Patrimoine en Franche-Comté - Ensemble de mécanique de précision dit ensemble de la société d'horlogerie Rotschi (ou de la Société d'Horlogerie de Maîche)

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Région Bourgogne Franche-Comté
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Ensemble de mécanique de précision dit ensemble de la société d'horlogerie Rotschi (ou de la Société d'Horlogerie de Maîche)

7-9 rue du Mont
25 - Maîche
Dossier IA25001372 réalisé en 2015

Illustrations

Historique

L'horloger suisse Frédéric Rotschi (1832-1887), originaire de Rosières (ou Welschenrohr, canton de Soleure), s'établit à Charquemont au milieu du 19e siècle (vraisemblablement en 1850, date de fondation avancée par sa société). Il y fait construire vers 1866 une ferme abritant par la suite la fabrique de montres Jacquot puis englobée dans l'usine de cadrans et galvanoplastie Haenni. Son fils Henri (1862-1941) naît à Charquemont et y ouvre son propre atelier, qu'il transporte ensuite aux Bréseux, où il est signalé en 1888. Il s'est marié en 1887 avec Marie-Rose-Zoé Purguy (1863-1905), avec laquelle il aura quatre enfants : Georgette-Léontine (1888-1981), Léon (1889-1946), Marcel (1891-1971) - qui épousera Madeleine Mauvais, fille de l'industriel Louis Mauvais (et soeur de Lucien et Henry) - et Maurice (1896-1915).

Pour profiter de l'électricité, Henri déménage de nouveau dans les années 1890 et installe son atelier à Maîche, au 28 place de l'Eglise (bâtiment cadastré 2015 AI 15). Il acquiert vers 1894 ou 1897 une maison bâtie vers 1875 Sous Montjoie par Alexandre Boibessot. Son association temporaire avec un horloger maîchois, Victor Delavelle, lui apporte les capitaux nécessaires à la construction, dans la période 1899-1906, d'une usine d'assortiments (échappements) à cylindre à côté de son habitation. Il fonde aussi en 1905 ou 1906 la Société d'Horlogerie de Maîche (SA au capital de 250 000 F), avec pour marque déposée une étoile à cinq branches rayonnante. Il embauche un nombre important d'ouvriers, dont une part notable vient de Suisse alémanique. Pour les loger, il crée en 1909 la Société immobilière de Maîche, qui acquiert des maisons en ville et en fait bâtir d'autres, notamment au cours de la décennie 1910 deux cités, l'une avenue du Maréchal Leclerc (rue des Cités) et l'autre rue Montjoie. Le parc comptera au total 12 maisons et environ 40 logements. Son affaire emploie 200 ouvriers en 1920, sans compter ceux à domicile (une enquête de 1912 fait état d'un total de 500 personnes). Elle se dote aussi d'une deuxième usine à Villars-sous-Dampjoux, active de 1908 à 1914 puis reprise par René Amstutz, où une cinquantaine de personnes fabrique des échappements.

Henri est rejoint par Léon et Marcel, qui ont étudié au Technicum du Locle, mais l'entreprise connaît de grosses difficultés après la première guerre mondiale. Rotschi tente de diversifier sa production, l'élargissant à d'autres types d'échappements (à ancre et Roskopf) et aux forets pour horloger (sous la marque à l'Hirondelle). L'affaire, qui bénéficie du soutien financier de la société immobilière, est toutefois très endettée. Henri la laisse vers 1925 à ses fils mais Marcel s'en retire rapidement et Léon doit la vendre vers 1928 à Jean Wertz (son principal créancier ?), industriel mulhousien, tandis que le département Forets est cédé à Louis Mauvais. L'entreprise, qui ne compte plus que 135 ouvriers en 1930, en occupe moins d'une centaine à sa fermeture en 1936.

L'usine passe à l'issue de la deuxième guerre mondiale à Charles Perrot-Audet, de Charquemont, mais l'activité s'y arrête assez vite. Elle est ensuite louée, en 1956, à la société Magister de Villers-le-Lac, qui y demeure jusqu'au début des années 1960. Lui succède de 1964-1965 à 1976 la fabrique de montres Relliac (du nom de son créateur - Charles Cailler - en verlan). Maisons et logements des cités ont été vendus à différentes dates, notamment dans les années 1950 à Hubert Gaume qui, à la tête de la Grande Scierie mécanique de Maîche, les rétrocède à ses ouvriers ; certains ont été détruits tels ceux de la rue de la Fin Yotte (cadastrés 2015 AI 121), dépendant à l'origine de la scierie Thidric et démolis en 2000 pour céder la place à une extension de l'école primaire Louis Pasteur.

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Périodes

  • Principale1er quart 20e siècle

Description

L'ensemble est composé de trois sites : l'usine et le logement patronal aux n° 7-9 rue du Mont, la cité ouvrière des n° 7 à 11 avenue du Maréchal Leclerc (3 immeubles) et celle des n° 1, 3-7 rue Montjoie (5 immeubles).

Documentation

Documents d’archives

  • Cadastre de la commune de Maîche [1812-1977]- Registre des états de sections (1812) - Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties : Propriétés foncières [1826-1914] - Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1883-1896 [1882-1910] - Matrice cadastrale des propriétés bâties [1911-1977]
    Lieu de conservation : Archives communales, Maîche
  • Papier à en-tête de la Société d'Horlogerie de Maîche [façade antérieure de l'usine Rotschi, dotée d'un seul étage carré], 19 mars 1907
    Lieu de conservation : Collection particulière : Christian Patois, Frambouhans

Documents figurés

  • Papier à en-tête de la Société d'Horlogerie de Maîche [façade antérieure de l'usine Rotschi, dotée de deux étages carrés], 4 mai 1932
    Lieu de conservation : Collection particulière : Christian Patois, Frambouhans
  • 1236. Maîche - Vue prise du clocher [centre du village et quartier de Montjoie], carte postale, par Ch. Simon, s.d. [2e quart 20e siècle], Ch. Simon éd. à Maîche. Publiée dans : Simonin, Michel ; Choulet, Jean-Marie. Maîche hier et aujourd'hui. - Maîche : Jardins de Mémoire, 1999, p. 34.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • 1525. Maîche - Quartier neuf [vu du clocher de l'église, au nord-ouest], carte postale, par Ch. Simon, s.d. [2e quart 20e siècle], C. Simon éd. à Maîche. Porte la date 17 avril 1932 au verso. Publiée dans : Simonin, Michel ; Choulet, Jean-Marie. Maîche hier et aujourd'hui, 1999, p. 62.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • 996. Villars-sous-Dampjoux. Fabrique d'horlogerie, carte postale, par Ch. Simon, s.d. [1er quart 20e siècle, entre 1908 et 1914], Ch. Simon éd. à Maîche et Ornans. Porte la date 29 septembre 1914 (tampon) au verso
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces

Bibliographie

  • Belmont, Henry-Louis. L'échappement à cylindre (1720-1950) : le Haut-Doubs, centre mondial au XIXe siècle. - Besançon : Technicmédia, 1984. 328 p. : ill. ; 28 cm.
  • Maîche au fil des siècles. - Maîche : la Ville, 1999. 116 p. : ill. ; 30 cm. Numéro spécial du Bulletin municipal (n° 21)
  • Simonin, Michel ; Choulet, Jean-Marie. Maîche hier et aujourd'hui. - Maîche : Jardins de Mémoire, 1999. 101 p. : tout en ill. ; 30 x 31 cm. Recueil de cartes postales anciennes vis-à-vis de photographies récentes
  • Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche. - Maîche : M. Simonin, 2007. 143 p. : ill. ; 30 cm.
  • Valzer Luc. Un village industriel au 20e siècle. L'écho des Barbèches, n°5, 2005, p. 37 et suivantes : ill.
  • Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome II. Autour de Maîche et Belleherbe, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1990. 231 p. : cartes postales ; 31 cm.
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Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)ensemble de mécanique de précision

Localisation

  • CommuneMaîche
  • Adresse 7-9 rue du Mont
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Maîche

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2012