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USINE MÉTALLURGIQUE, PUIS FONDERIE DE LA ROMAINE, ACTUELLEMENT FERME

70 - Le Pont-de-Planches

La Romaine

  • Dossier IA70000350 réalisé en 2008
  • Auteur(s) : Raphaël Favereaux
Vue aérienne depuis l'est en 1989. © Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Historique


Construit dans le courant du 16e siècle, le fourneau est mentionné dans l'enquête sur la métallurgie de 1562. Acquis par le sieur Guyot à la fin du 17e siècle, il reste entre les mains de cette famille de maître de forges jusqu'à la Révolution française. En 1700, l'établissement comprend également une forge. Celle-ci n'apparaît plus en 1772, date à laquelle le fourneau produit 800 milliers de fonte. Le domaine de la Charité, comprenant les terres et bâtiments de l'abbaye et le haut fourneau, est acquis en 1808 par Charles Rebattu, par en 1812 par le comte du Bosc, dit du Taillis. Il est exploité dans la première moitié du 19e siècle par divers maîtres de forges : Armand Lépine, associé à Duchon, Isaac Blum, et Joseph Gauthier vers 1835. Un cubilot, permettant de fabriquer des fontes de moulage, est installé vers 1830. L'établissement produit principalement des projectiles (bombes et boulets) ; le tonnage atteint 300 t en 1831, contre 700 t de fonte en gueuses en 1839, avec une consommation de 5000 stères de charbon de bois. L'usine à fer est légalement autorisée par arrêté du 17 avril 1848. Elle produit 350 t de moulage en 1843, contre 430 t de fonte brute et 200 t de seconde fusion en 1863. Sous le Second Empire, l'usine est exploitée par la société du Taillis et Cie. Elle prend pour nom Hézard et Cie en 1871, avec pour actionnaires principaux Jean-Claude Hézard, directeur du site, et le baron Gourgaud. Si le haut fourneau s'éteint en 1887, la fonderie de seconde fusion prospère et s'agrandit sous la direction d'Edmond Hézard, fils de Jean-Claude. Un magasin est construit vers 1882, une émaillerie et une "cheminée de 18 m" édifiées vers 1899, et un nouveau magasin bâti vers 1903. Au terme de la société Hézard et Cie en 1898, la direction de la fonderie est assurée par Albert-Jules Seydel, auquel succède son fils Auguste en 1921, puis son second fils Albert en 1935. En 1900, l'usine produit pour 600 000 francs de pièces diverses : articles de chauffage (fourneaux, cuisinières, marmites) et mobilier monumental (auges, bassins, abreuvoirs, bornes-fontaines, poteaux indicateurs). En 1918, le tonnage annuel monte à 700 t. Un atelier de nickelage est attesté en 1921. La fonderie ferme ses portes en juillet 1936. Le site est occupé depuis les années 1960 par une exploitation agricole, et les bâtiments industriels ont progressivement été rasés : ateliers de fabrication, cheminée, cité ouvrière et bureau. La halle à charbon a disparu dans un incendie en 2004. Dans les années 1830, installation d'un appareil pour la dessiccation du bois, chauffé avec la chaleur perdue du gueulard. Une machine à vapeur, chauffée par les gaz du gueulard, est établie en 1869, et en 1893. En 1900, la soufflerie et les tours sont actionnés par une roue à palettes de 2 m de diamètre. La fonderie emploie environ 40 personnes vers 1835. Le nombre de mouleurs passe de 12 en 1831 à 28 en 1833. Les effectifs sont de 54 hommes et 14 enfants en 1893, 65 personnes en 1900, 80 en 1914, et 54 ouvriers à la fermeture en 1936.
Période(s)
Principale :
  • 16e siècle
  • 4e quart 19e siècle
  • 1er quart 20e siècle

Description


L'atelier de fabrication (émaillerie, puis meulage et ferrage) construit vers 1900 en moellon de calcaire enduit, à un étage carré et un étage de comble, est couvert d'un toit à longs pans et tuile mécanique. Les ouvertures du rez-de-chaussée et de l'étage sont couvertes d'arc segmentaire en brique, alors que les fenêtres de l'étage de comble sont en plein-cintre. Le corps de bâtiment abritant le logement et les parties agricoles est à un étage carré, couvert de toits à longs pans, croupes et demi-croupes.
Murs :
  • calcaire
  • brique
  • moellon
  • enduit
Toit :
  • tuile mécanique
  • tuile plate
Etages :
  • 1 étage carré
  • étage de comble
Energie utilisée :
  • énergie hydraulique
  • énergie thermique
  • produite sur place
  • produite sur place

Source(s) documentaire(s)

  • Plan géométral du fourneau et de ses accessoires appelé l'usine de la Romaine [...] appartenant à M. Melin [...].
    Plan géométral du fourneau et de ses accessoires appelé l'usine de la Romaine [...] appartenant à M. Melin [...]. Plan, plume, lavis, par le géomètre Panet, Echenoz-la-Méline, le 22 janvier 1839, 1:500, par Panet (géomètre)
    Lieu de conservation : Archives départementales de la Haute-Saône, Vesoul - Cote du document : 277 S 45
  • Croquis des appareils situés au gueulard du haut fourneau.
    Croquis des appareils situés au gueulard du haut fourneau. Dessin, s.n., 1835.
    Lieu de conservation : Bibliothèque municipale, Besançon - Cote du document : Mémoire de MM. Bouchot.
  • Pont-de-Planches. - Usine de la Romaine. Emaillerie et Magasins.
    Pont-de-Planches. - Usine de la Romaine. Emaillerie et Magasins. Carte postale, s.d. [fin 19e ou début 20e siècle]. Dans : " Rieser (J.)-Bauquerey (J.). Catalogue général. Supplément ".

Informations complémentaires

Thématiques :
  • patrimoine industriel de la Haute-Saône
Aire d’étude et canton : Haute-Saône
Hydrographie : dérivation de la Romaine
Dénomination : usine métallurgique, fonderie
Parties constituantes non étudiées :
  • atelier de fabrication
  • logement
  • remise
  • écurie
  • bief de dérivation
Carte interactive
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