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USINE MÉTALLURGIQUE DITE FORGES DE FALLON

70 - Fallon

  • Dossier IA70000076 réalisé en 2004
  • Auteur(s) : Raphaël Favereaux
Ancienne halle à charbon. © Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Historique


Cette usine métallurgique aurait été fondée à la fin du 17e siècle ("déclarée forge militaire par lettres patentes du 15 juin 1692") ou au début du 18e siècle. Elle est acquise par la famille de Raincourt en 1757. Attesté en 1734, le haut fourneau produit en 1772 un million de livres de fonte convertie en poteries, bombes et boulets. L'usine est achetée par le maître de forges Rochet en 1796. Elle revient dans le giron de la famille de Raincourt en 1831. La production de fonte passe de 1000 milliers de fonte en 1788 - pour une consommation de 3000 cordes de bois - à 680 t vers 1810. A partir de cette date, l'usine se tourne vers la production de fonte moulée (appareils de chauffages, tuyaux pour conduites d'eau, grilles, bornes-fontaines et fontes d'ornement), grâce à l'installation en 1811 d'un four de seconde fusion "à la Wilkinson". Le haut fourneau utilise vers 1835 le minerai des cantons de Marchaux et des communes de la Bretonnière (?) et Villers-Grélot (25). Entre 1840 et 1860 sont déposés divers brevets, notamment par le directeur Legrand, pour la création et l'amélioration d'appareils de chauffage et de cuisson (fourneau à quatre marmites, potager, cheminée en fonte, etc.). Vers le milieu du 19e siècle, l'établissement connaît divers agrandissements (ateliers de fabrication des objets en fonte moulée, entrepôts et magasins). Un logement patronal est édifié au sud, vraisemblablement dans la seconde moitié du 19e siècle. En 1842, Prosper de Raincourt obtient une concession pour l'exploitation de la houille sur les communes de Fallon et Melecey (70) et une autre pour une mine de fer à ciel ouvert à Bournois (25). La production annuelle de fonte atteint alors les 700 t. Suite à l'extinction du haut fourneau vers 1877, l'usine est convertie en fonderie de seconde fusion et se spécialise dans la fabrication d'appareils de chauffage à bois et charbon : cuisinières, fourneaux, calorifères et poêles domestiques, gaufriers, chaufferettes, etc. En 1893, la fonderie s'équipe d'un four à émailler, d'une capacité de 500 kg par 12 heures. Elle produit environ 600 t de fonte moulée. L'usine cesse ses activités à la fin de l'année 1939. Entre 1955 et 1967, le site accueille la société Maglum, qui fabrique des poignées et des cendriers pour l'industrie automobile. Spécialisée dans l'usinage de pièces fondues en laiton et aluminium, la société SEPAM (Société d'Ebavurage, de Polissage et d'Avivage des Métaux) s'implante à son tour vers 1975, complétée en 1988 par la société Sofac. Celle-ci réintroduit l'activité de fonderie sous pression (production d'accessoires culinaires) mais cesse ses activités dans les années 1990. Le site est aujourd'hui occupé par une entreprise de travaux forestiers. La quasi-totalité des bâtiments de production a été détruite dans la seconde moitié du 20e siècle, à l'exception de l'atelier de fonderie et d'un édifice ayant abrité une salle des machines et un atelier de réparation. Un logement ouvrier collectif, construit à l'est, postérieurement à l'établissement du plan cadastral napoléonien en 1823, a laissé place au début des années 1970 à une nouvelle habitation. Un haut fourneau est attesté en 1734, et un fourneau Wilkinson installé en 1811. Installation d'une machine à vapeur de 15 ch pour alimenter les machines soufflantes du haut fourneau en 1859. En 1869, l'établissement compte un haut fourneau, deux cubilots (dont un inactif), un ventilateur, deux machines soufflantes (dont une inactive), deux roues hydrauliques et deux machines à vapeur. 200 ouvriers sont employés en 1788, 118 hommes, 10 femmes et 5 enfants en 1865, 50 hommes, 5 femmes et 4 enfants en 1875, et 35 hommes, 4 femmes et 5 enfants en 1893. En 1931, l'usine emploie 60 ouvriers, contre 150 vers 1970 et 35 en 1988.
Période(s)
Principale :
  • 19e siècle

Description


L'usine métallurgique est établie en contrebas de la chaussée de l'étang de Fallon, alimenté par diverses sources. L'atelier de fonderie est en rez-de-chaussée, bâti en moellon de calcaire et couvert d'un toit à longs pans et demi-croupe. Le bâtiment à usage de salle des machines et d'atelier de réparation possède un étage de soubassement. Construit en brique et moellon de calcaire, il est couvert d'une toiture à demi-croupes en tuile mécanique, coiffée d'un édicule en pavillon auparavant cantonné de cadrans d'horloge. Les logements ouvriers situés le long de la route départementale sont en moellon de calcaire, avec étage carré ou étage en surcroît, couvert de toits à demi-croupes et tuile plate ou mécanique.
Murs :
  • calcaire
  • moellon
  • enduit
Toit :
  • tuile mécanique
  • tuile plate
Etages :
  • 1 étage carré
Energie utilisée :
  • énergie hydraulique
  • énergie thermique
  • produite sur place
  • produite sur place

Source(s) documentaire(s)

  • Plan-masse de la fonderie en 1930.
    Plan-masse de la fonderie en 1930. Mis au net par A. Céréza. Dans : " L'architecture des usines à fer dans la moyenne vallée de l'Ognon XVIIIe-19e siècle " / Marie-Jeanne GIET, vol. 2, p. 60.

Informations complémentaires

Thématiques :
  • patrimoine industriel de la Haute-Saône
Aire d’étude et canton : Haute-Saône
Hydrographie : étang de Fallon
Dénomination : usine métallurgique
Parties constituantes non étudiées :
  • atelier de fabrication
  • atelier de réparation
  • bief de dérivation
  • logement d'ouvriers
  • entrepôt industriel
  • logement patronal
Carte interactive
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