Patrimoine en Franche-Comté - Maison et usine d'horlogerie (usine de montres) Dupommier et Marguet Frères puis Louis Marguet et Cie

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Maison et usine d'horlogerie (usine de montres) Dupommier et Marguet Frères puis Louis Marguet et Cie

4-8 rue Pasteur
25 - Villers-le-Lac
Dossier IA25001493 réalisé en 2016

Illustrations

Historique

En 1871, Auguste Dupommier (1824-1873) et César Marguet (1832-1911) font construire une maison, certainement dotée d'un atelier d'horlogerie (ils sont signalés comme horlogers rhabilleurs en 1869 mais Marguet est en outre réputé être l'introducteur de la fabrication des ébauches à Villers-le-Lac). Dupommier avait un temps travaillé chez lui à la fabrication des roues de rencontre avant de partir comme "visiteur" (contrôleur) dans l'usine des Billodes (future manufacture Zenith) au Locle (Suisse) ; il était revenu en 1857 à Villers-le-Lac s'installer à son compte en tant que fabricant d'ébauches et de remontoirs de montre (au centre du village, dans la maison Crevat incendiée en 1914). Présent avec Marguet à l'exposition universelle de Paris en 1867, il s'est associé le 13 octobre 1868 avec lui et son frère Emile (1836-1881), planteur d'échappements, au sein de la société Dupommier et Marguet Frères, l'une des plus anciennes entreprises horlogères du val de Morteau. Cette dernière recrute en 1872 Hippolyte Parrenin qui, au décès accidentel de Dupommier le 17 décembre 1873, prend en charge la fabrication avant de faire construire sa propre usine (actuellement 5-9 rue Hippolyte Parrenin). Si la société est dissoute le 3 février 1877, César continue de travailler en collaboration avec Parrenin. Il s'associe de nouveau avec lui le 7 décembre 1891 pour former les Ets Parrenin-Marguet, dissouts le 30 juin 1899.

Son fils Louis (1873-1950), demeurant sur le site, fonde sa propre affaire en 1892 et se dit en 1907 horloger breveté. A la tête de la Sarl Louis Marguet et Cie (au capital de 500 000 F en 1948, 9 000 000 F en 1950), il fabrique des montres-bracelets et des montres de poche sous les marques Dux et Licita, cette dernière déposée le 17 mai 1923 par Marc (1888-1957), son frère marié en 1914 avec Alice Parrenin (fille d'Hippolyte) et qui s'installera ensuite à la Côte-Saint-André (Isère) comme horloger bijoutier. Le site est agrandi vers 1898 (?), vers 1923 semble-t-il (construction d'un nouveau corps de bâtiment avec passage de 39 à 68 baies), vers 1930 et vers 1947 (extension accolée contre la façade sud de la maison).

Pierre (1906-1994) succède à son père Louis en 1930 et développe l'entreprise, qui deviendra SA Pierre Marguet. Il acquiert des logements pour son personnel (notamment au 5 rue de la Gare). La société achète 28 592 ébauches (13 300 Virgile Cupillard et 1 610 Hippolyte Parrenin à Villers-le-Lac, 12 782 Joseph Jeambrun à Maîche et 400 Horlogerie de Savoie à Annemasse) en 1950 (dont 9 000 avec échappement à cylindre), 54 090 en 1951 (dont 18 700 cylindre), 45 810 en 1952 (dont 6 000 cylindre), 47 410 (31 950 VC et 5 700 HP, 7 540 JJ, 2 000 HS et 220 de la Société européenne de Fabrication d'Ebauches d'Annemasse) en 1953 (dont 1 000 cylindre). Elle fait un temps partie, avec les maisons Parent (Villers-le-Lac), Georges Monnin et Cie (Charquemont) et Michel Herbelin (Charquemont), de la société France Montres Export constituée pour fabriquer des mouvements en commun, fabrication dont elles ont mécanisé la production : ainsi, 12 personnes peuvent réaliser 500 mouvements automatiques par jour là où, dans la fabrication traditionnelle, il en aurait fallu 20. Classée en 1965 dans la catégorie de 50 à 99 salariés, elle agrandit le site vers le sud dans la première moitié de la décennie 1970. La SA (au capital de 150 000 F en 1972, de 300 000 F quatorze ans plus tard) fabrique en 1986 des montres mécaniques (à échappement à ancre), à quartz, pendentif et pour aveugles. Elle disparaît vers 1993-1994, au départ en retraite de Jacques Marguet (né en 1933), le fils de Pierre. Le site a peut-être un temps abrité l'atelier du fabricant Paul Thorax (montres de marque Paulex), attesté en 1950 et signalé en 1960 au 4 rue Pasteur. Le bâtiment au nord est désaffecté, tout comme celui des années 1970 qui a accueilli des cabinets médicaux (kinésithérapeute et psychologue, partis en 2015 pour l'ancienne douane) ; celui à l'est a été transformé en immeuble.

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Périodes

  • Principale3e quart 19e siècle
  • Principale1er quart 20e siècle
  • Principale2e quart 20e siècle, 3e quart 20e siècle

Dates

  • 1871daté par source

Description

Les deux corps de bâtiment les plus anciens (la maison et son extension parallèle à la rue) ont des murs de moellons calcaires enduits (avec essentage de ciment amiante sur la façade occidentale de la première). Ils sont coiffés de toits à longs pans (avec croupes pour la première et pignons couverts pour l'autre), à couverture de tuiles mécaniques. La maison comporte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré, desservis par un escalier dans-oeuvre, l'extension un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage en surcroît avec une double desserte : escalier(s) dans-oeuvre et, à l'arrière, deux escaliers extérieurs droits en béton donnant un accès direct à l'étage carré. Cet étage se poursuit à l'est par un corps en pan de bois avec remplissage de briques reposant sur des piliers également en briques et protégé par un toit métallique à croupes. La maison présente une fenêtre multiple et des fenêtres horlogères sur sa façade orientale, l'extension une fenêtre horlogère à l'étage carré de sa façade nord (dont les baies sont sommées d'un arc segmentaire en briques). Les trois corps de bâtiments postérieurs à la deuxième guerre mondiale font appel au béton pour leur toit terrasse et pour leurs murs (avec une incertitude pour celui accolé au sud de la maison), associé cependant pour l'atelier de fabrication à un mur rideau à structure en aluminium ; les deux ateliers de fabrication comptent un étage de soubassement et un rez-de-chaussée surélevé, et sont éclairés par des baies d'atelier.

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  • Typologiesbaie horlogère / baie multiple / baie d'atelier
  • Murscalcaire / moellon / enduit / essentage de ciment amiante / bois / pan de bois / brique silico-calcaire / béton / enduit / aluminium / pan de métal / mur-rideau
  • Toittuile mécanique / fer en couverture / béton en couverture
  • Étagesétage de soubassement / rez-de-chaussée surélevé / 1 étage carré
  • Élévationsélévation ordonnancée
  • Couverturestoit à longs pans / pignon couvert / croupe / terrasse
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier de distribution extérieur / escalier droit / en maçonnerie
  • Énergiesénergie électrique / achetée
  • État de conservationétablissement industriel désaffecté

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 628 Cadastre de la commune de Villers-le-Lac, 1817-1973- 3 P 628 : Atlas parcellaire (18 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Vial et Girardier, 1817- 3 P 628/1-2 : Registre des états de sections (1817 ?) - 3 P 628/3-4 : Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties, 1822-1910- 3 P 628/5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 628/10-12 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1973
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 628
  • 50 J 32 Syndicat de fabricants d'horlogerie de Besançon. Correspondance avec les fabricants, 1948-1966

Documents figurés

  • 7 - Villers-le-Lac - La vallée [le village, depuis le sud-ouest], carte postale, s.n., s.d. [1er quart 20e siècle], Billod-Morel éd.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • 3 - Lac ou Villers - Vue générale prise de la gare, carte postale, par Louis Lévy, [décennie 1930, avant 1938], Lévy et Neurdein réunis impr. à Paris. Porte la date 1938 (tampon) au verso. Cliché aussi exploité par la CAP pour : "Ed. H. Guillaume, Saut du Doubs - Villers-le-Lac (Doubs)".
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • Villers-le-Lac (Doubs). 22173 - Vue panoramique aérienne [depuis le sud], carte postale (carte photo), par Rancurel, s.d. [1952], Combier (CIM) éd. et impr. à Macon
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac
  • Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr)

Bibliographie

  • Briselance, Claude-Gilbert. L'horlogerie dans le val de Morteau au XIXe siècle (1789-1914). - 1993. 2 vol., XXXII-398 - III-420 f. : ill. ; 30 cm. Mém. maîtrise : histoire contemporaine : Besançon : 1993
  • Chambre française de l'Horlogerie. Annuaire 1972/1973. - Paris : CFH, 1972. III-177 p. ; 30 cm.
  • Chambre française de l'Horlogerie. Annuaire 1986/87. - Paris : CFH, 1986. 98 p. ; 30 cm.
  • Les établissements horlogers en France. - S.l. : s.n., mars 1965. 17 p. ronéotypées ; 20 cm.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Michel Simonin, Maîche
  • Morel-Fourrier, Henri. Au pays de l'horlogerie (suite). Impressions d'un horloger détaillant [visite d'ateliers d'horlogerie de Villers-le-Lac]. La France horlogère, 6e année, n° 118, 15 mai 1906, p. 10-11 : ill.
  • Les pionniers de l'horlogerie à Villers-le-Lac. Horlogerie ancienne, Revue de l'Association française des Amateurs d'Horlogerie ancienne, n° 24, 2e semestre 1988, p. 37-53 : ill.
  • Ville de Lac-ou-Villers (Doubs) : Guide et souvenir de l'exposition horlogère et artisanale organisée par les élèves des cours du soir du 6 au 14 mai 1944. - Morteau : Impr. André Genre, 1944. 36 p. ; 20 cm.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac
  • Vuez, Jean-Claude. Hippolyte Parrenin pionnier méconnu. - S.d. [2015]. 11 f. dactyl. ; 30 cm.

Documents multimédias

  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
  • Monneret, Christian. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

Témoignages oraux

  • Frésard Jean-Louis, fondateur de la société éponyme. Charquemont
  • Renaud-Bezot Jacques, ancien dirigeant de la société horlogère du même nom. Villers-le-Lac
  •  

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété publique

Désignation

  • CommuneVillers-le-Lac
  • Milieu d'implantationen ville
  • Adresse 4-8 rue Pasteur
  • Dénomination(s)maison, usine d'horlogerie
  • Fonction(s) successive(s) ou actuelle(s) établissement médical, immeuble

Localisation

  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2015

Localisation