la maison est reprise par sa fille Andréa (née en 1877), épouse de Victorin Frésard (1880-1936). Né à Bure (Suisse), ce dernier est le fils d'Aster Frésard (1848-1912), fabricant d'assortiments à cylindre (échappements) établi à l'angle de la Grande Rue (au n° 9) et de la rue des Lilas. Victorin est depuis 1911 associé à ses frères Constant et Joseph et à son beau-frère Paul Bessot (époux de sa sœur Constance) au sein de la société Frésard Frères et Bessot (6 rue des Lilas).

En 1932, il se met à son compte en créant la fabrique d'assortiments à cylindre Victorin Frésard et Enfants, à laquelle participent deux de ses fils, Roger et Georges, et sa fille Denise (épouse de Valbert Brulard). Le bâtiment initial a été agrandi vers 1922 puis, vers 1925, Victorin a fait bâtir une usine (E 113, actuel n° 12) et acheté à Jules-Auguste Jeannoutot la maison voisine (E 141/113, actuel n° 14), édifiée en 1886 pour Octavie Erard. Son affaire emploie jusqu'à 150 personnes, sur place ou à domicile.

Roger (1904-1983), marié à Marcelle Patois (fille de Félix, finisseur de roues de cylindre au 2 rue Pasteur), prend la suite après son décès et transforme le 4 août 1936 l'entreprise en Sarl Maison Victorin Frésard (au capital de 240 000 F). Cette société occupe l'usine, où elle produit plusieurs centaines de grosses d'assortiments par mois (une grosse équivalant à douze douzaines d'unités). Face au déclin de l'assortiment à cylindre concurrencé par celui à ancre, Roger se reconvertit dans le pivotage (réalisation du pivot d'une pièce mobile) pour l'un et l'autre de ces systèmes d'échappement. Sa Sarl réalise aussi à partir de 1947 des montres entières, vendues sous les marques MVF (Maison Victorin Frésard) pour celles à échappement à cylindre et SardLux pour celles à échappement à ancre. En 1949 et 1950, l'entreprise n'utilise que des ébauches françaises ; du 1er juillet au 30 novembre 1956, elle en achète 2 260 : 600 de la Fabrique d'Ebauches de Maîche et 450 des Ets Joseph Jeambrun (JEJ) à Maîche, 800 de Cupillard (VC) et 100 de Parrenin (HP) à Villers-le-Lac, 300 de la société Horlogerie de Savoie (HS) et 10 de la Fabrique d'Ebauches de Montres du Genevois à Annemasse (Femga). En 1952, sa production mensuelle varie de 1 500 à 2 000 montres de petites dimensions, dont 50 à 70 % pour l'exportation ; elle emploie 10 personnes en atelier et 5 ou 6 termineurs à domicile.

A la fin des années 1940 ou au début des années 1950 a lieu un partage : l'ancienne maison Jeannoutot (E 141/113), modifiée vers 1940, passe à Roger et André Frésard (ce dernier arrêtant le 1er janvier 1949 sa fabrication de montres 5 1/4 à échappement à cylindre) tandis que l'ancienne maison Tirolle (E 140/113) devient propriété de Raymond Frésard et Valbert Brulard (montres Rexa, 6 rue du Lac à Annecy). Raymond (époux de Suzanne Fierobe) est à l'origine de la société Sardlux (ou Sarlux) fondée au début des années 1960 ; il va employer jusqu'à une dizaine de personnes avant d'arrêter son entreprise et de devenir représentant pour son cousin Pierre Frésard (Frésard-Panneton) et pour la Manufacture horlogère de Savoie (Lorsa), à Annemasse. Les deux bâtiments sont toujours à usage d'habitation.

De son côté, l'usine de la Maison Victorin Frésard est agrandie au nord-est vers 1953-1956. Lui succède à la fin des années 1950 la Sarl Coeurdor (au capital de 500 000 F), fondée le 28 mars 1950 avec siège social au 10 rue des Villas à Besançon. Cette société était précédemment implantée dans l'ancienne usine Walcker puis Pasquier Frères, au 11 rue de l'Eglise, comme il ressort de la déclaration d'ouverture d' "un atelier où il sera procédé au dépôt électrolytique des métaux" du 3 mai 1950 signée par le gérant Joseph Nappey, fabricant de boîtes de montres à Charmauvillers. La Sarl est transformée en SA le 30 décembre 1958 puis fusionne le 12 janvier 1967 avec le Microdécolletage, de Maîche, dont elle reprend l'usine du 8 rue de la Batheuse. Elle cède la place en 1974 à la famille Haenni, à la tête de la fabrique de cadrans de montre Elector établie rue Victor Hugo. Georges Haenni et ses enfants y réalisent des cadrans de montre et surtout des index pour ces cadrans via la Sarl Indexor, créée en 1970. Ils y pratiquent également l'injection plastique. Les installations d'Indexor, qui emploie jusqu'à 29 personnes, sont endommagées par un incendie le 17 mars 1995. Michel Haenni, l'un des fils de Georges, choisit alors de transférer son activité au 9 rue du Mont à Maîche, dans l'ancienne usine d'horlogerie Rotschi. Le bâtiment est actuellement désaffecté.

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Périodes

  • Principale4e quart 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle
  • Principale3e quart 20e siècle

Dates

  • 1886daté par source
  • 1887daté par source

Description

Les bâtiments ont des murs en moellons calcaires enduits et une couverture en tuile mécanique. L'extension de l'usine fait appel au parpaing de béton, de même que le garage à côté. L'usine compte deux étages carrés et un comble à surcroît, protégés par un toit à croupes avec une demi-croupe au-dessus de l'entrée au nord-ouest. Les deux maisons ont sous-sol, rez-de-chaussée (surélevé pour le n° 10), étage carré et étage en surcroît (surmonté d'un comble au n° 14). Celle du n° 10 présente, sur le mur pignon nord-est, une logette sommée d'une terrasse en béton et sur le mur gouttereau côté rue une travée formée de baies horlogères superposées ; la grande baie du n° 14 ouvrant l'étage en surcroît côté rue signale peut-être un ancien atelier. Ces maisons sont coiffées d'un toit à longs pans, demi-croupes et égouts retroussés. La tonnelle octogonale est en pan de bois avec couverture en losanges de ciment-amiante.

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  • Typologiesbaie horlogère / baie d'atelier
  • Murscalcaire / moellon / enduit / béton / parpaing de béton / enduit / bois / pan de bois
  • Toittuile mécanique / béton en couverture / ciment amiante en couverture
  • Étages2 étages carrés / comble à surcroît
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / croupe / demi-croupe / terrasse / toit à plusieurs pans / noue
  • Escaliersescalier dans-oeuvre
  • Énergiesénergie électrique / achetée
  • État de conservationétablissement industriel désaffecté

Documentation

Documents figurés

  • 3 P 681 Plan cadastral parcellaire de la commune de Charquemont [...] terminé sur le terrain le 24 juin 1811 [...] par M Vial géomètre du cadastre
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 681
  • Charquemont (Doubs) - Vue générale [la rue du Château vue de l'ouest], carte postale coloriée, s.n., s.d. [entre 1904 et 1909], Bauer Marchet éd. à Dijon. Le monogramme BM figurant au recto a été utilisé par l'éditeur de 1904 à 1909, puis remplacé de 1909 à 1916 par le tampon rond Bauer Marchet et Cie Dijon.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • Charquemont (Doubs) - Fabrique A. Tirolle et Rue du Près Rousselle, carte postale coloriée, s.n., s.d. [limite 19e siècle 20e siècle, avant 1909], Bauer Marchet et Cie éd. à Dijon. Publiée dans : Simonin Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche, 2007, p. 27.Le monogramme BM figurant au recto a été utilisé par l'éditeur de 1904 à 1909, puis remplacé de 1909 à 1916 par le tampon rond Bauer Marchet et Cie Dijon (source : http://dijon1900.blogspot.fr/2013/02/bauer-marchet-et-cie.html)
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jacques Donzé, Charquemont
  • Charquemont (Doubs) - Fabrique de roues ancre [Tirolle]. Vue intérieure, carte postale coloriée, s.n., s.d. [limite 19e siècle 20e siècle, avant 1909], Bauer Marchet et Cie éd. à Dijon. Publiée dans: Simonin Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche, 2007, p. 27. Egalement publiée dans : Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome III. Autour de Charquemont et Damprichard. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1991, p. 124.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • Charquemont [la maison de Victorin Frésard, rue du Château, vue de trois quarts droite], carte postale, par Ch. Simon, s.d. [1er quart 20e siècle], Ch. Simon éd. à Maîche. Publiée dans : Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome III. Autour de Charquemont et Damprichard. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1991, p. 131.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Michel Cheval, Charquemont
  • Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr)
  • Charquemont (Doubs). 11059 - Vue aérienne [depuis l'ouest], carte postale, s.n., s.d. [entre 1950 et 1955], Éditions aériennes Cim, Combier impr. à Macon
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jacques Donzé, Charquemont

Documents d’archives

  • 3 P 128 Cadastre de la commune de Charquemont, 1812-1963- 3 P 128/1 : Registre des états de sections (1812)- 3 P 128/2-3 : Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties [1823-1906]- 3 P 128/5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties (1882-1910)- 3 P 128/8-9 : Matrice cadastrale des propriétés bâties (1911-1963)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 128
  • 50 J 26 Syndicat de fabricants d'horlogerie de Besançon. Correspondance avec les fabricants, 1947-1969
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 50 J 26
  • 171 W 3 Établissements classés (1950-1964)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 171 W 3

Bibliographie

  • Belmont, Henry-Louis. L'échappement à cylindre (1720-1950) : le Haut-Doubs, centre mondial au XIXe siècle. - Besançon : Technicmédia, 1984. 328 p. : ill. ; 28 cm.
  • Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche. - Maîche : M. Simonin, 2007. 143 p. : ill. ; 30 cm.
  • Sornay, Lionel. Prosopographie des entreprises horlogères et de leurs financeurs sur le plateau de Maîche 1925-1973. - Besançon : Université de Franche-Comté, 2003. 56 p. : ill. ; 30 cm. Mém DEA : histoire industrielle : Besançon : 2003 ; 51.
  • Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome III. Autour de Charquemont et Damprichard, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1991. 243 p. : cartes postales ; 31 cm.

Témoignages oraux

  • Donzé Jacques, ancien horloger, historien de Charquemont
  • Haenni Michel, ancien dirigeant des sociétés indexor, à Charquemont, et IMM Développement, à Maîche
  •  

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)usine d'horlogerie, maison
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, bureau, entrepôt industriel, magasin industriel, logement, logement, transformateur, garage, tonnelle, jardin

Localisation

  • CommuneCharquemont
  • Adresse 10-14 rue du Château
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Maîche

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2013