Patrimoine en Franche-Comté - Forges de Scey-en-Varais, puis centrale hydroélectrique

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Forges de Scey-en-Varais, puis centrale hydroélectrique

1-3 rue des Forges
25 - Scey-Maisières
Dossier IA25000179 réalisé en 2016

Illustrations

Historique

L'existence des forges de Scey est attestée à l'extrême fin du 15e siècle, puisque les salines de Salins (IA39000138) s'y approvisionnent en "sappeaulx de fer de fondue" en 1499. En 1528, l'usine métallurgique, dotée d'un haut fourneau, est vendue par Etienne Roland à Denis et Antoine d'Anvers, de la famille d'Emskerque, pour la somme de 1300 francs.

Ferdinand de Rye, archevêque de Besançon et propriétaire de la seigneurie de Montrond, fait venir en 1626 des ouvriers des Pays-Bas spécialisés dans la fabrication de fer-blanc. Sa fabrication est encore attestée en 1726. A cette époque, l'usine est louée par la comtesse de Poitiers à une association d'entrepreneurs parisiens, et modernisée. Le haut fourneau est arrêté vers 1732 par manque de minerai, seule la forge poursuit son activité. Acquise vers 1740 par M. Renouard de Sainte-Croix, l'usine est exploitée jusqu'au début du 19e siècle par son fils. La production de la forge passe de 150 milliers de fer en 1755 à 400-500 milliers en 1772 (dont un tiers pour la clouterie et un autre tiers en fer laminé) et 350 milliers en 1788.

En 1811, l'usine compte deux feux de forge, une fenderie, une scierie et un moulin. Elle produit annuellement 60 tonnes de "fer en barres et en cercles". Vers 1820, les frères Mercier, associés à M. Mouret, de Bartherans, acquièrent et agrandissent l'usine métallurgique. Ils implantent une tréfilerie autorisée par ordonnance royale du 27 octobre 1824. Elle se compose de 18 bobines, mises en jeu par trois roues hydrauliques établies sur le bief du moulin. L'établissement reçoit ses gueuses de fonte des hauts fourneaux de Haute-Saône. Il produit annuellement 250 tonnes de métal de ses feux d'affinerie, un tiers est laminé pour en faire du fer-blanc et des cercles de futailles, un autre tiers est converti en verges crénelées prêtes à être filées, le reste étant vendu directement en barres. En 1826, l'usine emploie 54 ouvriers et produit annuellement 300 tonnes de fer en barres, dont 60 tonnes sont convertis en verges et en "fer martinet", et le reste transformé en fil de fer "de tous numéros". Un état de 1832 précise la consistance de l'usine : une tréfilerie de 20 mouvements, deux martinets, une maréchalerie, un cylindre, une fabrique de clous et une chaînerie. L'effectif est alors d'une trentaine d'ouvriers. La production décline dans la décennie 1830, seuls un feu de forge, un martinet et six mouvements de tréfilerie sont en service. A cette époque, Mouret, de Bartherans et M. Velloreille, propriétaire des forges voisines de Chenecey (IA25001595), en sont propriétaires. L'établissement produit 160 t de fil de fer et emploie 34 ouvriers en 1840. La tréfilerie et le feu de forge sont arrêtés vers 1855.

En 1856, Claude Narcisse Bourgeois est donné comme propriétaire d'une "maison et moulin", consistant en un moulin à 4 paires de meules, une huilerie et une ribe à chanvre. La matrice cadastrale mentionne une "modification par suite de démolition", correspondant à la suppression des ateliers situés sur la rive droite du bief (forge, tréfilerie, maison de maître). Le logement ouvrier édifié au nord du site est détruit à ce moment-là. En 1860, le moulin se compose de huit paires de meules, d'une scie verticale, d'un battoir à blé et d'une ribe à chanvre. Le site est acquis par François Latrive vers 1878, lequel construit un atelier en 1880 (à l'emplacement du martinet) et démolit quelques bâtiments en 1883, toujours sur la rive droite du bief. L'établissement est vendu vers 1891 à Conrad Mantel, "industriel à Scey-en-Varais, puis peu après à Xavier Catelain. Le bâtiment du moulin est touché par un incendie, vraisemblablement en 1893.

Peu après, la ville d'Ornans achète les bâtiments et le cours d'eau, avec l'intention d'y établir une usine électrique pour assurer l'éclairage de la ville. Une turbine de 80 chevaux est installée. En 1905, Emile Bouzereau, électricien à Ornans, devient "concessionnaire de l'éclairage public de la ville d'Ornans". En 1909, le site est acheté par Emile Bouzereau, qui reprend ou installe la centrale hydroélectrique. En 1910, la commune de Cléron lui concède la distribution d'énergie électrique. La centrale est reprise par la société des Forces Motrices de l'Est dans les années 1930, puis par EDF après la Seconde Guerre. L'usine hydroélectrique est arrêtée vers 1960. Les bâtiments sont vendus à un particulier et transformés en habitation.

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Périodes

  • Principale18e siècle
  • Principale1er quart 20e siècle

Dates

  • porte la date

Description

L'atelier de fabrication est construit en moellon de calcaire, pourvu d'un étage et couvert d'un toit à longs pans en tuile mécanique. Au moment de sa conversion en centrale hydroélectrique, deux grandes baies verticales ont été percées sur le pignon nord, lequel a été orné de redents. Le bâtiment d'eau, établi sur le bief, est couvert d'un appentis. Le bâtiment du martinet est en rez-de-chaussée, bâti en moellon de calcaire enduit, couvert d'un toit en tuile plate. Le logement construit à l'ouest est également en moellon de calcaire et couvert en tuile plate. La partie occidentale est pourvue de deux étages carrés et couverte d'un toit à croupes. La partie est ne possède qu'un étage.

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  • Murscalcaire / moellon / enduit
  • Toittuile mécanique / tuile plate
  • Étagesen rez-de-chaussée / 2 étages carrés
  • Couvrements
  • Couverturestoit à longs pans / croupe / appentis
  • Énergiesénergie hydraulique / produite sur place / énergie électrique / produite sur place / turbine hydraulique
  • État de conservationétablissement industriel désaffecté

Documentation

Documents d’archives

  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 3 P 538/1 État de sections (1816)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 538/1
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 3 P 538/2-3 Matrice des propriétés foncières bâties et non bâties (19e siècle)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 538/2-3
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 3 P 538/4 Matrice des propriétés bâties (1882-1910)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 538/4
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 3 P 538/6 Matrice des propriétés bâties (1911-1968)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 538/6
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, M 2335 Statistiques industrielles (1820-1830)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : M 2335
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, M 2378 Statistiques industrielles (1811-1812)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : M 2378
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, M 2379 Statistiques industrielles (1820-1830)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : M 2379
  • Archives communales, Ornans, 3 O Régime des eaux (an II-1926)
    Lieu de conservation : Archives communales, Ornans  - Cote du document : 3 O
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 7 S 94 Cours d'eau et usines. Dossier communal (1857-1896)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 7 S 94
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, Sp 827 Energie électrique. Distribution (1908-1929)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : Sp 827
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, Sp 1262 Usines et prises d'eau. Rivière de la Loue (1823-1924)
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : Sp 1262

Bibliographie

  • Annuaire statistique et historique du département du Doubs pour l'année bissextile 1826. - Besançon : Impr. Veuve Daclin, 1827.
  • Bourgin, H.et G. L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution (1788). - Paris : Imprimerie nationale, 1920.
  • Chapuis Robert. Une aventure territoriale. La haute vallée de la Loue. De la vigne, à l'usine et au patrimoine. - Besançon : Presses Universitaires de Franche-Comté, 2006, 194 p.
  • Monnin J.C. Scey-Maisières. Miroir du passé. – S.l., s.n.,1981,186 p.
  • Pitavy Jean-Jacques. Vie et traditions des villages du pays d'Ornans. Ornans, Saules [...]. - Echevannes : J.-J. Pitavy, 2007, 95 p.
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Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée,
  • Précision statut,

Désignation

  • Dénomination(s)usine de transformation des métaux, centrale hydroélectrique
  • Parties constituantes non étudiéeslogement, atelier de fabrication

Localisation

  • CommuneScey-Maisières
  • Adresse 1-3 rue des Forges
  • Milieu d'implantationen village
  • Lieu-dit
  • Aire d'étude et cantonVallées, plateaux et montagnes du Doubs - Ornans
  • Hydrographiedérivation de la Loue

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Favereaux Raphaël, Hamelin Liliane
  • Date de l'étude2015

Voir aussi

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