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USINE D'HORLOGERIE (USINE DE MONTRES), FONDERIE ET USINE DE PETITE MÉTALLURGIE (USINE DE BIJOUTERIE ET JOAILLERIE) CHRISTIAN BERNARD

25 - Maîche

1 rue Victor Mauvais

  • Dossier IA25001206 réalisé en 2013 revu en 2014
  • Auteur(s) : Laurent Poupard
Entrée principale, depuis le sud-ouest. © Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Historique


Créée en 1973 en région parisienne par Bernard Nguyen, la société de bijouterie Christian Bernard lance en 1976 ses premières collections de bijoux précieux et de montres. Elle ouvre en 1982 une petite unité de montage de montres à quartz à Maîche, au 4 rue de la Batheuse dans l'ancien atelier Codhor. L'unité débute avec deux ou trois personnes puis prend de l'extension si bien qu'elle déménage en 1984 pour occuper les locaux de la société Paul Poupeney et Fils, au 7 rue Paul Monnot, puis loue en 1986 un deuxième local dans l'ancienne usine Paul Mauvais et Joseph Rondot (puis des Ets Cheval Frères) du 4 rue de la Gare.

En 1987, le groupe Christian Bernard implante à Hong Kong une unité de fabrication (Aurostyle), qui lui assure en 1989 la place de premier fabricant français de bijoux.
Poursuivant son développement en France, il fait construit à Maîche en 1990 cette grande usine par l’architecte François Solmon, de Montbéliard. Ce dernier dessine un bâtiment rappelant par sa forme un diamant, destiné à accueillir plus de 300 personnes fabriquant bijoux et montres bijoux (des montres de femme, de petites dimensions, aux formes très travaillées, revêtues de pierres précieuses serties ; marques Alan Stil, Fontenay, Christian Bernard). Privilégiant l'intégration, le groupe y rapatrie ses ateliers de Maîche et Frambouhans (la société Mydor Déco, acquise à la fin des années 1990 et spécialisée dans la fabrication des boîtes de montre). L'activité horlogère est alors importante et avec sa marque Fontenay, le groupe est le premier fabricant et distributeur de montres. Les produits de haut de gamme sortent de l'usine de Maîche, ceux d'entrée de gamme sont produits en Asie : au Vietnam où est créé un pôle manufacturier (société Design International, bijouterie or en 1995, bijouterie fantaisie en 1999) et en Chine (joaillerie en 2004, horlogerie et bijouterie acier et céramique en 2007).

Au début des années 2000, la répartition des activités à Maîche est de 20 % pour l'horlogerie et 80 % pour la bijouterie. Les effectifs y descendent doucement de 300 à 200 personnes environ puis la crise de 2008-2009 se traduit par un plan social sévère entraînant la suppression de 77 des 171 postes subsistants. L’unité est alors repositionnée sur trois domaines, qu'elle maîtrise pour l'ensemble du groupe : la fabrication des alliances de mariage, celle des solitaires diamants et de joaillerie, le service après-vente (rapatrié en 2010 des Ulis, Essonne).
Employant 85 personnes en 2013, le site de Maîche a une production annuelle de 25 000 alliances et 5 000 pièces avec solitaire ; il traite 80 000 pièces en SAV et compte environ 3 000 clients en France. La fabrication, à la commande, s'effectue en flux tendu en cinq à huit jours. Les pièces compliquées - typiquement celles avec solitaire diamant - sont réalisées par fonte à la cire perdue : un moule en matériau souple, obtenu à partir d'un prototype métallique, permet la réalisation d'un tirage en cire ; les tirages sont assemblés sur un " arbre ", placé dans un cylindre creux dans lequel est coulé du plâtre de bijouterie ; la cire fond lors de la cuisson du nouveau moule en plâtre et c'est dans ce dernier qu'est injecté le métal (or, platine ou argent). Les alliances, elles, sont essentiellement fabriquées par usinage, à l'aide de machines à commande numérique, de " rondelles " (découpées dans des tubes). Les rondelles peuvent être assemblées par montage mécanique, soudage, etc. ; elles peuvent être plaquées, gravées, polies, etc. Toutes les pièces peuvent porter des pierres précieuses ou des diamants, fixés par sertissage manuel (serti grain, martelé, invisible, à griffes, etc.). La société est d'ailleurs habilitée par l'administration des Douanes pour poinçonner sa production : poinçon de garantie (trèfle, coquille Saint-Jacques ou tête d'aigle suivant la teneur) et poinçon de maître (les mentions Ste et C≡B dans un losange pour les pièces destinées au marché français, dans un ovale pour celles destinées à l’export).

En 2013 toujours, le groupe Christian Bernard emploie 250 personnes au sein du siège social à Villebon-sur-Yvette (Essonne), qui réunit ses services transversaux et la distribution (environ 1 600 000 produits traités chaque année, essentiellement destinés au marché français et européen).
Son effectif total est, au niveau mondial, de 3 000 personnes (dont 2 000 au Vietnam et 200 en Chine). Il travaille 1,4 tonne d'or fin et sertit 15 millions de pierres (dont 65 000 carats de diamants) pour fabriquer 3 millions de bijoux, soit avec des marques sous licence, soit avec ses marques propres (Fontenay pour l'horlogerie, Diamanti, A. Girard, Jeell, Silver Island et Ultimate Ceramic pour la bijouterie). Pour l'Europe, la diffusion s'effectue notamment via la chaîne de bijouterie Oro Vivo, acquise en 2005 et qui réunit 150 points de vente en Espagne, Portugal, Allemagne et Suisse.
L'entreprise est liquidée fin 2016.
Période(s)
Principale :
  • 4e quart 20e siècle
Auteur(s) & personnalité(s)

Solmon, François, architecte DPLG, 16 rue Lalance à Montbéliard

Description


Formant un ensemble au plan tourmenté, les bâtiments ont des murs en béton enduit, en pan de béton armé avec murs-rideaux en verre et, pour certains, plaquis de briques. Inscrits dans la pente (d'où la présence d'escaliers indépendants droits en béton), ils ont jusqu'à deux étages carrés, desservis par des escaliers dans-oeuvre en béton tournant à retours, avec également ascenseur et monte-charge. Les toitures sont majoritairement en terrasse (béton), avec parfois lanterneau en verre, sinon à longs pans en acier.
Murs :
  • béton
  • pan de béton armé
  • mur-rideau
  • enduit
  • plaquis
Toit :
  • béton en couverture
  • acier en couverture
Etages :
  • 2 étages carrés
Escalier :
  • escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
  • escalier isolé, escalier droit, en maçonnerie
Autre :
  • ascenseur
  • monte-charge
Energie utilisée :
  • énergie électrique achetée

Source(s) documentaire(s)

  • Annuaire des Entreprises de France, le fichier national des chambres de commerce et d'industrie
    Annuaire des Entreprises de France, le fichier national des chambres de commerce et d'industrie
  • C., T. Christian Bernard parie sur le haut de gamme, 5 janvier 2009
    C., T. Christian Bernard parie sur le haut de gamme. C'est-à-dire, le journal du Haut-Doubs, n° 140, 5 janvier 2009, p. 20 : ill.
  • Le Lan, Véronique. Christian Bernard. L'esprit d'entreprendre, janvier 1998
    Le Lan, Véronique. Christian Bernard. L'esprit d'entreprendre. Le Bijoutier, n° 655, janvier 1998, p. 14-15 : ill.
  • Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche, 2007
    Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche. - Maîche : M. Simonin, 2007. 143 p. : ill. ; 30 cm.
  • Labonne Max (témoignage oral)
    Labonne Max, directeur de l'usine Christian Bernard. Maîche

Informations complémentaires

Thématiques :
  • patrimoine industriel du Doubs
Aire d’étude et canton : Pays horloger (le)
Dénomination : usine d'horlogerie, fonderie, usine de petite métallurgie
Parties constituantes non étudiées :
  • atelier de conditionnement
  • atelier de fabrication
  • bureau
  • bureau d'études
  • chaufferie
  • entrepôt industriel
  • magasin industriel
  • vestiaire d'usine
  • stationnement
  • cantine
  • escalier indépendant
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