Patrimoine en Franche-Comté - Maison et usine d'horlogerie (usine de réveils) Jaccard Frères

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Maison et usine d'horlogerie (usine de réveils) Jaccard Frères

3 et 5 rue de l' Horlogerie
25 - Villers-le-Lac
Dossier IA25001508 réalisé en 2016

Illustrations

Historique

L'usine s'est développée autour d'une maison bâtie en 1893 ou 1895 pour Achille Jaccard (1858-1912). Né à Tavannes (canton de Berne, Suisse), Jaccard est embauché dans l'une des usines de la Rasse (commune de Fournet-Blancheroche) puis il s'installe à Villers-le-Lac en 1884, attiré par l'ouverture de la voie ferrée Besançon-Le Locle. Il travaille comme mécanicien chez Cupillard et Parrenin, et le soir fabrique à domicile des pièces pour l'horlogerie : tiges de remontoir, rochets, pignons coulants, etc. (de 1894 à 1900 environ, il réalise aussi des ébauches pour montres Roskopf, vendues en Suisse). Marié en 1885 avec Thérèse Donzé, née Dumont, qui a déjà un fils (Eugène) et lui donnera sept enfants (dont quatre garçons : Léon, Albert, Francis et Ernest), il réside rue du Lac dans la ferme Bourgeois. Il la quitte en 1893 (1895 ?) pour la maison qu'il vient de se faire construire dans le Quartier neuf (actuellement rue de l'Horlogerie). Il la dote vers 1902 d'un atelier en soubassement accolé au sud et dans laquelle il se met à son compte en 1906-1907. Après son décès en 1912, ses fils relancent l'entreprise en 1915-1916, fabriquent diverses pièces mécaniques (graisseurs de renvois, etc.) et font du sertissage. En 1920, ils créent la société en nom collectif Jaccard Frères (marque JF) et se lancent dans la production de réveils pour Léo Nelken, un Russe installé à Morteau (au 15 rue de l'Helvétie) et qui fait faillite en 1925 (les Jaccard sont crédités de l'introduction en France de la fabrication des réveils de petit calibre). Ils travaillent aussi en sous-traitance pour diverses sociétés, notamment Camille Mercier à Morteau. Conseillée par leur demi-frère Eugène Donzé (chef d'atelier chez Parrenin), l'équipe dirigeante réunit à la mécanique Francis Jaccard (1896-1967) et son beau-frère Paul Faivre (1903-1989) - Francis s'est marié en 1919 avec Simone Faivre -, au terminage et au montage Ernest Jaccard (1899-1990), au bureau son frère Léon (1888-1936). Vers 1925-1927, l'entreprise rehausse d'un étage et agrandit l'atelier, auquel elle ajoute une unité de galvanoplastie (bâtiments au sud et à l'ouest de la maison). Elle emploie en 1930 43 personnes - 17 hommes et 26 femmes (au terminage) - et compte à son catalogue, outre le réveil, "le compteur de conversation téléphonique et le compteur de temps pour laboratoires". Après la deuxième guerre mondiale, Pierre (fils de Francis) et Xavier (fils d'Ernest), formé au Technicum du Locle, rejoignent la société (devenue Sarl puis SA, au capital de 309 400 F), qui fabrique jusqu'à 60 000 réveils par an (dont elle réalise elle-même les mouvements). Les bâtiments, de nouveau modifiés à la fin des années 1930 et dotés d'un garage en 1942, sont coiffés d'un toit à croupes au début des années 1950 (avant 1952). Ernest et Xavier se retirent à la fin de 1963 et Francis passe la main à son fils Pierre. En 1965, la fabrique emploie entre 70 et 80 personnes (elle est classée dans la catégorie de 50 à 99 salariés). Elle s'agrandit une nouvelle fois vers 1967 par l'annexion de la maison voisine (avec création d'une galerie de liaison), bâtie vers 1890 pour Louis Chopard et passée ensuite à Charles puis Emile Sire. Le 3 janvier 1972, le site est endommagé par un incendie (le comble à surcroît de l'atelier occidental est alors remplacé par un étage en surcroît en parpaings de béton) mais la fabrication redémarre rapidement. L'affaire compte alors 87 personnes.

L'entreprise est achetée en 1975 par son principal client, Jacques Meyer (né en 1930), à la tête du groupe Uti SA (Uti pour Utinam, la devise de Besançon), fondé par son père Georges et employant 450 personnes dans les années 1970. L'un des employés, Jacques Tonnerre, nommé directeur technique, ouvre en 1977 dans l'usine une nouvelle unité occupant la moitié du personnel à la fabrication de cadrans de montre. Concessionnaire exclusif de Seiko pour la France, la Belgique et le Luxembourg, Meyer devient de 1982 à 1986 PDG de Matra Horlogerie (Seiko Hattori) puis de 1987 à 1990 de la Compagnie générale horlogère, SA (au capital de 112 041 767 F en 1988) dont le siège social se trouve au 33 avenue de la République à Paris. Il transfère l'atelier des cadrans dans l'ancienne usine Anguenot Frères (Herma) rue Pierre Berçot (d'où elle partira à la mi 1985 pour l'usine bâtie en 1978 à Morteau) et les bureaux dans l'ancienne usine Cupillard place Maxime Cupillard. En novembre 1984, Tonnerre reprend l'affaire, qui devient Jaccard ITH. Avec une vingtaine de personnes, il relance la fabrication (35 000 pendulettes par an), élargie aux parures de bureau et aux articles de décoration intérieure (poignées de porte, crémones, accessoires de salle de bain, luminaires, etc.) et dote l'usine d'un atelier de polissage. En collaboration avec le collège de Villers-le-Lac, il réalise une collection de pendulettes sous la marque Palladio. L'entreprise (SA au capital de 938 000 F en 1986) est toutefois placée en redressement judiciaire en novembre 1987. Elle est reprise en janvier 1988 par la société L'Epée, de Sainte-Suzanne, qui conserve 17 des 24 salariés : la Société nouvelle Jaccard devient une filiale de la Société nouvelle L'Epée, fabrique de porte-échappements et de pendulettes de voyage. Toutes deux disparaissent en 1995-1996. L'usine ferme et la marque Jaccard est achetée par la société allemande Hilser, fondée en 1812 et établie en Forêt noire, à Furtwangen (Bade-Wurtemberg). Les bâtiments sont (re)devenus des habitations.

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Périodes

  • Principale4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle

Dates

  • 1893daté par travaux historiques

Description

Les bâtiments ont des murs en moellons calcaires enduits (partiellement masqués par une isolation extérieure) et des toits à longs pans, pignons couverts et tuiles mécaniques (métal pour le corps joignant les n° 3 et 5 de la rue et pour l'atelier d'origine au sud). Les maisons (Sire au n° 3 et Jaccard au n° 5) comportent un étage de soubassement et un rez-de-chaussée surélevé, surmontés par un comble à surcroît pour la première, un étage carré et un étage en surcroît pour la deuxième. L'atelier sud est en rez-de-chaussée surélevé, sur un étage de soubassement ; coiffé d'un toit en appentis, il est éclairé par des baies multiples avec couvrement en arc segmentaire. L'atelier ouest a les mêmes niveaux que la maison Jaccard qu'il jouxte ; il est éclairé par des baies d'atelier au sud et à l'ouest et son rez-de-chaussée sert de garage. Les dessertes sont assurées par des escaliers dans-oeuvre.

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  • Typologiesbaie multiple / baie d'atelier
  • Murscalcaire / moellon / enduit / béton / parpaing de béton / enduit
  • Toittuile mécanique / métal en couverture
  • Étagesétage de soubassement / rez-de-chaussée surélevé / 1 étage carré / étage en surcroît
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / pignon couvert
  • Escaliersescalier dans-oeuvre
  • Énergiesénergie électrique / achetée

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 628 Cadastre de la commune de Villers-le-Lac, 1817-1973- 3 P 628 : Atlas parcellaire (18 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Vial et Girardier, 1817- 3 P 628/1-2 : Registre des états de sections (1817 ?) - 3 P 628/3-4 : Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties, 1822-1910- 3 P 628/5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 628/10-12 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1973
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 628
  • M 3044 Travail et main d'œuvre, 1926-1930
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : M 3044
  • Papier à en-tête de la société Jaccard Frères (montrant le site vu du sud), 25 septembre 1930
    Lieu de conservation : Collection particulière : Michel Simonin, Maîche
  • Les ébauches françaises (les calibres français) / Documentation réunie par : Christian Johanet. - Paris : Revue française des Bijoutiers Horlogers, Pierre Johanet, s.d. [1947]. 100 p. : ill.; 21 x 27 cm.
    Lieu de conservation : Musée de l'Horlogerie, Morteau
  • Publicités pour les pendulettes Uti-Jaccard, 1947. Extraite des : Les ébauches françaises (les calibres français) / Documentation réunie par : Christian Johanet. - Paris : Revue française des Bijoutiers Horlogers, Pierre Johanet, s.d. [1947], p. 74, 76 : ill.
    Lieu de conservation : Musée de l'Horlogerie, Morteau

Documents figurés

  • Villers-le-Lac près la chute du Doubs [vue d'ensemble du village depuis la rive droite, en amont du pont], carte postale, par Robert Fils au Locle, 1898 ou 1899, Billot-Morel éd. Porte la date 1901 (tampon) au verso. Publiée dans : Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900. - 1978, p. 110 (porte la date 15 octobre 1899 au recto).
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • 24. Villers-le-Lac [le village vu du sud-est], carte postale, s.n., limite 19e siècle 20e siècle [entre 1897 et 1906], Librairie-papeterie Sabardin éd à Morteau. Porte la date 20 mars 1906 (cachet) au recto et au verso
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac
  • 2419. Villers-le-Lac - Vue générale [vue d'ensemble du village depuis le sud-ouest], carte postale, s.n., s.d. [entre 1898 et 1903], J. Farina éd. au Locle (Suisse)
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac
  • 1103. Villers-le-Lac - Vue générale [le village, vu du sud-est], carte postale, par Ch. Simon, s.d. [1er quart 20e siècle, guerre 1914-1918 ?], Ch. Simon éd. à Maîche
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • 1203. Villers-le-Lac - Vue générale [le village, vu du sud-est], carte postale, [par Ch. Simon], 1er quart 20e siècle [guerre 1914-1918 ?, avant 1921], Ch. Simon éd. à Maîche. Porte la date 8 août 1921 (tampon) au verso.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • 73. Lac-ou-Villers (Doubs). - Le quartier neuf [vu de l'est], carte postale, s.n., s.d. [2e quart 20e siècle, vers 1925-1927]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • En 1930 vue du Pont du Diable [maison et atelier, vus de l'ouest], photographie, s.n. Publiée dans : Collège de Villers-le-Lac. De Jaccard à Palladio. - 1988, p. 24.
  • Frontière franco-suisse. 105 - Vue générale de Villers-le-Lac [depuis le sud], carte postale, par Janin, s.d. [entre 1948 et 1952], Editions Photo Janin à Maîche
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • Villers-le-Lac (Doubs) - Vue aérienne. 22173 - Le Centre du Pays, carte postale (carte photo), par Rancurel, s.d. [1952], Combier (CIM) éd. et impr. à Macon
  • [L'usine vue du sud], photographie, s.n., s.d. [années 1950]. Publiée dans : Collège de Villers-le-Lac. De Jaccard à Palladio. - 1988, p. 35.

Bibliographie

  • Chambre française de l'Horlogerie. Annuaire 1986/87. - Paris : CFH, 1986. 98 p. ; 30 cm.
  • Collège de Villers-le-Lac. De Jaccard à Palladio. - Besançon : CRDP de Besançon : CDDP du Doubs, 1988. 59 p. : ill. ; 30 cm.
  • Les établissements horlogers en France. - S.l. : s.n., mars 1965. 17 p. ronéotypées ; 20 cm.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Michel Simonin, Maîche
  • Les pionniers de l'horlogerie à Villers-le-Lac. Horlogerie ancienne, Revue de l'Association française des Amateurs d'Horlogerie ancienne, n° 24, 2e semestre 1988, p. 37-53 : ill.
  • Ville de Lac-ou-Villers (Doubs) : Guide et souvenir de l'exposition horlogère et artisanale organisée par les élèves des cours du soir du 6 au 14 mai 1944. - Morteau : Impr. André Genre, 1944. 36 p. ; 20 cm.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac

Documents multimédias

  • Chronographe Uti. - Novembre 2014. Article consultable en ligne sur le forum horloger www.horlogerie-suisse.com : http://forum.horlogerie-suisse.com/viewtopic.php?f=2&t=23647 (consultation : 23 mars 2016)
  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

Témoignages oraux

  • Droz Yves, collectionneur de pièces horlogères et fondateur du Musée de la Montre, Villers-le-Lac
  •  

Annexe(s)

  • Fiche technique de l'ébauche Uti-Jaccard L 50 [+]
  • Fiche technique de l'ébauche Uti-Jaccard L 51 [+]

Lien(s) web

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)maison, usine d'horlogerie
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, logement, garage, jardin

Localisation

  • CommuneVillers-le-Lac
  • Adresse 3 et 5 rue de l' Horlogerie
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2015