Patrimoine en Franche-Comté - Usine d'horlogerie (usine de montres) de la Société mortuacienne d'Horlogerie (Kiplé) puis de la SA Montres Ambre

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Usine d'horlogerie (usine de montres) de la Société mortuacienne d'Horlogerie (Kiplé) puis de la SA Montres Ambre

1 et 1A rue Fontaine-l'Epine
25 - Morteau
Dossier IA25001790 réalisé en 2018

Illustrations

Historique

L'usine est bâtie en 1972 par l'architecte Pierre Joly, de Besançon, pour la Société mortuacienne d'Horlogerie, établie au 17 rue de l'Helvétie. Fondée en 1958 par Jacques Bouhelier (né en 1929 et fils du fabricant d'horlogerie Maurice Bouhelier), cette entreprise a succédé à une société de fait qu'il avait créée en 1953 avec son oncle Jean Cupillard. Exploitant la marque Kiplé ("la montre qui plaît"), déposée la même année 1953, la société est spécialisée dans le négoce des montres mais elle en fabrique aussi à partir de 1961. Elle pratique la vente directe aux particuliers des montres, réveils et horloges via le réseau des hypermarchés, élargi au début des années 1980 à celui des buralistes puis à celui des horlogers-bijoutiers. Très présente dans la publicité (radio et télévision) à partir de 1968 et dans le sponsoring sportif, elle achète le 13 mars 1984 à la société Les Industries de Palente sa division montre et la marque Lip. Elle commercialise à cette époque un million de montres (dont 600 000 - celles à quartz - importées d'Extrême-Orient et le reste assemblé à Morteau), 400 000 réveils (importés) et 300 000 pendules. Le bâtiment initial en rez-de-chaussée est agrandi à deux reprises par Pierre Joly : un corps est ajouté au sud entre 1975 et 1980 et un autre au nord entre 1980 et 1982. Le corps sud abrite une partie de la fabrication, l'administration et les bureaux de la direction, celui au centre le service après-vente (SAV) et le conditionnement, le corps nord le reste de la fabrication et l'atelier de réparation du SAV. Le personnel, qui comptait une vingtaine de salariés au début des années 1970, monte jusqu'à 240 salariés (dont 49 représentants) en 1988. Jacques Bouhelier se retire de l'affaire en 1989. La société disparaît le 21 mai 1990, victime de la concurrence asiatique et de n'avoir pu relancer Lip (la marque sera rachetée en septembre par Jean-Claude Sensemat), alors qu'elle emploie encore 150 personnes.

La marque Kiplé et le stock sont acquis en janvier 1991 par la SA Montres Ambre, qui réoccupe les locaux. Fondée en 1965 et dirigée par Pascal Bole, celle-ci est établie un peu plus loin dans la même rue (au n° 15, cadastre : 2018 AD 49 ?). Elle était en 1980 le deuxième exportateur français de montres, avec 95 % de sa production vendue à l'étranger, et comptait 72 personnes en 1988. Elle a acheté en avril 1990 la marque Yonger et Bresson (créée par les frères Louzon, à Paris) et emploie au début de cette décennie 300 salariés en France et à l'étranger (en Allemagne, à Hong Kong et à l'île Maurice). Elle laisse un étage à la société GGJ Gauthier (GGJ pour Gilbert, Ginette et Jean), dans laquelle elle a une participation. Fondée vers 1970 par les enfants de Roger Gauthier (établi au 46 rue de la Côte), cette Sarl était jusque-là installée dans l'ancien atelier d'Henri Marchal (aux 25-27 rue de la Louhière). Elle compte 20 salariés au maximum (15 à l'usine, trois à domicile et deux commerciaux), une quinzaine en 2000 lorsqu'elle disparaît au départ en retraite de son dernier dirigeant (le personnel est alors repris par la société Ambre). En 2005, le corps sud accueille un entrepôt au rez-de-chaussée, un cabinet comptable, un office notarial et des huissiers aux étages ; le corps central est occupé par un atelier de peinture et le corps nord par Ambre. Cette dernière achète en 2009 la marque Yema (créée en 1948 à Besançon par Henry Louis Belmont) et développe à partir de 2011 ses mouvements automatiques maison (les MPB 1000, 1010 et 1030). En 2017, elle compte 18 personnes à Morteau et une cinquantaine à l'île Maurice. Elle occupe toujours le corps nord ; celui au centre a été repris fin 2006 par l'imprimerie Bobillier (auparavant au 7 rue de la Chaussée), cédée en 2011 à Simon Graphic (d'Ornans) qui y emploie actuellement deux personnes, aussi présente dans celui au sud dédié à des bureaux (cabinets d'expertise comptable et d'avocat, huissier de justice, architecte).

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Auteurs

  • AuteurPierre Joly, architecte  / attribution par tradition orale

Description

L'usine est composée de trois corps de bâtiments, aux murs de béton enduits ou protégés par un essentage de tôles. Le corps central est en rez-de-chaussée (prolongé en façade par un quai), avec comble à surcroît ; celui au nord (à droite) comporte étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, deux étages carrés et comble à surcroît ; celui au sud (à gauche) a deux étages carrés. Les dessertes s'effectuent à l'aide d'escaliers dans-oeuvre (et d'ascenseurs ?) ; courbe, celui dans le hall du corps sud est à poutre métallique centrale. Ce dernier corps est coiffé d'un toit à croupes revêtu de matériau synthétique ("shingle"), les deux autres de toits à pignons couverts et couverture en acier.

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  • Typologiesbaie d'atelier
  • Toitacier en couverture / matériau synthétique en couverture
  • Étagesétage de soubassement / rez-de-chaussée surélevé / 2 étages carrés / comble à surcroît
  • Élévationsélévation à travées
  • Couverturestoit à longs pans / pignon couvert / croupe
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier tournant / en charpente métallique / escalier dans-oeuvre
  • Autres organes de circulationsascenseur
  • Énergiesénergie électrique / achetée

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 412 Cadastre de la commune de Morteau, 1816-1978- 3 P 412 : Atlas parcellaire (11 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Girardier et Mestre, 1816-1817- 3 P 412/1 : Registre des états de sections, 1818- 3 P 412/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1823-1875. Le 1er volume manque.- 3 P 412/2-3 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1876-1914- 3 P 412/6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 412/7-9 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1911-1965- 3 P 412/10-13 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1978
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 412
  • Kiplé La montre faite pour durer ! [catalogue]. - [Morteau] : [Kiplé], s.d. [vers 1980]. 16 p. : ill. ; 21 x 29,7 cm.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans

Documents figurés

  • Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr)

Documents multimédias

  • Besançon : Ambre reprend les montres Yema. Les Echos, 28 janvier 2009. Document accessible en ligne : https://www.lesechos.fr/28/01/2009/LesEchos/20351-099-ECH_besancon---ambre-reprend-les-montres-yema.htm (consultation : 2 mars 2018)
  • Les grandes étapes de l'histoire de la marque YEMA depuis 1948 à nos jours. - 2018. Texte consultable en ligne sur le site Yemania vintage : https://sites.google.com/site/yemaniachrono/chronologie (consultation : 6 mars 2018)
  • Horlogerie : Ambre rachète la marque Kiplé. Les Echos, 16 janvier 1991. Document accessible en ligne : https://www.lesechos.fr/16/01/1991/LesEchos/15807-067-ECH_horlogerie--ambre-rachete-la-marque-kiple.htm (consultation : 2 mars 2018)
  • Kiplé montres vintage françaises dans l'ombre des Lip et Yema. - S.d. Discussion sur le Forum à Montres (FAM), forum de discussions horlogères : http://forumamontres.forumactif.com/t78668p15-kiple-montres-vintage-francaises-dans-l-ombre-des-lip-et-yema (consultation : 1er mars 2018)
  • Monneret, Christian. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
  • Pequignet, Lornet et Ambre, les manufactures horlogères françaises. - 8 mars 2017. Article publié sur le blog La Mécanique des Montres : https://lamecaniquedesmontres.blogspot.fr/2017/03/manufactures-horlogeres-francaises-pequignet.html (consultation : 2 mars 2018)

Bibliographie

  • C., T. [Interview de Jacques Bouhelier au sujet de Kiplé et de l'horlogerie française]. C'est-à-dire, n° 96, 13 janvier 2005, p. 10-11 : ill.Interview en trois articles : - p. 10 : Kiplé et le pari de la grande distribution ;- p. 11 : Une communication bien orchestrée et Jacques Bouhelier : "L'individualisme a sabordé le marche français".
  • Chambre de Commerce et d'Industrie du Doubs. Horlogerie [dossier documentaire]. - Besançon : CCI du Doubs, juin 1988. 43 p. ; 30 cm.
    Lieu de conservation : Musée du Temps, Besançon  - Cote du document : 28700 CCI 1988
  • Christophe, Dominique. Ambre. Une marque française pour une clientèle française. La France horlogère, n° 416, novembre 1980, p. 75.
  • Viennet, Jean-Pierre. Le pays des horlogers : trois siècles d'histoire franco-suisse. - Villers-le-Lac : Musée de la Montre, 2015. 271 p. : ill. ; 28 cm.

Témoignages oraux

  • Bobillier Christophe, fils de Robert Bobillier et ancien gérant de l'imprimerie Bobbilier. Morteau
  • Bouhelier Jacques, fils de Maurice Bouhelier et fondateur de la Société mortuacienne d'Horlogerie, Morteau.
  • Gauthier Jean, fils de l'horloger Roger Gauthier, gérant de la Sarl GGJ Gauthier. Morteau
  •  

Lien(s) web

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)usine d'horlogerie
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, atelier de conditionnement, entrepôt industriel, magasin industriel, bureau, bureau d'études, stationnement, quai

Localisation

  • CommuneMorteau
  • Adresse 1 et 1A rue Fontaine-l'Epine
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau

Étude

  • Copyright© Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2013