Patrimoine en Franche-Comté - Maison et atelier d'horlogerie Renaud et Taillard puis Arsène Taillard

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
Hôtel de Région - 4, square Castan CS51857 - 25031 Besançon cedex

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Maison et atelier d'horlogerie Renaud et Taillard puis Arsène Taillard

21 rue du Temple
25 - Villers-le-Lac
Dossier IA25001555 réalisé en 2016

Illustrations

Historique

La maison est bâtie en 1776, comme l'attestent les inscriptions gravées sur un linteau dû à Pierre Alexandre Cupillard (1750-1823) : ANNO PERIODI JULIANAE PAC / [dans des cartouches :] 6 4 LT J[croix]S FC 8 9. La signature du tailleur de pierres (PAC pour Pierre Alexandre Cupillard) y est accompagnée du renvoi à l'ère julienne, débutant en l'an 4713 avant Jésus Christ : la date 6489 correspond donc à l'an 1776 du calendrier grégorien (d'après Yves Droz, Cupillard a utilisé ce calendrier sur une dizaine d'autres linteaux dans le val de Morteau). Attesté sur le plan cadastral de 1817, le bâtiment appartient alors à la veuve de Claude Ignace Caille (1746-1808), en son vivant cultivateur, puis passe vers 1823 à son neveu Jean-Baptiste Caille (1782-1852), également paysan. Acquis vers 1849 par Joseph Célestin Amiot (1790-1873), il est transmis à sa mort à son gendre, François Joseph Vuillier (1822-1885). Propriétaire au hameau d'une ferme (où Jules Monnot implantera son atelier d'horlogerie), ce dernier est horloger, comme son fils Virgile (1853-1911), qui se dit en 1886 spécialiste des "montres soignées extra-plates, plates et hauteur normale avec chaton ou pierres au centre". Vers cette date, Virgile Vuillier cède la maison à un autre horloger, Jean Alphonse Pierre (1842-1892), auquel succèdera vers 1895 son gendre Charles Sisini (1865-1936). Entrepreneur en maçonnerie, originaire de Castelrotto (Trentin-Haut-Adige, Italie), Sisini construit vers 1899 une remise et vers 1903 un bâtiment pour chambre et buanderie. La propriété passe vers 1936 à son gendre Arsène Taillard (1890-1968), qui fait bâtir un garage au sud. Dit comptable puis fabricant d'horlogerie, Taillard s'associe en 1939 avec l'horloger Camille Renaud, établi à Charquemont (17 rue du Général Leclerc) au milieu des années 1920. Leur société de fait est transformée en Sarl le 31 mai 1947 (capital : 350 000 F en 1948, 1 850 000 F en 1951), avec siège social à Charquemont et atelier dans chacun des deux lieux (à Villers-le-Lac dans le garage au sud). Elle achète 4 656 ébauches françaises en 1949 (3 956 des Ets Cupillard de Villers-le-Lac, 100 des Ets Joseph Jeambrun à Maîche et 600 de la maison Crettiez, à Sallanches en Haute-Savoie), 6 100 en 1951 (5 200 Cupillard et 900 Crettiez), 5 030 en 1952 (3 730 Cupillard, 500 Crettiez, 600 Femga - Fabrique d'Ebauches de Montres du Genevois à Annemasse - et 200 Horlogerie de Savoie, d'Annemasse). Elle vend 7 336 montres en 1950, 6 977 en 1951, 7 347 en 1952 et 2 742 du 1er janvier au 15 septembre 1953 (chiffre en baisse du fait de la mévente des montres à cylindre, spécialité de l'entreprise). Sa dissolution le 31 décembre 1953 entérine une séparation effective dès le 1er septembre. Propriétaire de la marque Clyda (par la suite rachetée par Roger Monnin, de Charquemont), Taillard poursuit modestement la fabrication : "du 15 septembre au 31 décembre 1953, j'ai vendu exactement : 796 montres ancre, métal, plaqué or et or, et les ouvriers auxquels je donne du travail le font à domicile." Son affaire disparaît certainement avant la fin de la décennie. Le site n'abrite ensuite plus d'activité productive.

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Périodes

  • Principale4e quart 18e siècle

Dates

  • 1776porte la date

Description

Les murs de la maison et de la buanderie sont en moellons calcaires enduits, ceux des latrines et du poulailler en briques silico-calcaires, ceux des deux garages en parpaings de béton enduits. Les quatre premiers corps de bâtiment ont chacun un toit à longs pans, pignons couverts et tuiles mécaniques (tuiles plates sur les latrines) ; les garages sont coiffés d'un toit terrasse en béton. La maison comporte un sous-sol, un étage en surcroît et un étage de comble, desservis par un escalier dans-oeuvre. Elle est éclairée par des baies rectangulaires au sud et à l'est, en arc segmentaire au nord et à l'ouest. A l'ouest, une porte et une fenêtre ont un linteau délardé en arc segmentaire, celui de la porte étant sculpté d'une croix avec inscriptions et date. A l'exception de la façade occidentale, chaque élévation présente une fenêtre horlogère. Le garage (sud) est percé de fenêtres d'atelier. La buanderie a un étage en surcroît accessible par un escalier extérieur droit métallique.

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  • Typologiesbaie horlogère / baie d'atelier
  • Murscalcaire / moellon / enduit / béton / parpaing de béton / enduit / brique silico-calcaire
  • Toittuile mécanique / béton en couverture
  • Étagessous-sol / étage en surcroît / étage de comble
  • Couverturestoit à longs pans / pignon couvert / terrasse
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier de distribution extérieur / escalier droit / en charpente métallique
  • Techniques de décorsculpture
  • Représentationscroix

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 628 Cadastre de la commune de Villers-le-Lac, 1817-1973- 3 P 628 : Atlas parcellaire (18 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Vial et Girardier, 1817- 3 P 628/1-2 : Registre des états de sections (1817 ?) - 3 P 628/3-4 : Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties, 1822-1910- 3 P 628/5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 628/10-12 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1973
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 628
  • 50 J 39 Syndicat de fabricants d'horlogerie de Besançon. Correspondance avec les fabricants, 1948-1971
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 50 J 39

Bibliographie

  • Briselance, Claude-Gilbert. L'horlogerie dans le val de Morteau au XIXe siècle (1789-1914). - 1993. 2 vol., XXXII-398 - III-420 f. : ill. ; 30 cm. Mém. maîtrise : histoire contemporaine : Besançon : 1993

Documents multimédias

  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
  • Monneret, Christian. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

Témoignages oraux

  • Droz Yves, collectionneur de pièces horlogères et fondateur du Musée de la Montre, Villers-le-Lac
  •  

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)maison, atelier

Localisation

  • CommuneVillers-le-Lac
  • Adresse 21 rue du Temple
  • Milieu d'implantationen ville
  • Lieu-dit Bassots les
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau

Étude

  • Copyright© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2016