Patrimoine en Franche-Comté - Immeuble et atelier d'horlogerie de Lucien Deleule

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Région Bourgogne Franche-Comté
Direction Culture, sport et jeunesse - Service Inventaire et Patrimoine
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Immeuble et atelier d'horlogerie de Lucien Deleule

9 rue René Payot
25 - Morteau
Dossier IA25001816 réalisé en 2018

Illustrations

Historique

L'immeuble est construit entre 1893 (achat des terrains) et 1898 (selon la matrice cadastrale). Il est dû à l'entrepreneur Dominique Luchini (né en 1857 à Biandronno, Lombardie, Italie), à la tête de la "Grande Fabrique de Parquet mortuassienne" et auteur en 1898 de celui au 12 rue de la Gare, vendu au fabricant d'horlogerie Paul Deleule (et futur siège des Montres Thalès). Luchini a acheté en septembre 1893 deux parcelles de terrain (cadastrées E 116 et 117) à la famille Chopard (propriétaire de la brasserie de l'Aigle). Il s'engage à "élever sur le terrain vendu des constructions sérieuses comme il est d'usage dans les villes, composées au minimum d'un rez-de-chaussée, d'un premier étage, couvertes en tuiles, ardoises, tuiles métalliques", et évoque un délai de deux ans pour l'édification de deux maisons. Il ajoute vers 1900 à celle étudiée un grand bâtiment à usage de remise et écurie (détruit ?). Les constructions sont cédées au fabricant de montres Lucien Deleule (1853-1922), frère de Paul et d'Henri, et oncle de Roger (qui sera horloger au 22 rue de la Louhière), demeurant auparavant à Charquemont, commune de sa femme Esther Beaumann (ou Baumann). Lucien Deleule fait en 1900 de la publicité pour une montre brevetée à seconde centrale et mouvement visible, commercialisée sous la marque La Montagnarde (à la fin de la décennie, il sera question de "Montres 11, 18 et 21'' plates, cylindre et ancre. Roscopf, plates et demi-plates. Savonnettes plates et demi-plates"). Le couple a trois filles, dont Madeleine Zoé Blanche mariée en 1919 avec André Balanche (1894-1971). Son papier à en-tête présente, en 1925-1926, ce dernier à la tête d'une fabrique d'horlogerie au 13 rue de la Gare (actuel 9 rue René Payot) et au 32 boulevard du Nord à Monte-Carlo (principauté de Monaco), ajoutant : "Pour cause d'homonymie, adresser : André Balanche-Deleule". Il est le fils de Léon Balanche, propriétaire d'un immeuble abritant plusieurs ateliers aux 14 et 14 bis Grande Rue (alors au n° 8).

La veuve de Lucien Deleule vend les bâtiments vers 1929 à la Compagnie électrique de Morteau, pionnière dans le Doubs avec l'électrification de cette ville dès 1896. A cette époque (1895), un ingénieur d'origine alsacienne Charles Brügger fonde en effet, à l'aide de capitaux parisiens, la Société d'exploitation électrique de Morteau. L'électricité est fournie par la centrale thermique (équipée d'une machine à vapeur actionnant une dynamo) qu'il installe entre l'immeuble et la gare. La demande augmentant, il édifie une centrale hydroélectrique dans le val de Consolation (commune de Consolation-Maisonnettes). Par ailleurs, en 1897, sa société donne naissance à l'Union électrique, laquelle développe ensuite considérablement son emprise (avec, notamment, la centrale du Saut-Mortier dans le département du Jura) et reprend le secteur de distribution de Morteau. Elle le cède en 1906 à la Compagnie électrique de Morteau, créée cette même année 1906 avec des capitaux helvétiques fournis par la Société des Forces électriques de la Goule, que ce secteur de distribution intéresse pour assurer son implantation en France. La société de la Goule n'est alors pas une nouvelle venue dans le paysage industriel : fondée en 1893 à Saint-Imier (Suisse), elle a inauguré début 1895 une centrale hydroélectrique dans la commune de Noirmont (canton du Jura) et dessert rapidement quelques villages français, tel Damprichard (usine Jules Bourgeois). La Compagnie électrique de Morteau devient (à la fin des années 1920 ?) Société électrique de Morteau, Maîche et extensions lorsque lui est rattaché le réseau de distribution de la Goule sur le plateau maîchois ; en 1929, elle alimente en électricité une soixantaine de communes. Elle est incorporée à Électricité de France (EDF) lors de la nationalisation de 1946, avec la seule autre société électrique d'importance subsistant dans le Doubs, la Société des Forces motrices de l'Est (qui exploite notamment la centrale du Refrain, commune de Charquemont).

En 2013, le bâtiment abrite un cabinet vétérinaire et des appartements.

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Périodes

  • Principale4e quart 19e siècle

Auteurs

Description

L'immeuble a des murs en moellons calcaires enduits (avec, semble-t-il, un décor imitation brique au rez-de-chaussée de la façade antérieure) et il est coiffé par un toit à longs pans, croupes et tuiles mécaniques. Il comporte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, deux étages carrés et un étage en surcroît, desservis par un escalier dans-oeuvre tournant à retours en béton. La façade antérieure est divisée par des chaînages et des bandeaux en trois travées et trois niveaux. Elle est ordonnancée, avec une travée centrale en saillie marquée par des bossages au rez-de-chaussée, un balcon au premier étage et un fronton cintré à l'étage en surcroît. Les baies sont en arc segmentaire, avec encadrement en briques ; des fenêtres horlogères sont visibles, à l'étage de soubassement et au rez-de-chaussée, sur les façades postérieure et latérale gauche.

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  • Typologiesbaie horlogère
  • Toittuile mécanique
  • Étagesétage de soubassement / rez-de-chaussée surélevé / 2 étages carrés / étage en surcroît
  • Élévationsélévation ordonnancée
  • Couverturestoit à longs pans / croupe
  • Escaliersescalier dans-oeuvre / escalier tournant à retours avec jour / en maçonnerie

Documentation

Documents d’archives

  • 3 P 412 Cadastre de la commune de Morteau, 1816-1978- 3 P 412 : Atlas parcellaire (11 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Girardier et Mestre, 1816-1817- 3 P 412/1 : Registre des états de sections, 1818- 3 P 412/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1823-1875. Le 1er volume manque.- 3 P 412/2-3 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1876-1914- 3 P 412/6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910- 3 P 412/7-9 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1911-1965- 3 P 412/10-13 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1978
    Lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon  - Cote du document : 3 P 412
  • Vente [de terrains] moyennant 6 500 F par MM Chopard Frères à M Luchini, 7 et 11 septembre 1893
    Lieu de conservation : Collection particulière : Brice Leibundgut, Paris
  • Publicité pour la fabrique d'horlogerie Lucien Deleule, 1902. Publiée dans : Annuaire suisse Chapalay et Mottier. Edition spéciale. Spécial pour : Horlogerie, bijouterie, pièces à musique et toutes professions qui s'y rattachent. 1902. - Genève : Annuaire du Commerce Chapalay et Mottier, 1902, p. 703.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac
  • Papier à en-tête de la fabrique d'horlogerie Lucien Deleule, 19 juillet 1905Donne une représentation de l'immeuble. Publié dans : Briselance, Claude-Gilbert. L'horlogerie dans le val de Morteau au XIXe siècle (1789-1914). - 1993, vol. 2, p. 242.
  • Papier à en-tête de la fabrique d'horlogerie André Balanche-Deleule, 20 février 1926
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans

Documents figurés

  • 3016. Morteau. - Rue de la Gare, carte postale, s.n., [limite 19e siècle 20e siècle, avant 1906], J. Farine et Cie éd. au Locle et à Morteau. Porte la date 7 août 1906 (tampon) au recto.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces
  • Morteau - Rue des Marais [la rue René Payot vue de l'est], carte postale, s.n., [limite 19e siècle 20e siècle, avant 1905], Cochois éd. à Morteau. Porte la date 1910 (tampon) au verso.
    Lieu de conservation : Collection particulière : Henri Ethalon, Les Ecorces

Bibliographie

  • Briselance, Claude-Gilbert. L'horlogerie dans le val de Morteau au XIXe siècle (1789-1914). - 1993. 2 vol., XXXII-398 - III-420 f. : ill. ; 30 cm. Mém. maîtrise : histoire contemporaine : Besançon : 1993
  • Neidhardt, Fred. Naissance de l'électricité dans le Haut-Doubs. Le Doubs, n° 3, mars-avril 1997, p. 36- 41 : ill.
  • Vuillermot, Catherine. L'électrification dans le département du Doubs (1894-1946). - Besançon (25) : Université de Franche-Comté, 1985. - 182 f. : cartes. ; 30 cm. - Mém. maîtrise : Hist. : Université de Franche-Comté : 1985
  • Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1978. 294 p. : cartes postales ; 31 cm.

Documents multimédias

  • Scaravella, Jacques. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
  •  

Intérêt, protection et statut

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  • Statut de la propriétépropriété privée

Désignation

  • Dénomination(s)immeuble, atelier
  • Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, logement, boutique, garage

Localisation

  • CommuneMorteau
  • Adresse 9 rue René Payot
  • Milieu d'implantationen ville
  • Aire d'étude et cantonPays horloger (le) - Morteau

Étude

  • Copyright© Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • Auteur(s)Poupard Laurent
  • Date de l'étude2013