Patrimoine en Franche-Comté - Maison et usine d'horlogerie (usine de montres) Charles Dodane puis des Ets Jual

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Maison et usine d'horlogerie (usine de montres) Charles Dodane puis des Ets Jual

15 rue de la Louhière
25 - Morteau
Dossier IA25001242 réalisé en 2014

Illustrations

Historique

Charles Dodane (1867-1936) fonde son entreprise d'horlogerie en 1896 et fait construire en 1901-1902 une maison (actuellement au 4 chemin des Acacias) avec atelier de fabrication, maison qu'il complète vers 1918-1920 par une usine (au 15 rue de la Louhière).

Marié en 1892 avec Elisa Bouhelier, qui lui donnera dix enfants, il est l'un des fils d'Alphonse Dodane (1839-1906), fabricant d'horlogerie (roues de cylindre) à Fournet-Blancheroche, chez son beau-père François Xavier Joubert (dans son usine de la Rasse) puis à son compte au Mont du Pré (dans une ferme qu'il reconstruit en 1880). Alphonse est venu s'installer à Morteau dans les premières années du 20e siècle (vers 1901 ou 1905) pour, suivant la tradition familiale, "tirer parti de l'électricité et du chemin de fer" et a laissé son affaire au plus jeune de ses fils, Gabriel Alphonse (maison Alphonse Dodane Fils, rue de l'Helvétie).

Charles, lui, s'est installé dès août 1893 dans cette même ville de Morteau, où il habite pendant quelques mois chez Jean Wetzel puis chez Vital Droz. Auparavant employé par Louis Mougin, de Fournet-Blancheroche, il est embauché à Morteau par le frère de celui-ci, Victor, qui lui fait faire un bref apprentissage (six semaines) auprès d'un de ses ouvriers de nationalité suisse. Ses compétences reconnues, il devient rapidement "le visiteur du travail des ouvriers de l'entreprise" puis travaille à domicile, toujours pour Mougin. Il se met donc à son compte en 1896.

Il fait construire sa maison en 1901-1902, par l'entrepreneur Martignoni, et lui ajoute vers 1917 une remise et un atelier de menuiserie, dans lequel il s'adonne à sa passion : la sculpture (il fut pendant six mois apprenti sculpteur sur bois au faubourg Saint-Antoine à Paris, poste quitté "parce qu'il ne s'y faisait que de la sculpture en série" ou faute de moyens lui permettant de poursuivre sa formation). Pour développer son affaire, il achète vers 1918-1920 à l'horloger Edmond Gloriod (qui partira ensuite à Besançon, au 5 rue Suard) le bâtiment que ce dernier a fait édifier vers 1898 en bordure de la rue de la Louhière. Il y transfère ses ateliers et l'agrandit considérablement vers 1922, par ajout de deux étages et d'une tour abritant la cage d'escalier. C'est dans cette usine que se trouve la "Fabrique d'Horlogerie Charles Dodane", fabrique de "montres, réveils, pendules, bijoux" produisant (sous la marque C [étoile] D) "chronomètres, montres cylindre, chronographes, compteurs de sport, montres bracelets", etc.

L'atelier de menuiserie est démoli au début des années 1940 et remplacée au cours de la décennie suivante par la maison que se fait construire Marguerite, l'une des filles de Charles (ce bâtiment, actuellement 3 chemin des Tilleuls, a été vendu en 1978 et agrandi par la suite). Par ailleurs, l'habitation de Charles est cédée au milieu des années 1950 (après le décès de sa femme en 1952) au laitier Aimé Béliard. Pierre Dodane, le fils de Charles qui lui a succédé à la fin des années 1920 ou au début des années 1930, produit alors dans l'usine de la rue de la Louhière des montres sous la marque Artisana. Victime de problèmes de vue, il cède son affaire le 11 janvier 1954 (Me Lemoine, notaire à Morteau) à Jean Guillemin, autre fabricant d'horlogerie de Morteau (signalé au 5 rue du Trou au Loup puis à la fin des années 1950 aux 10 et 12 rue de la Chaussée, ce dernier est associé en 1949 et 1950 avec Paul Girardet dans la Sarl des Ets Guillemin-Girardet et Cie, exploitant la marque de montres Gira-Watch).

L'usine accueille ensuite la fabrique d'horlogerie des Ets Jual (montres Roskopf). Celle-ci est classée en 1965 dans la catégorie de 0 à 10 salariés, mais ce chiffre ne prend certainement pas en compte les travailleurs à domicile car elle compterait 70 personnes en 1976 (puis 96 en 1982). Exploitant la marque Diane (marque auparavant propriété de Paul Bessot, à Charquemont), elle est alors dirigée par Louis Cuenot (une "Manufacture d'horlogerie J. Cuenot" était signalée en 1933 au 9 rue de la Louhière). L'entreprise semble disparaître au cours de la décennie 1980.

L'ensemble des bâtiments abrite actuellement des logements, le dernier étage de l'usine ayant été doté côté rue d'un balcon filant en bois.

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Périodes

  • Principale4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle
  • Principale3e quart 20e siècle

Dates

  • 1901daté par tradition orale

Auteurs

  • Auteur Martignoni, entrepreneur  / attribution par tradition orale

Description

Les bâtiments ont des murs en moellons calcaires enduits, des toitures couvertes de tuiles mécaniques et des toits à longs pans, avec croupes pour l'usine, pignons couverts pour les deux maisons. L'usine a un sous-sol à demi enterré, un rez-de-chaussée surélevé et trois étages carrés, desservis par un escalier hors-oeuvre tournant en béton situé dans une tour carrée implantée dans l'angle nord-ouest. L'éclairage des ateliers, occupant autrefois les 2e et 3e étages carrés, était assuré par des fenêtres horlogères ouvrant le mur pignon nord et la façade postérieure (ouest). Au 3e étage, un balcon en bois récent court sur l'ensemble de la façade antérieure. La maison d'origine, au 4 chemin des Acacias, comporte sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, étage carré, étage en surcroît et étage de comble. Ses façades sont percées de fenêtres couvertes en arc segmentaire ; le rez-de-chaussée de la façade occidentale présente en outre une fenêtre horlogère. Son extension à l'est, en rez-de-chaussée, est sommée d'une terrasse en béton. L'habitation du 3 chemin des Tilleuls a un étage carré et sa façade antérieure (orientale) est percée de baies multiples aux deux niveaux. Son extension au sud, coiffée d'un appentis, est réalisée en parpaings de béton enduits.

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  • Typologiesbaie horlogère / baie multiple
  • Murscalcaire / moellon / enduit / béton / parpaing de béton / enduit
  • Toittuile mécanique
  • Étagessous-sol / rez-de-chaussée surélevé / 3 étages carrés
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / croupe / appentis / pignon couvert
  • Escaliersescalier hors-oeuvre / escalier tournant à retours avec jour / en maçonnerie / escalier dans-oeuvre
  • Énergiesénergie électrique / achetée
  • État de conservationétablissement industriel désaffecté

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 412 Cadastre de la commune de Morteau, 1816-1978- 3 P 412 : Atlas parcellaire (11 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Girardier et Mestre, 1816-1817- 3 P 412/1 : Registre des états de sections, 1818- 3 P 412/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1823-1875. Le 1er volume manque.- 3 P 412/2-3 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1876-1914- 3 P 412/6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 412/7-9 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1911-1965- 3 P 412/10-13 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1978
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 412
  • 50 J 24 Syndicat de fabricants d'horlogerie de Besançon. Correspondance avec les fabricants, 1948-1974
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 50 J 24
  • 50 J 28 Syndicat de fabricants d'horlogerie de Besançon. Correspondance avec les fabricants, 1947-1961
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 50 J 28
  • Archives communales, Besançon, 86 W 104 Entreprises de microtechniques de Franche-Comté (4e quart 20e siècle)
    Lieu de conservation : Archives communales, Besançon  - Cote du document : 86 W 104
  • Archives de la société Dodane, Châtillon-le-Duc
    Lieu de conservation : Archives de la société Dodane, Châtillon-le-Duc
  • Papier à en-tête des Ets Pierre Dodane, s.d. [décennie 1930]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac
  • Papier à en-tête des Ets Jual, 14 décembre 1972
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans

Documents figurés

  • Route départementale n° 2 de Besançon à Morteau. Plan des alignements de la traverse de Morteau [rue de la Louhière, Grande Rue et rue de l'Helvétie], photocopie d'un dessin (plume, lavis), par l'ingénieur ordinaire Berquet, Pontarlier le 29 novembre 1873, validé en 1876 et annexé au décret ministériel du 5 juillet, échelle 1/200, 34 x 348 cm
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Leiser, Morteau
  • Ponts et Chaussées. Route nationale n° 461 de St Claude à Belfort. Plan d'alignements de la traverse de Morteau [rue de la Louhière], photocopie d'un dessin (plume, lavis), par l'agent-voyer d'arrondissement Chirouze, Pontarlier le 28 [- 1907], homologué par le Conseil général dans sa séance du 27 avril 1908, échelle 1/500, 30 x 279 cm
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Leiser, Morteau
  • [Façade antérieure de la maison de Charles Dodane rue des Acacias], photographie, s.n., s.d. [1er quart 20e siècle ?].
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Marie Robbe, Villers-le-Lac
  • [Façade antérieure de l'usine, de trois quarts droite], photographie imprimée, s.n., s.d. [années 1920]. Egalement collection Jean-Claude Vuez, datée du 28 octobre 1926.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Marie Robbe, Villers-le-Lac
  • Etablissements Jual [page de catalogue], s.d. [années 1970-1980]
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans

Bibliographie

  • Briselance, Claude-Gilbert. L'horlogerie dans le val de Morteau au XIXe siècle (1789-1914). - 1993. 2 vol., XXXII-398 - III-420 f. : ill. ; 30 cm. Mém. maîtrise : histoire contemporaine : Besançon : 1993
  • Dodane, Gabriel. Ce que je sais de notre famille Dodane, par Gabriel Dodane (1893-1975). - Chelles, avril 1964. 7p. ; 30 cm.
  • Les établissements horlogers en France. - S.l. : s.n., mars 1965. 17 p. ronéotypées ; 20 cm.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Michel Simonin, Maîche
  • Lombard, J.-A. "L'horlogerie française, ce n'est pas seulement Lip..." Tout le Haut-Doubs lève le bouclier. L'Impartial, mercredi 4 février 1976, p. 5 : ill.Article consultable en ligne : http://doc.rero.ch/record/106701/files/1976-02-04.pdf (consultation : 16 mars 2018)
  • Morteau : le PDG gréviste ne désarme pas. L'Impartial, 3-4 janvier 1976, p. 20.Article consultable en ligne : http://doc.rero.ch/record/106674/files/1976-01-03.pdf
  • Poupard, Laurent. Charles Dodane. In Viennet, Jean-Pierre. Le pays des horlogers : trois siècles d'histoire franco-suisse. - Villers-le-Lac : Musée de la Montre, 2015, p. 172, 176-177 : ill.

Documents multimédias

  • Prost, André. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org
  • Réjus, Liliane. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne (accès privé) sur le site de : http://www.myheritage.fr/

Témoignages oraux

  • Robbe Jean-Marie, petit-fils de Gabriel Dodane (1893-1975) et arrière petit-fils de Charles Dodane (1867-1936). Villers-le-Lac
  •  

Annexe(s)

  • Installation de Charles Dodane à Morteau en 1893 [+]

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)maison, usine d'horlogerie
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, bureau, logement, maison, jardin, cour

Localisation

  • CommuneMorteau
  • Adresse 15 rue de la Louhière
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2014